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Film sur Gilles Villeneuve: Tous les casques vus dans le film sont l’oeuvre de Luc Sauriol

Film sur Gilles Villeneuve: Tous les casques vus dans le film sont l’oeuvre de Luc Sauriol

Mercredi 11 novembre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Olivier Delorme

Crédit photo: Olivier Delorme

Le Lavallois Luc Sauriol a fabriqué les casques des pilotes de motoneiges et de monoplaces qui apparaissent dans le film “Villeneuve : L'ascension d'une légende”, projeté en salles de cinéma à partir de ce mercredi 11 novembre.

Luc Sauriol, diplômé en économie, a commencé à courir en karting en 1991. Champion du Québec en 2002 et 2004, Sauriol a brillé sur la scène internationale en étant sacré champion du monde en classe Master de la série Master Rotax Max en 2006. En 2008, il a commencé non seulement à peindre des casques de kartistes et de coureurs automobiles, mais aussi à fabriquer ses propres coques, rembourrages intérieurs et visières pour en faire des répliques d’une qualité irréprochable.

Approché par la production du film sur Gilles Villeneuve, Luc a produit les répliques des casques d’époque qu’on voit dans le film ; un défi de taille quand on considère que les originaux n’existent plus et qu’on ne trouve plus de coques, de moules, de pièces détachées, de visières ou de visserie. Plus rien.

« En 2019, j’ai rencontré Christian Simoneau [le producteur du documentaire “Villeneuve Pironi”] et Joann Villeneuve [la veuve de Gilles], laquelle était un peu agacée par mes répliques du casque de Gilles » nous a expliqué Sauriol. « Nous avons trouvé un accord par l’intermédiaire de Mélanie [la fille de Gilles] et cinq ans plus tard, Simoneau m’a demandé si j’étais intéressé à fabriquer les répliques de casques pour un film sur Gilles Villeneuve. J’ai évidemment dit oui, car travailler sur un film, c’est exceptionnel ».

Sauriol a dû reproduire les anciens casques de Gilles et ceux de ses compétiteurs, que ce soit en motoneige, en Formule Ford ou en Formule Atlantique. « Pour les casques des rivaux de Gilles, j’ai été un peu plus approximatif, sauf en ce qui concerne la forme du casque » poursuit-il. « En motoneige, Gilles a porté un casque Alouette. J’en ai trouvé un véritable sur Internet qui m’a permis de fabriquer des répliques. Par contre, les cascadeurs ne pouvaient pas porter ces répliques non homologuées pour des scènes d’action. On a décidé de modifier des casques Gringo Biltwell homologués sur lesquels on a collé des éléments pour leur donner l’apparence des casques de l’époque ».

Gilles Villeneuve a ensuite couru en Formule Atlantique et il portait parfois des casques britanniques de la marque Griffin. « Il en a porté un vert et un bleu. On s’est posé la question à savoir s’il s’agissait du même casque qui avait été repeint. J’ai démarré avec des casques Gringo Biltwell et j’ai modifié la taille de l’ouverture pour les yeux, la forme générale, fabriqué des visières pour leur donner l’allure de casques Griffin. D’ailleurs, au départ, j’ai demandé à la production quels seraient les casques qu’on verrait en gros plan. Il fallait que ces casques soient parfaitement identiques aux originaux ».

Au pinceau et à main levée

Le casque orange à bandes vertes que Villeneuve a porté en Formule Atlantique en 1975 lorsqu’il a piloté la March verte commanditée par Skiroule lui a causé un beau défi. « Gilles avait peint en blanc et au pinceau “Skiroule“ sur le devant le casque et “VILLENEUVE” en lettres majuscules de chaque côté. Je ne suis pas bon avec un pinceau. J’ai donc numérisé ces inscriptions à partir d’une photo, je les ai un peu dégradées, imprimées, découpées et collées sur ma réplique ».

Sauriol a aussi dû fabriquer deux casques de Gilles pour les tournages qui concernaient la saison 1977 de Formule Atlantique. « J’avais fabriqué une réplique à partir d’un Bell Star de moto en rétrécissant l’ouverture pour les yeux. La production m’a alors précisé que ce casque devait être porté en piste. Puisqu’il n’était pas homologué, j’ai dû en faire une autre version. J'avais en main un Bell Star classique Snell 2020. J’ai bouché les points d'ancrage du Hans, effectué quelques modifications et peint au design de l’époque. C’est le casque qu’on voit dans les scènes d’action de 1977 » ajoute-t-il.

Perfectionniste, Luc Sauriol a dû travailler à partir de photographies des différents casques, car ils n’existent plus. « Des photos, il n’y en a pas des millions. Il faut être capable d'interpréter la photo et idéalement il faut consulter des photos prises dans des angles différents. Il faut correctement évaluer les proportions, car un casque est rond. Il faut mesurer, calculer les angles, faire un peu de trigonométrie et ainsi correctement reproduire les designs. Pour qu’une réplique soit vraiment exacte, je dois aussi déterminer si les autocollants [des commanditaires] étaient appliqués avant le vernis ou sur le vernis. Le film sera vu par des maniaques et j’ai voulu que les casques soient irréprochables » précise Sauriol.

Combien de casques a-t-il fabriqué pour le film ? « Je crois en avoir fait entre 35 et 40 » répond-t-il. « Cela inclus une réplique du casque de Jean-Pierre Saint-Jacques [pilote et créateur de la Magnum de Formule Ford que Villeneuve a pilotée en 1973]. Il m’a envoyé des photos et j’ai refait les lettres J.P. peintes au pinceau comme sur l’original. Travailler sur ce film a été un beau contrat, même s’il a fallu travailler très fort et assez vite. Il fallait produire rapidement et c’est surtout le temps de séchage de la peinture d’un casque prend du temps. Évidemment, comme bien des amateurs, j'ai très hâte de voir le film, car je ne l’ai pas encore vu ! »

Alors quand vous irez voir le film, portez une attention aux casques que vous verrez, ils constituent un détail qui rend cette production cinématographique encore plus authentique !