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13 juillet: La carrière en F1 de Jacques Laffite se termine contre un rail du circuit de Brands Hatch en 1986

13 juillet: La carrière en F1 de Jacques Laffite se termine contre un rail du circuit de Brands Hatch en 1986

Lundi 13 juillet 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Le sympathique coureur automobile français de Formule 1 Jacques Laffite, pilote emblématique de l’écurie Ligier, a vu sa carrière en F1 prendre fin de façon abrupte et douloureuse dans un accident survenu au départ du Grand Prix de Grande-Bretagne le 13 juillet 1986.

Laffite, alors âgé de 42 ans, a remporté six victoires en F1 et s’apprête à disputer son 176e Grand Prix et ainsi briser la marque du plus grande nombre de départs en F1 inscrit par Graham Hill en 1975.

“Jacquot” et son coéquipier chez Ligier à ce moment, René Arnoux, sont aux commandes de Ligier JS27 à moteurs V6 Renault turbo. Laffite a terminé troisième au Brésil en début d’année et s’est classé deuxième dans les rues de Détroit en juin. Un peu superstitieux, il n’apprécie pas que le Grand Prix de Grande-Bretagne soit organisé un 13, signe de malchance. La course est présentée sur le circuit de Brands Hatch qui n’est pas des plus sécuritaires au vu des vitesses atteintes par les bolides de F1. Il y a très peu dégagements et les virages, souvent en dévers, sont parfois vicieux.

Lors de la séance de qualifications de samedi, la Ligier de Laffite entre en contact avec la McLaren MP4/2C-TAG Porsche de son ancien coéquipier chez Williams, Keke Rosberg. Ainsi, le Français se retrouve mal qualifié en 19e position, à 5”3 de la pole position réalisée par Nelson Piquet sur une redoutable Williams FW11-Honda turbo.

Au départ, la Williams de Nigel Mansell, deuxième sur la grille, casse son demi-arbre de roue gauche et n’avance soudainement plus. Derrière lui, c’est sauve-qui-peut pour l’éviter. Thierry Boutsen, sur une Arrows A8-BMW, braque vers la gauche, mais glisse, frotte le rail et déchire une immense banderole. L’Arrows traverse la piste avec cette banderole à l’entrée du virage Paddock Hill. Stefan Johansson, sur une Ferrari F186, croit qu’une voiture lui fonce dessus et donne un coup de volant vers la droite, directement là où se trouve la Ligier de Laffite.

L’Arrows pousse la Ligier hors piste, directement contre un talus protégé par un rail de sécurité. Le problème est que ce rail est solidement fixé au sol par des dormants de chemin de fer. De ce fait, il n’absorbe aucune énergie. Laffite sait que le choc lui fera très mal. C’est comme si la Ligier percutait de face un mur en béton. Le choc est terrible et tout l’avant de monocoque en fibre de carbone explose même si elle respecte le cahier de charges de la FIA.

La drapeau rouge est immédiatement déployé et Jonathan Palmer, médecin et pilote de la Zakspeed 861, va directement voir le pauvre Laffite coincé dans son cockpit. Le professeur Sid Watkins, le médecin de la F1, arrive sur place et constate que les tibias et les chevilles de Laffite sont gravement touchés.

Les services de sécurité empêchent les mécanos de Ligier d’intervenir

Aussitôt, un cordon de sécurité boucle le lieu de l’accident. Il est tellement étanche que le directeur sportif de l’écurie Ligier, Gérard Larrousse, et les mécaniciens de l’équipe sont refoulés par le service d’ordre alors qu’ils désirent donner leur aide et conseiller les secouristes.

Finalement, un seul mécanicien, Daniel Vizier, est autorisé à s’approcher de la voiture et d’analyser la meilleure façon de libérer Laffite qui souffre horriblement. Il démonte le pédalier et aide à découper les panneaux de carbone afin de dégager les jambes du pilote. Un fois allongé sur une civière après une trentaine de minutes d’efforts, Laffite tombe dans les pommes. Il est évacué en hélicoptère vers l’hôpital Queen Mary de Sidcup dans le Kent.

L’équipe médicale effectue des radiographies qui montrent cinq fractures du bassin, double fracture du tibia gauche, une fracture ouverte à la jambe droite et surtout les os des talons en miettes. Le pilote blessé exige d’être soigné par le professeur Émile Letournel, l’éminent chirurgien parisien qui a sauvé in extremis les jambes de Patrick Depailler et de Didier Pironi.

Laffite est rapatrié en France cinq jours après son accident. Le professeur Letournel s’attaque ensuite à une longue opération chirurgicale qui vise à reformer les os brisés et les immobiliser. Cela inclus les deux talons brisés en 48 petits morceaux qu’il doit replacer aux bons endroits et les fixer à l’aide de petites vis et de plaques métalliques.

Optimiste, Laffite sait toutefois que sa rééducation sera longue et pénible. Il est aussi parfaitement conscient que cet accident signe la fin de sa carrière de pilote de F1. Après des mois de physiothérapie, Laffite peut enfin se tenir debout et effectuer quelques pas à Noël 1986, soit seulement cinq mois après l’accident.

Ironiquement la carrière de son beau-frère, Jean-Pierre Jabouille, s’est elle aussi brusquement terminée dans un accident qui lui a brisé les jambes. Pour Jabouille, cet accident est survenu à Montréal lors du Grand Prix du Canada en 1980.

Durant les années qui ont suivi, Laffite a recommencé à courir en DTM, en GT3, au Rallye Dakar ainsi qu’en courses sur glace du trophée Andros.