Site officiel de Pole-Position Magazine - Le seul magazine québécois de sport automobile

www.Poleposition.ca

Site officiel de Pole-Position Magazine

11 novembre: Naissance de Maria Teresa De Filippis, première femme à avoir disputé un GP de F1

11 novembre: Naissance de Maria Teresa De Filippis, première femme à avoir disputé un GP de F1

Mardi 11 novembre 2025 par René Fagnan
Crédit photo: Internet/Photographe inconnu

Crédit photo: Internet/Photographe inconnu

Maria Teresa De Filippis a mis à mal bien des idées préconçues au sujet des femmes dans le sport quand elle s’est imposée dans des compétitions automobiles et en devenant la première femme à courir en Formule 1 à la fin des années ’50.

La comtesse Maria Teresa de Filippis est née le 11 novembre 1926 d’un père comte italien et d’une mère espagnole. Dans son milieu aisé, l’adolescente est sportive, joue au tennis et pratique l’équitation. C’est une jeune fille qui recherche les sensations fortes et les poussées d’adrénaline.

Ses débuts en sport automobile surviennent quand elle a 22 ans et que ses deux frères lui proposent un pari. Convaincus qu’elle ne pourrait pas conduire une automobile à haute vitesse, ils la mettent au défi de participer à la course de côte de Salerno-Cava dei Tirreni longue de 10 kilomètres. Non seulement elle roule vite, mais elle remporte la première place dans sa catégorie et termine deuxième au classement général !

Elle se lance alors à fond dans le sport automobile. Elle pilote différentes voitures dans diverses épreuves italiennes. Elle grimpe sur le podium à plusieurs reprises comme aux 12 Heures de Pescara, au Grand Prix de Naples et à la course Catane-Etna. Elle pilote des bolides de plus en plus puissants. En 1955, elle conduit une Maserati 2000 A6GCS. Au cours de ses années d’apprentissage, elle affronte des rivaux coriaces tels Juan Manuel Fangio, Alberto Ascari et Tazio Nuvolari.

En 1958, elle conduit sa Maserati 250F privée (ex-Juan Manuel Fangio) à la cinquième place au Grand Prix de Syracuse, une épreuve hors-championnat. Cette performance demeure à ce jour le meilleur résultat d’une femme dans une épreuve de F1.

Une première saison en Grand Prix

Elle décide de s’engager au Grand Prix de Monaco de 1958 à bord de sa Maserati 250F. Fangio lui prodigue de nombreux conseils, mais la jeune femme ne réalise que le 23e temps sur les 30 inscrits, et seuls les 16 plus rapides ont le droit de disputer la course. Il faut préciser que la 250F a été conçue en 1954 et qu’elle accuse un certain retard technologique.

Au Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps, elle se qualifie avec le 19e meilleur chrono et croise l’arrivée en 10e place avec deux tours de retard. La même année au Portugal, elle se qualifie au 15e et dernier rang, mais son moteur rend l’âme après seulement six tours du circuit de Porto. Finalement, elle termine sa première saison en F1 à Monza avec le 21e temps des essais et un autre abandon quand une bielle décide de passer à travers le bloc moteur. 

Maria Teresa a perdu pas mal d’enthousiasme. Elle encaisse très mal la mort de son ami Luigi Musso survenue au Grand Prix de France. Musso a perdu le contrôle de sa Ferrari qui a quitté la piste à 250 km/h puis est partie en tonneaux dans un champ.

De Filippis dispute ce qui sera son dernier Grand Prix de F1 à Monaco l’année suivante, en 1959. Elle est aux commandes d’une Porsche de l’écurie Porsche KG aux côtés de Jean Behra. Elle signe le 21e chrono et n’est pas qualifiée. Behra va lui aussi perdre la vie de façon tragique lors d’une course de voitures sport disputée sous la pluie à l’AVUS en Allemagne. Behra perd le contrôle de sa Porsche 718 RSK et percute de plein fouet un pylône. C’en est trop pour De Filippis.

Elle met un terme à sa carrière sportive pour s’occuper de sa famille, mais reste impliquée dans le milieu du sport automobile. Elle dispute quelques courses de voitures historiques pour le plaisir. Elle occupe aussi certaines fonctions administratives dans les clubs automobiles et dans le comité organiseur d’événements. On la voit même parfois faire une apparition discrète dans le paddock des Grands Prix de F1.

Elle est morte le 9 janvier 2016 à Bergame à l’âge de 89 ans. Elle laisse un souvenir impérissable de son bref passage en F1 et dans le sport automobile en général.