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Portrait: Lyn St. James, vedette des séries SCCA, IMSA, Trans-Am et IndyCar

Portrait: Lyn St. James, vedette des séries SCCA, IMSA, Trans-Am et IndyCar

Vendredi 25 septembre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Site web Lyn St. James

Crédit photo: Site web Lyn St. James

Lyn St. James a été l’une des pilotes féminines les plus respectées en Amérique du Nord. Combative et déterminée, elle a bousculé bien des tabous et s’est imposée par son talent dans un monde terriblement masculin.

Elle est née à Willoughby dans l'Ohio en 1947. Studieuse, elle a été diplômée en commerce au Andrew’s School for Girls et a obtenu un certificat d'enseignante de piano au St. Louis School of Music.

Cette passion dévorante pour l’automobile et la mécanique lui a été transmise par sa mère. C’est elle qui lui a appris à conduire lorsqu’elle n’avait que 15 ans en plus de lui apprendre les rudiments de la mécanique comme de vérifier le niveau d’huile du moteur et d’ajuster la pression d’air des pneus. Lyn a ensuite commencé à conduire la Ford Fairlane décapotable de sa mère en profitant que les rues de sa ville natale étaient désertes durant l’été.

Lyn fut carrément insultée quand elle a voulu acheter sa première voiture, une Pontiac Cataline 2+2, et que le vendeur lui a confié : « Ce n’est pas une voiture pour une femme. Il vous faut quelques chose de moins puissant »...

Dans une interview accordée au site web Petrolicious, elle déclare : « On m'a élevée pour que je devienne une jeune femme autonome et indépendante, ce qui signifie : fais ce que tu veux ».

Lyn a ensuite rencontré un garçon qui travaillait chez U.S. Steel avec qui elle commence à assister à des courses automobiles comme d’Indy 500, les 24 Heures de Daytona et les 12 Heures de Sebring. La jeune femme est alors plutôt attiré par les courses de rues et l’accélération. Elle s’achète une Ford Pinto “showroom stock, street legal” et la détruit dès sa première course.

Elle fait ensuite l'acquisition d’une Vega Cosworth et commence à gagner des courses d’accélération. Elle passe aux circuits routiers en 1973 et court à Sebring à bord d’une Corvette et dispute des épreuves du SCCA en classe amateur et effectue quelques départs en IMSA. Elle gagne en popularité et en notoriété au point que Ford la recrute et devient son commanditaire principal.

Elle décroche le volant d'une Mustang commanditée par Ford dans la série Kelly American Challenge de l'IMSA. En 1979, elle participe aux 24 Heures du Nürburgring sur une AMC Spirit et remporte la victoire dans la catégorie Groupe 1 plus de trois litres.

Au cours des années qui suivent, elle dispute régulièrement les 12 heures de Sebring, les 24 Heures de Daytona (avec deux victoires en classe GTO en 1987 et 1990) et d’autres épreuves d’endurance. En 1983, elle court en série SCCA Trans-Am à bord d’une Mercury Capri. Elle participe à 53 courses de Trans-Am et termine sept fois dans le Top 5.

D’une voiture fermée à une monoplace

En IMSA, St. James dispute 62 épreuves et récolte six victoires et se classe 17 fois dans le Top 5. Elle participe aux 24 Heures du Mans à deux reprises, en 1989 et 1991, mais elle est chaque fois forcée à l’abandon.

En 1985, elle devient la première femme à dépasser les 200 m/h (322 km/h) sur un circuit automobile en réalisant un tour sur super ovale de Talladega à la vitesse moyenne de 328,223 km/h au volant d'une Ford Mustang Probe GTP.

Elle qui n’a piloté que des voitures fermées passe aux monoplaces un peu par hasard. Alors qu’elle court en série Trans-Am, on lui demande de travailler pour la télévision américaine lors de la retransmission des courses de la série CART/IndyCar. Elle noue alors des contacts avec les écuries et les propriétaires. C’est Dick Simon qui l’invite à effectuer un essai à bord d’une monoplace d’IndyCar sur l’ovale de Memphis.

« C'était génial parce que j'étais vraiment, vraiment nulle au début, mais à la fin de la journée, j'étais bonne. À la fin de la journée, après m'avoir observé, Dick m'a dit : « On peut y arriver. » ajoute-t-elle. Ça, c’était la partie facile, car maintenant, Lyn devait trouver les commanditaires qui accepteraient de soutenir son effort. Peu d’entreprises voulaient commanditer une femme en sport automobile.

Finalement, Lyn dispute son premier Indy 500 en 1992 à bord d’une Lola T9200-Ilmor Chevrolet et elle décroche une 11e place ; une solide performance pour une débutante.

Entre 1992 et 1997, en plus de la saison 2000, St. James participe sept fois aux 500 Milles d’Indianapolis. Son meilleur résultat en course est la 11e place de 1992. Elle décroche sa meilleure qualification en 1994 avec une sixième position. Et en 2000, elle devient à 53 ans la participante la plus âgée à prendre le départ de la course.

St. James a créé la fondation « Women in the Winner's Circle » en 1994 et après avoir raccroché son casque, elle est devenue conférencière motivatrice.