Épreuve d’ouverture de la saison en Intercontinental GT Challenge (IGTC), les 12 Heures de Bathurst ont réservé leur lot de surprises cette fois encore. Quelques accidents spectaculaires ont aussi émaillé la course, remportée par le Québécois Mikaël Grenier et ses équipiers, l’Allemand Maro Engel et le Belge Maxime Martin sur la Mercedes AMG GT3 engagée par l’équipe Gruppe M Racing. Cette victoire vient récompenser un travail parfait du trio de pilotes officiels Mercedes et de leur équipe, qui avaient dû s’élancer depuis la 29ᵉ position de départ (sur 34 inscrits) en raison de soucis mécaniques aux qualifications.
Pour Mercedes-AMG, c’est une quatrième victoire (un record pour un manufacturier) aux 12 Heures de Bathurst et son incroyable circuit vallonné du Mount Panorama. Il s’agit également d’un premier succès pour Gruppe M Racing, ainsi que pour Maxime Martin, Mikael Grenier et Maro Engel. Ce dernier a enfin triomphé au Mount Panorama à sa 10ᵉ participation.
Le départ, donné à 5h45 du matin a donné le ton à l’épreuve avec de rudes batailles dans le peloton mais aussi plusieurs incidents. Le plus inusité a sans nul doute été l’accident dont a été victime Christopher Mies. Alors au volant de l’unique Ford Mustang GT3 inscrite, il voyait un kangourou traverser la piste devant lui alors qu’il était lancé à plus de 2350 km/h. L’impact a été effrayant et Mies a eu beaucoup de chance alors que le malheureux animal a été projeté dans l’habitacle. Maculé du sang du kangourou mais indemne, Mies a bien évidemment été très choqué. Si l’on ajoute quelques accrochages et sorties de route, ce sont pas moins de 4 neutralisations qui ont été déployée lors des trois premières heures.
Le deuxième quart de course a été plus intéressant, marqué par la remontée de Grenier/Engel/Martin vers les avant-postes, au point de voir le pilote de Québec pointer en tête de l’épreuve durant pratiquement tout son relais, coïncidant avec le passage de la mi-course. Grenier maîtrisait alors la situation, reléguant une autre Mercedes, celle de l’équipe australienne 75 Express emmenée par le Français Jules Gounon, à une petite seconde.
Hélas pour la Mercedes Gruppe M, lorsque Mikaël entra aux puits pour un ravitaillement et laisser le volant à Maro Engel, leur arrêt eu lieu sous drapeau vert tandis qu’un tour plus tard, Gounon bénéficiait d’un arrêt beaucoup plus favorable, le drapeau jaune généralisé venant juste d’être déployé après que Valentino Rossi (BMW M4 GT3), meneur durant plusieurs minutes en début de course, heurta un cône qui se retrouva sur la trajectoire de course.
Engel fut ainsi relégué en 6ᵉ place, avant d’entamer une nouvelle remontée. La course allait toutefois connaître un autre incident qui aurait être encore plus grave peu après. Alors en tête sur la Mercedes Craft-Bamboo Racing et pourchassé par Luca Stölz (qui avait relayé Gounon) et Engel, l’Estonien Paul Aron découvrit face à lui et arrêtée après un tête-à-queue la Porsche de Johannes Zelger au virage The Dipper !
Un seul drapeau jaune quelques mètres avant la voiture arrêtée ne permettait tout simplement pas à Aron de freiner pour éviter l’obstacle. Ce qui apparaît (a priori) comme un manque de communication de la direction de course envers les signaleurs en bord de piste aurait pu avoir des conséquences graves car Aron frappa de plein fouet la Porsche. Les deux pilotes sont sortis par eux-mêmes de leur voiture détruite mais Aron a tout de même dû être transporté à l’hôpital pour de plus amples examens. La course fut alors arrêtée durant plus d’une heure.
À la reprise, il restait un peu plus de deux heures de course et la lutte entre BMW, Porsche et Mercedes pour la victoire. L’ultime relance à 40 minutes du damier a été déterminante : Gounon, qui avait repris le volant de la Mercedes 75 Express, et Kelvin van der Linde (BMW M4 du Team WRT) sont entrés en contact alors qu’ils luttaient pour le premier rang. De quoi ouvrir la porte à Maxime Martin pour récupérer un premier rang injustement perdu quelques heures plus tôt. Martin n’a pas commis la moindre erreur et il a croisé la ligne d’arrivée en vainqueur.
« Un excellent résultat pour nous, surtout si l’on considère que nous sommes partis de la 29ᵉ place sur la grille. Mais nous avons bien travaillé, adopté une excellente stratégie et réussi à économiser beaucoup de carburant tout au long de la course. Toutes les personnes impliquées ont fait un travail remarquable. Des arrêts aux puits parfaits, aucune erreur, la voiture a franchi la ligne d’arrivée sans la moindre égratignure; je suis vraiment très fier » a déclaré Mikaël Grenier.
Lauréats de cette tumultueuse édition 2026, Mikaël Grenier, Maro Engel et Maxime Martin ont devancé la Porsche du High Class Racing, partagée par le vainqueur de l’Independent Cup Kerong Li et ses coéquipiers Anders Fjordbach et Dorian Boccolacci, d’une seule seconde. Le trio a fait mentir son statut en catégorie Bronze en remportant non seulement sa classe, mais aussi en devançant la multitude d’équipages d’usine arrivés derrière eux.
BMW a entamé la défense de ses titres IGTC en complétant le podium grâce à Raffaele Marciello, Augusto Farfus et Valentino Rossi, qui a précédé l’Audi du Jamec/MPC et la BMW M4 du Team KRC. La Porsche d’Absolute Racing a complété le Top 6 au classement général. Les dégâts subis par la Mercedes 75 Express ont relégué Gounon à la septième place. Second canadien engagé, Roman de Angelis a terminé 17ᵉ (7ᵉ classe Bronze) avec la Mercedes du Heart of Racing partagée avec Ian James et Eduardo Barrichello. Pour le classement complet, cliquez ici.
55 231 spectateurs (record) ont assisté à ces 12 Heures de Bathurst 2026, tandis que 13 voitures ont franchi la ligne dans le tour des vainqueurs, un autre nouveau record pour l’épreuve. Cette victoire permet à Mercedes-AMG de compter cinq points d’avance sur Porsche en tête du classement de constructeurs de l’IGTC avant la deuxième manche de la saison, les 24 Heures du Nürburgring, les 16 et 17 mai prochains.
IGTC : Mikaël Grenier, Maro Engel et Maxime Martin signent un premier triomphe aux 12 Heures de Bathurst !
Dimanche 15 février 2026 par Philippe BrasseurCrédit photo: S.R.O.






