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Rétro 1984: Richard Spénard gagne une course en série Trans-Am, une victoire mi figue, mi raisin

Rétro 1984: Richard Spénard gagne une course en série Trans-Am, une victoire mi figue, mi raisin

Jeudi 5 novembre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Facebook Richard Spénard/Photographe inconnu

Crédit photo: Facebook Richard Spénard/Photographe inconnu

Ancien coéquipier de Gilles Villeneuve en Formule Atlantique, le Québécois Richard Spénard a bien cru qu’il allait relancer sa carrière en gagnant la course de la série SCCA Trans-Am disputée sur le circuit de Road America en 1984. Après avoir été sacré champion de l’école de pilotage Jim Russell du Mont-Tremblant, Richard Spénard a couru en Formule Atlantique, mais sans commanditaire majeur, son horizon s’est refermé en 1978. Il s’exile alors aux États-Unis et devient instructeur de pilotage.

En 1982, son nom revient dans l’actualité quand il participe à la course de la série SCCA Trans-Am au Grand Prix de Trois-Rivières. « J’ai fait cette course avec mes propres moyens. Il y avait tellement d’autocollants de commanditaires sur l’auto que j’ai reçu une amende, car il n'y avait plus de place pour afficher mon numéro de course ! » nous a récemment raconté Richard lors de sa participation en Porsche 944 au circuit du Mont-Tremblant en septembre.

Au volant de cette Pontiac Trans-Am de l’écurie Oftedahl, il se qualifie en deuxième place. « J’ai mené la course jusqu'à ce que le levier de vitesses casse et me reste dans la main ». Un an plus tard, au volant de la même voiture, Spénard termine la course de Trois-Rivières en deuxième place. « Une entente a ensuite été signée entre Labatt via sa marque Budweiser et le Grand Prix de Trois-Rivières pour me faire disputer trois courses au sein de l’écurie DeAtley commanditée par Budweiser en 1984. Il s’agissait des courses où le pilote régulier, David Hobbs, ne pouvait pas courir à cause de conflits de dates. Labatt et Budweiser ont donc acheté le volant de la Corvette C4 pour les courses de Portland, Road America et Trois-Rivières » poursuit Spénard.

À Portland, Richard prend le départ de la course en sixième place. « Puis, au deuxième tour, je manque de freins. J’ai dû abandonner. C'est quelque chose qui avait été mal assemblé » précise Spénard. Sa deuxième expérience a lieu sur le circuit de Road America, un tracé que Richard ne connaissait pas. « C’est une piste qui est relativement facile à apprendre même si elle est longue, parce que tu vois les virages au loin » précise-t-il. Qualifié troisième, il se bat dans le groupe de tête.

« Il nous faudrait 25 000$... »

« Je me suis battu contre Tom Gloy et Greg Pickett [sur des Mercury Capri]. J’étais en deuxième place quand le meneur, Bob Lobenberg [Pontiac Trans-Am] a commencé à manquer d’essence. Je l’ai doublé avec deux tours à faire et j’ai gagné la course ». Spénard termine premier devant Tom Gloy, Jim Miller (Pontiac Trans-Am) et un certain Paul Newman (Nissan 300ZX Turbo).

«  À Trois-Rivières, je me qualifie en septième place, encore une fois devant mes deux coéquipiers. Je roulais en troisième position quand j’ai bien senti que ma voiture ne tenait plus la route. La Corvette était très survireuse et usait beaucoup ses pneus arrière. Dans le dernier tour, je ne suis pas arrivé à contrôler un dérapage et j’ai perdu une place. J’ai donc terminé quatrième » dit-il.

Spénard croyait alors que ses performances allaient relancer sa carrière. « Ma victoire à Road America a été un gros, gros, gros moment dans ma carrière. Mais ç’a été positif et négatif en même temps... J'étais un peu naïf à cet âge-là, même pas mal naïf. La course suivante allait avoir lieu à Mosport. J’étais convaincu que l’équipe allait m’inviter à courir. Mais un mois auparavant, Raymond David m'avait offert de démarrer une école de pilotage avec lui. Après ma victoire à Road America, je l’ai appelé et je lui ai dit d’oublier son offre, car dans ma tête ma carrière venait de redémarrer ».

C’est la douche froide, même glacée, pour Richard quand il rencontre le patron de l’écurie DeAtley à Trois-Rivières. « Il me dit “On aimerait que tu sois là [à Mosport], mais il faudrait que tu amènes 25 000$”. On me demandait donc de fournir 25 000$ pour courir à Mosport sur un circuit que je connaissais comme le fond de ma poche dans une écurie où j’avais super bien performé et que j’avais amené à sa seule victoire de l’année. Moi, je voulais plutôt être payé 25 000$ pour courir ! J’ai donc rappelé Raymond David et lui ai demandé si son offre était encore valable » confesse Spénard.

« C'est pour ça que je dis que c'est une expérience qui a été positive, mais aussi négative. Je venais de réaliser que je ne pourrais jamais gagner ma vie en faisant juste de la course automobile. La réalité m’a vraiment frappé dur. J'avais 30 ans, j’étais mature et je réalisais que je ne pouvais pas gagner ma vie en faisait 20 000$ par année. C'est comme ça que je suis devenu un peu plus entrepreneur et qu’on a créé l’école de pilotage Spénard-David au circuit de Shannonville en Ontario ».

Au fait, Spénard a participé à l’épreuve de la série Trans-Am présentée à Mosport. Il a trouvé une entente de dernière minute avec l’écurie Oftedahl pour piloter la Pontiac Trans-Am Nº2. Malheureusement, Richard n’a pas pu prendre le départ de la course à cause d’un problème mécanique.