Le Grand Prix d’Australie de 1991 n’a duré que 24 minutes et est, depuis ce jour, la course de Formule 1 la plus courte de son Histoire.
La course, présentée sur le circuit urbain d’Adélaïde en ce début novembre 1991, représente la dernière manche de la saison. Elle présente finalement assez peu d’intérêt sportif, car Ayrton Senna (McLaren-Honda) a déjà été sacré Champion du monde devant le duo de l’écurie Williams-Renault, Nigel Mansell et Riccardo Patrese.
Cependant, une nouvelle a l’effet d’une bombe dans le paddock : Alain Prost a été mis à la porte de la Scuderia Ferrari ! Certains commentaires du Français ont été mal interprétés et incorrectement relayés, ce qui a procuré aux dirigeants de Ferrari une occasion en or de le limoger. Il est donc remplacé par l'Italien Gianni Morbidelli ici en Australie.
Les qualifications montrent quatre paires de voitures en avant sur la grille de départ : les deux McLaren de Senna et Gerhard Berger, les deux Williams de Mansell et Patrese, les deux Benetton-Ford de Nelson Piquet et Michael Schumacher et les deux Ferrari de Jean Alesi et Morbidelli.
Dimanche 3 novembre, jour de la course. Les organisateurs de l’événement sont terriblement inquiets, car une terrible tempête se dirige droit vers la région d’Adélaïde. C’est un monstre qui va probablement déverser une quantité d’eau impressionnante. Le grand patron de la F1, Bernie Ecclestone, qui a de juteux contrats avec les télévisions internationales, refuse catégoriquement d’annuler la course.
Les organisateurs et les pilotes savent trop bien que la piste est mal drainée en cas de pluie intense et que les ornières se remplissent d’eau, ce qui génère de l’aquaplanage. Quand on roule entre deux murs en béton, cela n’a rien de très rassurant…
Comme prévu la pluie commence à tomber avant la mise en pré-gille et l’eau s’accumule très rapidement sur la piste. À l’extinction des feux, les deux McLaren s’envolent, profitant d’une visibilité à peu près correcte. Mais derrière eux, les conditions sont abominables. Les pilotes conduisent au radar. L’eau soulevée par les gros pneus arrière reste en suspend dans l’air et crée une sorte d’épais mur gris.
Des voitures en perdition tout autour du circuit
Très tôt, Berger perd le contrôle de sa McLaren et effectue un demi tête-à-queue qui permet à Mansell de le doubler. Peu après, la Ligier-Lamborghini de Thierry Boutsen se fait pousser hors piste par un rival. Puis, Schumacher se fait surprendre par une flaque d’eau et effectue un pirouette.
Ensuite, c’est Satoru Nakajima qui plante sa Tyrrell-Honda contre un muret. À l’avant, Senna est toujours bon premier devant Mansell, et nous n’en sommes qu’au cinquième tour !
Le carnage continue. Piquet effectue un tête-à-queue et sa Benetton en perdition percute la Ferrari d’Alesi qui doit abandonner sur place et la Benetton de Schumacher. Au huitième tour, trois monoplaces endommagées obstruent partiellement la longue ligne droite et à cette époque, il n’y a pas de voiture de sécurité, qu’elle soit réelle ou virtuelle. Il n’y a que des drapeaux jaunes qui sont agités. Les organisateurs envoient un véhicule d’intervention en piste afin de dégager les trois voitures immobilisées. Et tout cela se déroule avec une visibilité presque nulle.
Il commence à faire très sombre et il devient de plus en plus difficile d’identifier les voitures qui roulent en piste. Pierluigi Martini perd le contrôle de sa Minardi à moteur Ferrari qui percute le muret.
En tête, Senna est désormais sous la pression de Mansell. Berger, troisième, se rapproche des deux meneurs. Au 16e tour, c’est la catastrophe pour Mansell qui se fait piéger. Sa Williams virevolte et termine sa course contre le béton.
Durant ce même tour, Michele Alboreto (Footwork-Ford), Stefano Modena (Tyrrell-Honda) et Berger effectuent tous des tête-à-queue. Les conditions climatiques sont dantesques.
Un tour plus tard, Senna signale au directeur de course que selon lui les conditions sont devenues beaucoup trop dangereuses. La course est interrompue au drapeau rouge et les voitures en état de marche rentrent aux puits.
De vives discussions, ou argumentations, commencent alors entre les directeurs d’écuries qui désirent que la course reprenne afin de marquer des points tandis que d’autres jugent que ce spectacle désolant a assez duré. La pluie tombe toujours avec autant d’intensité et la météo ne prévoit aucune amélioration. Après d’autres confrontations, il est finalement décidé que la course est officiellement terminée et que le classement est établi au 14e passage des voitures.
Senna est déclaré le vainqueur devant Mansell et Berger. La course n’a duré que 24 minutes et 34 secondes, ce qui en fait la plus courte de toute l’Histoire de la F1.
3 novembre: Le Grand Prix d’Australie de 1991 a été le plus court de l’Histoire de la F1
Mardi 3 novembre 2026 par René FagnanCrédit photo: x/McLaren Mastercard Formula 1 Team








