Le pilote américain Peter Gregg, surnommé “Peter Perfect”, a été une grande vedette des courses d’Endurance, que ce soit en IMSA ou en Europe aux 24 Heures du Mans ainsi qu’en épreuves sprint de la série Trans-Am.
Peter Gregg est né à New York en 1940. Diplômé en littérature anglaise de l'université Harvard, il était passionné par les voitures de course quand il a servi dans la marine américaine en tant qu'officier du renseignement.
Après avoir quitté l’armée, il court en SCCA et financièrement à l’aise il rachète la concession Porsche Brumos de Jacksonville en Floride à la suite du décès de son propriétaire, Hubert Brundage. Son style de pilotage fluide lui vaut l'attention des dirigeants de Porsche en Allemagne, car il a une façon très élégante de conserver le lourd train arrière d’une 911 sous contrôle, comme si la voiture roulait sur des rails.
En 1968, il s'engage en série Trans-Am dans la catégorie moins de deux litres et remporte le titre en 1969 au volant d’une Porsche 911. Il monte de catégorie en 1971 et récolte la couronne en 1973 et 1974 à bord d’une Porsche Carrera préparée par ses soins chez Brumos.
C’est à cette période que Gregg s’associe à Hurley Haywood pour courir en Endurance. Bien épaulé, Gregg remporte le titre de la catégorie IMSA GTO trois années de suite, en 1973, 1974 et 1975.
C’est aussi à ce moment que Peter Gregg rencontre Jacques Bienvenue pour la première fois. Le pilote québécois se rend alors en Floride assister aux 24 Heures de Daytona et s’arrête au garage Brumos. « Les mécanos testaient un moteur sur le banc d’essais. Un monsieur s’approche de moi et me demande d’où je viens. C’était Peter Gregg. Ayant effectué ses études à Paris, il parlait très bien le français » nous a raconté Bienvenue. « Il a préparé ma Porsche 911S et des liens se sont tissés entre nous. Par la suite, Peter m’a mis en contact avec le responsable des pièces détachées chez Porsche en Allemagne afin que je puisse les acheter directement de l’usine ».
Peter Gregg marque les 24 Heures de Daytona de son empreinte
C’est en 1973 que Peter Gregg remporte les 24 Heures de Daytona pour la première fois. Lui et Haywood pilotent la Porsche 911 Carrera RSR No. 59 à la victoire. Le duo gagne aussi les 12 Heures de Sebring la même année. C’est alors qu’il décide d’arrêter la course automobile pour se consacrer à la finance.
Ça ne dure pas. Peter revient à la compétition et gagne les 24 Heures de Daytona à trois autres reprises : en 1975, 1976 et 1978. Toutefois, il signe sa victoire de 1976 à bord d’une BMW 3.5 CSL en compagnie de Brian Redman et John Fitzpatrick. En 1978, Peter Gregg gagne la course aux commandes d’une monstrueuse Porsche 935 turbo.
En 1977, Peter participe aux 24 Heures du Mans pour la quatrième fois. Il remporte la victoire en catégorie Groupe 5 sur une Porsche 935 en compagnie du Français Claude Ballot Lena. L’année suivante, il termine en troisième place au classement général sur une Porsche 936/77 de l’écurie officielle en compagnie de Haywood et Reinhold Joest.
Les choses basculent de façon dramatique en 1980. Alors qu’il se rend au Mans pour y disputer les 24 Heures, il est victime d’un accident de la route. Gregg souffre d’un coup du lapin et d’une commotion cérébrale. Les médecins refusent qu’il participe à la course.
Un mois plus tard, Gregg participe à une course de la série IMSA à Daytona où lui et Haywood terminent au troisième rang à bord d’une 935/79. Mais Gregg souffre de symptômes persistants liés à sa commotion cérébrale, notamment des maux de tête et une vision double. Les médecins de l’IMSA lui interdisent de courir, point final.
Gregg traverse une période sombre de grande dépression, car il se doute fort que sa carrière sportive est terminée. Beaucoup plus tard, la police a découvert qu’il suivait un traitement psychiatrique depuis son accident de la route.
Le 6 décembre 1980, il épouse Deborah Jane Marrs qu’il fréquente depuis les cinq derniers mois. Mais le 15 décembre, Peter Gregg est découvert mort sur une plage de Jacksonville, une balle de .38 dans la tête. L'enquête conclut à un suicide et fait ressortir qu'il était atteint d’un trouble incurable et progressif du système nerveux.
Ainsi disparaissait tragiquement l’un des meilleurs coureurs automobiles de circuits routiers des États-Unis. La concession et l’écurie de course Brumos ont cependant poursuivi leurs activités avec succès, perpétuant ainsi la recherche de l’idéal et du perfectionnisme qui caractérisait Peter Gregg.
15 décembre: Décès de Peter Gregg, illustre pilote Porsche en IMSA et en série Trans-Am
Lundi 15 décembre 2025 par René FagnanCrédit photo: IMSA Hall of Fame







