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9 avril : Première course du Québécois Stéphane Proulx en Formule 3000 européenne en 1989

9 avril : Première course du Québécois Stéphane Proulx en Formule 3000 européenne en 1989

Mardi 9 avril 2024 par René Fagnan
Crédit photo: Photothèque Player’s

Crédit photo: Photothèque Player’s

En 1989, le cigarettier Player’s a décidé d’envoyer le pilote québécois Stéphane Proulx courir en Europe en lui payant une saison complète dans le championnat international de Formule 3000.

Cette décision avait causé tout un étonnement dans le monde du sport automobile canadien, car Player’s n’avait jamais commandité un pilote auparavant, mais que des événements. On assistait à un changement de culture majeur chez cette entreprise.

Né le 12 décembre 1965, Stéphane Proulx a eu la piqûre de la course automobile de sa mère Monique qui a couru sporadiquement en série Trans-Am et en Formule Atlantique. Stéphane s’exile en Californie, vit dans sa voiture et suit les cours de pilotage de l’école Jim Russell où travaille Richard Spénard.

De retour au pays, Proulx dispute le championnat de Formule 2000 de l’école Spénard-David à Shannonville en Ontario et décroche le titre, ce qui lui vaut une saison payée par Rothmans en championnat canadien de F2000 en 1987. Il remporte le titre avec six victoires en neuf épreuves. Il court ensuite en Coupe Rothmans Porsche 944 à titre de coéquipier de Spénard et termine au troisième rang au championnat.

Proulx ne sait pas avec exactitude ce qu’il fera en 1989 quand il reçoit un appel téléphonique. Son interlocuteur lui demande s’il serait intéressé à aller courir en Europe dans le Championnat international de Formule 3000. Ces monoplaces étaient en gros des voitures très semblables à celles de F1 et propulsées, en majorité, par des moteurs V8 Ford Cosworth bridés, mais qui produisaient près de 470 chevaux. Les futurs pilotes de Grands Prix passaient donc par cette filière de F3000.

André Hudon était à cette époque responsable de courses automobiles chez Player’s. « Notre implication en sport automobile exigeait que nous soyons dominants » nous a-t-il récemment raconté. « Nous avions créé la série Player’s/GM et le Championnat Player’s de Formule Atlantique. En 1985, la brasserie Labatt, avec laquelle nous étions partenaire dans le Grand Prix du Canada, nous demande de nous impliquer avec elle auprès de Bertrand Fabi. Nous avons accepté à condition d’être un partenaire silencieux ».

En février 1986, Fabi se tue alors qu’il effectue des essais à bord de sa voiture de Formule 3. Après cette lourde perte, Player’s voulait s’identifier au pilote canadien qui aurait le potentiel de monter en F1.

« Nous avons consulté plusieurs intervenants et le nom de Stéphane Proulx s’est imposé Il venait de gagner le championnat de F2000. Nous l’avons testé en Formule Atlantique et il nous a convaincu. On voulait qu’il soit bien entouré. On en a longuement discuté avec Richard Spénard, et finalement Raymond David a dit qu’il deviendrait son agent et qu’il s’occuperait de Stéphane » poursuit Hudon.

Après d’autres discussions, Player’s décide de faire courir Proulx en F3000 eu Europe. « Il fallait trouver une écurie. Christian Tortora nous a mis en contact avec plusieurs écuries et nous avons négocié » précise-t-il.

L’équipe choisie est GA Motorsport dirigée par Mike Collier et Dave Luff, et qui engage alors deux Lola T89/50 Ford Cosworth pour Proulx (Player’s 3000 Team) et le Belge Éric van de Poele. Les rivaux de Proulx sont alors Alessandro Zanardi, Mark Blundell, JJ Lehto, Eddie Irvine, Damon Hill, Jean Alesi et Martin Donnelly qui sont tous montés en F1.

La première course de Proulx en F3000, l’International Trophy, est disputée le 9 avril sur le tracé de Silverstone. Philippe Favre remporte la pole position et Thomas Danielsson décroche la victoire. Stéphane Proulx s’était qualifié au neuvième rang, mais avait dû abandonner après 35 tours. Sa saison 1989 de 10 courses a été marquée par six abandons, et une cinquième place comme meilleur résultat.

« Stéphane a connu une première année difficile » ajoute Hudon. « Mais on ne savait pas si c’était à cause de lui ou à cause de l’équipe. Il ne connaissait pas la voiture, ni l’équipe, ni les circuits… On lui a donc donné le bénéfice du doute. Il a disputé une deuxième saison avec Pacific Racing. Ses résultats étaient encore mitigés et on s’est rendu compte vers la moitié de la saison qu’il ne livrait pas les résultats espérés. On a alors engagé une deuxième voiture pour Claude Bourbonnais pour tenter de sauver ce qui pouvait l’être, mais ce ne fut pas concluant » termine Hudon.

Le programme Player’s de Formule 3000 fut donc stoppé après deux saisons.