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Une Luce mal accueillie et des rumeurs sur l’opposition au retour des V8 : Ferrari sous le feu des critiques malgré ses bons résultats en F1 !

Une Luce mal accueillie et des rumeurs sur l’opposition au retour des V8 : Ferrari sous le feu des critiques malgré ses bons résultats en F1 !

Mercredi 27 mai 2026 par Philippe Brasseur
Crédit photo: Ferrari Media

Crédit photo: Ferrari Media

À peine rentrés de Montréal où ils ont disputé le Grand Prix du Canada le week-end dernier, Charles Leclerc et Lewis Hamilton (qui a réalisé sur le circuit Gilles-Villeneuve son meilleur résultat en carrière avec Ferrari en finissant 2ᵉ) ont assisté au dévoilement à Rome de la Ferrari Luce, en début de semaine.

Cette voiture marque l’entrée de Ferrari dans l’univers des sportives 100% électriques, à 4 roues motrices. Elle intègre quatre moteurs électriques indépendants — un par roue — et a été conçue avec le collectif LoveFrom de Jony Ive et Marc Newson, deux anciens d’Apple. Elle adopte une carrosserie à quatre portes et cinq places.

Le groupe motopropulseur développe jusqu’à 772 kW (1050 chevaux) et 11 500 Nm aux roues. La batterie de 122 kWh est conçue et assemblée par Ferrari (qui annonce une autonomie de 530 km) et son 0 à 100 km/h se fait en 2,5 secondes. Sa vitesse maximale est de 310 km/h, selon le constructeur. Son poids est celui d’un camion : 2,3 tonnes !

Voilà pour les chiffres car, côté réactions au lancement de cette voiture, on peut facilement dire que Ferrari n’avait pas imaginé un tel... désastre ! Ce véhicule que certains hésitent à appeler Ferrari (« J’espère qu’ils vont enlever le cheval cabré sur le capot avant » a indiqué Luca di Montezemolo, l’ancien président de la marque !) semble en effet faire l’unanimité contre lui depuis 24 heures. « Certainement une voiture que les Chinois ne voudront pas copier » a indiqué avec ironie Flavio Briatore, le directeur général d’Alpine, dont l’équipe F1 vient par ailleurs d’officialiser qu’une autre entreprise italienne, Gucci, devenait son commanditaire-titre à la place de BWT dès 2027.

En fait, le concept de la Luce menace l’image, l’ADN de performance et de luxe de Ferrari. Ajoutons à cela le son d’une rame de métro et il est normal que les puristes crient à la trahison.

Plus grave encore, selon des estimations de médias du domaine de la finance en Europe, l’action Ferrari a chuté de 8% après le dévoilement de la Luce, ce qui représente près de 5 milliards d’euros (7,5 milliards de dollars canadiens) de valorisation boursière. Et cela, dans les quelques heures suivant son lancement ! En vente à partir de 550 000 euros (environ 885 000$ CDN), taxes non comprises, la Luce est aussi la Ferrari de série la plus chère, hors voitures de course et leurs dérivées.

La Luce (qui signifie lumière en italien) mettra-t-elle les finances de Ferrari dans le rouge, à l’image de Porsche qui depuis les débuts de son modèle électrique Taycan est passé d’un constructeur automobile parmi le plus rentables au monde à une crise de rentabilité historique ? On ne le souhaite évidemment pas mais le lancement de ce modèle qui arrive à une époque où la plupart des constructeurs automobiles cessent peu à peu d’accepter la pression, voire la dictature, de certains gouvernements à les pousser envers et contre toute logique à produire du 100% électrique, arrive au moment même où certaines rumeurs circulent à l’effet que le retour des moteurs V8 thermiques en Formule 1 à l’horizon 2030 ou 31 serait freiné par nul autre que Ferrari.

Des discussions entre la F1, la FIA et les équipes en avril dernier, il ressort désormais que Mercedes et Ford (avec son partenaire Red Bull) sont très favorables au retour des V8 en F1. Normal, Mercedes possède avec ses modèles AMG des moteurs V8 qui font encore rêver, tout comme Ford, symbole d’excellence en matière de V8 au son et aux performances envoutantes avec, notamment, sa mythique Mustang dont la plupart des définitions sont encore munies du légendaire 8 cylindres en V.

De leur côté, Honda et Cadillac ne sont pas opposés à l’idée mais réclament des garanties réglementaires rapides, tandis que McLaren a indiqué son intérêt à fabriquer son propre moteur en cas de retour des V8. Reste donc Audi, qui s’est dit opposé à l’idée, et Ferrari, dont l’incertitude sur les intentions règne depuis un mois. Mais le PDG de Ferrari, Benedetto Vigna, a confirmé cette semaine que la Scuderia participe activement aux discussions avec la FIA et se montre ouverte au retour des V8. Si Enzo Ferrari a dû se retourner dans sa tombe en voyant la Luce, il ne devrait donc pas être trahi avec les stratégies de sa marque en F1 !

Quant à la Luce, si certains l’ont d’emblée qualifiée de « plus grande horreur esthétique de l’histoire de l’automobile », parions que le prestige des produits Ferrari en fera tout de même une voiture recherchée d’ici quelques années par de richissimes amateurs de... curiosités !