La carrière du coureur automobile français Alain Prost a été passablement perturbée au début des années ’90, mais il a néanmoins réussi à récolter son quatrième titre mondial.
Tout commence en 1991 quand les relations entre Prost et son employeur, l’écurie de Formule 1 Ferrari, deviennent extrêmement tendus. Avant le dernier Grand Prix de la saison, Ferrari le congédie. Prost a droit à un dédommagement financier et est évidemment contacté par plusieurs écuries qui désirent l’engager pour qu'il fasse un retour en F1.
Les dirigeants de Renault sont très intéressés à voir Prost, qui fut un de leurs pilotes entre 1981 et 1983, intégrer l’écurie de Sir Frank Williams. Les tractations ont lieu durant la saison 1992 et une entente est conclue permettant à Prost de piloter une Williams-Renault en 1993 et 1994.
L’entrée en scène de Prost est toutefois troublée par l’étrange retard de la demande d’inscription de l’écurie Williams au championnat du monde 1993 et par la réticence de la FIA à accorder une super licence de F1 à Prost à cause de propos controversés qu'il a tenus au cours des derniers mois à l'encontre du pouvoir sportif.
Les deux sujets de tensions sont finalement résolus et les préparations à la saison 1993 continuent. Prost découvre un jouet spectaculaire créé par Adrian Newey : la Williams FW15C à moteur V10 Renault RS5 qui développe la puissance de 780 chevaux. Le bolide incorpore toutes les aides électroniques sophistiquées permises : anti-patinage, boîte semi-automatique, ABS, commandes électriques (fly-by-wire), direction assistée, télémesure bidirectionnelle et autres.
Quelle voiture pourrait bien battre cette Williams spatiale à la régulière ? Les McLaren et les Benetton doivent se contenter du moteur V8 Ford HB, puissant, mais pas au niveau du Renault, tandis que la Scuderia Ferrari est en pleine déroute et peine à produire une monoplace vraiment efficace.
Alain Prost démontre vite qu’il n’a rien perdu de sa fougue
La saison 1993 commence sur le circuit de Kyalami en Afrique du Sud. Plusieurs observateurs se demandent ce que pourra accomplir Prost après 18 moins passés loin de la compétition et d’un cockpit de F1. Ils sont fixés dès vendredi quand celui qu’on surnomme “le professeur” signe le temps le plus rapide des essais libres.
Samedi, il réalise la pole position en 1’15”696, mais il a dû pousser au maximum, car son avance sur Ayrton Senna et sa modeste McLaren MP4/8-Ford n’est que de 88 millièmes de seconde ! Par contre, Prost a relégué Michael Schumacher et sa Benetton B193-Ford à plus d’une seconde et demie. Damon Hill, 33 ans et coéquipier de Prost, réalise le quatrième temps à presque deux secondes de son chef.
La course est disputée sous un ciel très gris et par une chaleur étouffante. Au moment du départ, Prost rencontre un souci d’embrayage qui fait presque caler son moteur et qui permet à Senna et à Hill de le doubler. Au troisième virage, Hill effectue un tête-à-queue qui oblige Prost à freiner pour ne pas le percuter. Schumacher l’évite et passe devant Prost.
Derrière Senna, Prost suit Schumacher comme son ombre. Au 13e passage, il double l’Allemand par l’extérieur d’un virage et grimpe ainsi en deuxième place. Les voitures de Senna, Prost et Schumacher roulent en étroite formation jusqu’au 24e tour quand Prost profite d’une meilleure vitesse maximale pour doubler Senna.
Le Brésilien dévoilera après la course avoir connu des ennuis avec la suspension électronique de sa McLaren, au point qu’il a bien failli effectuer quelques tête-à-queue.
À son retour en F1, Prost signe le triplé : pole position, meilleur tour en course et victoire, sa 45e en carrière. Seuls deux concurrents ont complété les 72 tours de l’épreuve, Prost et Senna, mais le Brésilien, qui n’a pourtant pas de contrat pour la saison, a croisé l’arrivée avec un retard significatif d’une minute et 19 secondes… Michael Schumacher a effectué une pirouette en piste au 39e tour et a dû abandonner.
Mark Blundell, sur une Ligier JS39-Renault se classe troisième à un tour et est suivi par Christian Fittipaldi (Minardi M193-Ford) et JJ Lehto (Sauber C12-Sauber). Les 19 autres pilotes ont tous abandonné !
12 mars: Retour gagnant d’Alain Prost au GP d’Afrique du Sud en 1993 après une année sabbatique
Jeudi 12 mars 2026 par René FagnanCrédit photo: Galeron







