Le pilote brésilien Nelson Piquet (père) a été victime de l’un des accidents les plus violents de sa carrière quand sa Williams-Honda a percuté le mur en béton situé dans le virage Tamburello du circuit d’Imola lors des premiers essais du Grand Prix de Saint-Marin en 1987.
Cette sortie de piste, provoquée par la délamination d’un pneu arrière de sa monoplace, fut un tel choc à la tête qu’il a pris des mois à s’en remettre. À cette époque, il n’y avait pas de HANS, ni de protection latérale du cockpit.
Né en août 1952 à Rio de Janeiro, Piquet, s’est d’abord essayé au tennis avant d’opter le sport automobile. Après avoir décroché des succès en Amérique du Sud, il s’expatrie au Royaume-Uni et devient champion de Formule 3 britannique en 1977. Il effectue un premier départ en Formule 1 avec l’écurie Ensign avant de disputer trois autres Grands Prix à bord d’une McLaren privée de l’écurie BS Fabrications de Bob Sparshott.
Bernie Ecclestone avait déjà un œil sur ce Brésilien décontracté et lui fait signer un contrat avec son écurie Brabham. Au Grand Prix du Canada de 1978, Piquet est aux commandes de la troisième BT46A-Alfa Romeo aux côtés de Niki Lauda et John Watson.
Piquet pilote pour Brabham de 1979 à 1985. Il récolte 13 victoires et est sacré Champion du monde à deux reprises, en 1981 et en 1983. En 1986, il joint les rangs de l’équipe Williams, décroche quatre victoires et termine la saison en troisième place. Il y découvre aussi Nigel Mansell et son caractère… soupe au lait. C’est immédiatement la guerre entre les deux. Bien que dominé en vitesse pure par Mansell, Piquet tente habilement de le déstabiliser en jouant de psychologie et en multipliant les remarques désagréables à son sujet.
La saison 1987 commence au Brésil où Piquet termine en deuxième place. Puis, c’est le Grand Prix de Saint-Marin sur le tracé d’Imola. Des ses premiers tours de piste vendredi matin, Piquet signe le temps le plus rapide. Soudain, dans le virage Tamburello (qui deviendra tristement célèbre en 1994 avec l’accident d’Ayrton Senna), la Williams part brusquement en travers à 300 km/h, percute le mur de côté avec une violence inouïe et termine sa course un peu plus loin dans le gazon. Les équipes d’intervention arrivent sur les lieux et si Piquet est conscient, il est sévèrement sonné. Mansell a immobilisé sa Williams tout près et assiste les commissaires et les médecins, incluant le professeur Sid Watkins. Rappelons qu’à cette époque, les flancs des cockpits des voitures de F1 étaient très bas et que le HANS, ce protecteur de cou, n’existait pas encore.
Un impact à la tête qui a de graves conséquences
Après avoir effectué une visite rapide au centre médical du circuit, Piquet est transporté à l’hôpital Bellaria de Bologne. Les examens médicaux révèlent que le Brésilien souffre d'un traumatisme crânien, de contusions thoraciques, d'une distension des ligaments du genou gauche et d’une cheville bien amochée.
Contre toute attente, Piquet se présente dans le paddock le samedi matin ! Et il veut piloter ! Il apprend que son accident a fort probablement été causé par une crevaison rapide ou une délamination d’un pneu arrière. D’ailleurs, vendredi, plusieurs pilotes qui roulent avec des pneus Goodyear ont subi des crevaisons, ce qui a forcé l’entreprise américaine à faire venir de nouveaux pneus plus résistants de Grande-Bretagne durant la nuit de vendredi à samedi.
Piquet va donc rencontrer le professeur Watkins pour qu’il l’examine et lui donne la permission de remonter à bord de la voiture de rechange, ce que le médecin refuse catégoriquement. Ce dernier assure à Piquet que son choc à la tête à été si violent qu’il en a oublié de mettre une chaussure (car Piquet ne porte qu’une seule chaussure). Ce à quoi le Brésilien rétorque qu’il l’a fait volontairement, car son pied et sa cheville sont trop enflés. Finalement Piquet n’a pas l’autorisation de disputer la course.
Le Grand Prix suivant est présenté à Spa en Belgique. Piquet prend le volant d’une nouvelle monoplace, mais il reste silencieux sur son état de santé. Il n’a pas dit à l’équipe qu’il souffre de maux de tête terribles, d’insomnies graves et de la perte d'une bonne partie de la profondeur de son champ de vision, tous causés par le traumatisme crânien. Ces symptômes vont lui gâcher la vie durant de longs mois et perturber son pilotage, ce qui ne l’empêchera pas de battre Mansell dans la course au titre mondial et de coiffer sa troisième couronne.
1er mai: Nelson Piquet est victime d’un énorme accident sur le circuit d’Imola
Vendredi 1er mai 2026 par René FagnanCrédit photo: René Fagnan







