Site officiel de Pole-Position Magazine - Le seul magazine québécois de sport automobile

www.Poleposition.ca

Site officiel de Pole-Position Magazine

17 avril: Alain Prost et Renault dominent le GP de France en 1983

17 avril: Alain Prost et Renault dominent le GP de France en 1983

Vendredi 17 avril 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Après avoir triomphé dans son pays en 1979, 1981 et 1982, l’écurie de Formule 1 Renault espérait bien marquer un grand coup en récoltant une quatrième victoire lors de l’édition de 1983 présentée sur le circuit Paul-Ricard dans le sud de la France.

L’équipe Renault et ses pilotes, Alain Prost et Eddie Cheever, arrivent au circuit gonflés à bloc et déterminés à réussir. Il faut dire que Renault désire faire oublier sa désastreuse saison 1982, car si Prost et son coéquipier d’alors René Arnoux avaient inscrit quatre victoires à eux deux, le résultat brut de la saison avait été décevant. La monoplace jaune à moteur turbo avait trop souvent été réduite au silence à cause de pannes mécaniques en tous genres. La voiture était rapide, mais vraiment trop fragile.

Le patron de l’équipe de course, Gérard Larrousse, s’était aussi rendu compte que la Régie Renault, une entreprise nationalisée, représentait une structure trop lourde, complexe et surtout pas suffisamment souple et réactive pour répondre aux exigences de la F1. De plus, le personnel de course était assujetti aux règles du travail et aux exigences des syndicats, ce qui n’était pas du tout le cas des mécaniciens des écuries britanniques. Et finalement, l’écurie de F1 devait souvent s’approvisionner obligatoirement auprès de fournisseurs agréés par la maison-mère.

En dépit de toutes ces contraintes, l’équipe technique dirigée par Michel Têtu pour le châssis et Bernard Dudot pour le moteur, ont travaillé très dur durant l’hier pour concevoir une toute nouvelle monoplace dotée d’un châssis en fibre de carbone, la RE40.

Après de longues semaines d’essais hivernaux, la saison 1983 commence dans l’étouffante chaleur brésilienne. Les RE40 ne sont pas encore prêtes et l’équipe se présente avec des RE30C de la saison précédente. Prost se qualifie en deuxième place, mais sa course est ruinée par l’affaissement de ses amortisseurs arrière. Cheever, lui, abandonne à la suite du bris de son moteur.

La F1 se déplace à Long Beach sur un tracé sinueux très défavorable aux voitures turbo. Prost étrenne une RE40 tandis que Cheever doit se contenter d’une vieille RE30C. Pas nécessaire de s’étendre sur le sujet : course à oublier pour les deux pilotes et l’écurie Renault.

Le rapide circuit Paul-Ricard avec sa longue ligne droite représente un magnifique terrain de jeu pour les puissantes voitures turbo. La course a lieu le 17 avril, très tôt durant la saison, afin que les plages de la Méditerranée ne volent pas la vedette au circuit du Var.

Un premier arrêt aux puits difficile pour l’écurie Renault

Avec deux turbines soufflant à pleine charge, Prost place sa RE40 en pole position avec un chrono de 1’36”672. Son temps laisse ses adversaires, et surtout Cheever, bouche bée. En effet, son chrono est plus rapide de deux secondes que tous ses rivaux. Cheever est deuxième sur la grille de départ avec deux secondes de retard. Puis suivent Riccardo Patrese sur une Brabham BT52-BMW turbo et son ancien équipier, René Arnoux, sur une Ferrari 126 C2B turbo.

Renault a muni ses RE40 d’orifices de remplissage afin de procéder, comme l’équipe Brabham, à des ravitaillements en essence et en pneus durant les Grands Prix.

Au feu vert, Prost s’élance en tête et complète le premier tour devant tout le monde. L’écart avec ses rivaux grandit vite. Prost est serein et sa machine fonctionne parfaitement bien. Jusqu’à ce que…

Au 29e passage, comme prévu, Prost rentre aux puits pour ravitailler et faire installer un train de pneus tendres Michelin. Mais tout se détraque. Prost cale son V6. Il lâche alors le frein et appuie sur l’accélérateur afin de refaire redémarrer le moteur. Mais en relâchant la pédale frein, les roues arrière tournent, ce qui empêche les mécaniciens de serrer les écrous. On fait signe à Prost de freiner à nouveau et les deux roues arrière sont finalement fixées. Prost repart. Il a perdu 24 secondes et revient en piste en deuxième position derrière la Brabham de Nelson Piquet.

Trois tours plus tard, Piquet s’arrête et Prost reprend la commande de la course. Au terme des 54 tours, Alain Prost croise l’arrivée en vainqueur pour la sixième fois de sa jeune carrière. Piquet arrive en deuxième place 29 secondes plus tard et Cheever est troisième avec 40 secondes de retard.

Le reste de la saison sera moins limpide pour Renault et sera surtout entaché par une sombre affaire de carburant dopé utilisé par Brabham.