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28 octobre: Anniversaire de naissance de Bernie Ecclestone, roi et maître de la F1 durant plus de 40 ans

28 octobre: Anniversaire de naissance de Bernie Ecclestone, roi et maître de la F1 durant plus de 40 ans

Mercredi 28 octobre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Bernard Charles Ecclestone, l’homme d’affaires et négociateur impitoyable qui a dirigé la Formule 1 d’une main de fer durant plus de 40 ans est né en ce jour d’octobre en 1930.

Peu importe comment on juge sa carrière, ses actions et ses décisions, Bernie Ecclestone a métamorphosé la F1, la faisant passer de compétition automobile relativement discrète en un spectacle mondial qui génère des milliards de dollars chaque année.

Car avant d’être agent de pilotes et propriétaire de l’écurie Brabham, Ecclestone était vendeur de voitures usagées (ça ne s’invente pas…) et il n’hésitait pas à faire appel à des malfrats afin de régler des désaccords avec certains acheteurs insatisfaits (tel que relaté dans le livre “No Angel” de Tom Bower).

Né le 28 octobre 1930 à Ipswich en Grande-Bretagne, Bernie Ecclestone est le fils de Sydney, un pêcheur, et de Bertha Sophia, mère au foyer. Le petit garçon démontre très tôt son sens aigu des affaires. Par exemple, il achète des bonbons à prix régulier dans un magasin et les revend, avec profit, dans sa cour d’école.

À 16 ans, il quitte la polytechnique Woolwich et s’intéresse aux motos. Il fonde Compton & Ecclestone qui achète et revend des motos usagées. Il délaisse ensuite les motos et démarre un commerce de voitures usagées qui devient vite florissant. Ecclestone commence à fréquenter la haute bourgeoisie londonnienne.

Ecclestone a aussi couru à motos, avec un certain succès, puis a piloté des voitures de compétition. Il court en Formule 3 dès 1949 sur une Cooper et va même jusqu’à tenter de se qualifier pour le Grand Prix de Monaco de 1958 à bord d’une Connaught à moteur Alta.

Constatant qu’il possède un talent de pilote limité, il raccroche son casque et fait fortune grâce à des opérations immobilières judicieuses et en finançant des emprunts. Il devient le gérant du pilote Stuart Lewis-Evans, mais ce dernier perd la vie lors du Grand Prix du Maroc en octobre 1958.

Ecclestone s'associe ensuite à Roy Salvadori et devient copropriétaire de l'écurie de F2 qui fait courir l’Autrichien Jochen Rindt. Ecclestone devient le gérant de Rindt qui se tue au Grand Prix d’Italie à Monza en 1970 à bord d’une Lotus 72. Ayant marqué suffisamment de points jusque là, Rindt est sacré Champion du monde à titre posthume.

En 1971, Ecclestone achète l’écurie de F1 Brabham de Ron Tauranac pour la somme de 100 000£ (soit 250 000$ canadiens à cette époque). Ecclestone se débarrasse de Tauranac et place une jeune ingénieur de talent, Gordon Murray, au poste de directeur technique.

Ecclestone s’impose face aux autres directeurs d’écuries

Un an plus tard, Bernie Ecclestone prend le contrôle financier de la F1 en devenant l’interlocuteur unique entre les écuries et les organisateurs de Grands Prix qui doivent payer pour présenter une course. À titre de négociateur, Ecclestone encaisse tout cet argent, en conserve un certain pourcentage pour lui et distribue le reste aux autres propriétaires. Il accroît aussi sa main-mise sur le F1 en prêtant de l’argent, des moteurs ou des transmissions à des collègues aux prises avec des ennuis financiers importants (notamment Frank Williams).

En 1978, il devient patron de la F1CA (l’association des propriétaires d’écuries de F1, qui deviendra la FOCA), bien soutenu par son ami Max Mosley qui agit comme conseiller juridique. Ensemble, ils s’opposent vivement au Français Jean-Marie Balestre, président de la FIA au début des années 1980 pour savoir, qui de la F1CA ou de la FIA, détiendrait le contrôle de l’avenir de la F1. Cette lutte, qui a fait mal paraître la F1, s'est poursuivie jusqu'en mars 1981, date à laquelle le premier Accord de Concorde a octroyé à la FOCA le pouvoir de gérer les aspects commerciaux de F1.

Entre temps, l’écurie Brabham d’Ecclestone récolte le titre mondial des pilotes en 1981 et 1983 grâce à Nelson Piquet et au moteur turbo BMW. Cependant, l’écurie perd soudainement de son prestige. Ecclestone se désintéresse de son équipe et la vend à la fin de la saison 1988 afin de investir toutes ses énergies dans le fonctionnement de la FOCA.

Ecclestone est très dur en affaires et mieux vaut bien écouter ce qu’il dit ou de bien lire les mots rédigés dans ses contrats. Il aime jouer sur les mots à double sens et placer ses interlocuteurs dans des positions inconfortables. Ses négociations avec Normand Legault et François Dumontier à propos du contrat du Grand Prix du Canada ont souvent été ardues, et Ecclestone n’a jamais hésité à retirer la course canadienne du calendrier provisoire afin d’obtenir ce qu’il voulait.

Bien que son empire ait dû faire face à des batailles juridiques, à des coups d’état au sein des conseils d’administration et, parfois, à l’indignation publique, Bernie Ecclestone est demeuré aux commandes. Même en 2004 lorsqu’une décision de la Haute Cour a donné raison aux banques créancières au détriment de ses sociétés, Bernie a haussé les épaules et a conclu de nouveaux accords qui lui permettaient de rester aux commandes.

Le groupe américain Liberty Media a acheté la F1 en 2017 et a gentiment montré la porte à Ecclestone bien qu’on lui ait donné le titre pompeux de président émérite. Bien qu’il ne soit plus actif dans le monde de F1 depuis ce jour, Bernie Ecclestone n’hésite pas à dire ce qu’il pense et il aime bien créer un peu de controverse.