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GP historique de Monaco: Retour sur un week-end vraiment historique !

GP historique de Monaco: Retour sur un week-end vraiment historique !

Mardi 28 avril 2026 par René Fagnan
Crédit photo: René Fagnan

Crédit photo: René Fagnan

La 15ᵉ édition du Grand Prix historique de Monaco a été la scène de courses spectaculaires, de plusieurs incidents et de la superbe performance de Bertrand Godin qui y disputait sa toute première course à bord d’une monoplace de Formule 1.

Le Grand Prix historique de Monaco a lieu tous les deux ans et présente des épreuves réservées aux bolides qui ont marqué l’histoire de cette course monégasque très prisée par tous les coureurs automobiles.

Les voitures roulent sur le même circuit de celles du Grand Prix régulier et qui empruntent les rues étroites et sinueuses de la Principauté. Grâce aux efforts du groupe "À L’Infini", Bertrand Godin a pu participer à cette épreuve aux commandes de l’Arrows A1 qu’a pilotée Riccardo Patrese dans le Championnat du monde de F1 de 1978. Même si elle âgée de presque cinquante ans, l’Arrows est encore en grande forme, traitée aux petits soins depuis 1978 et toujours propulsée par un moteur V8 Ford Cosworth DFV qui produit aujourd’hui presque 500 chevaux. Godin a pleinement profité de deux bonnes séances d’essais au préalable, effectuées sur le circuit italien de Cervesina. Il s’est aussi beaucoup entraîné sur son simulateur de pilotage avec, entre les mains, une voiture virtuelle beaucoup plus puissante et rapide que l’Arrows afin que cette dernière lui paraisse "lente" dans la réalité.

En dépit de petits soucis avec la boîte de vitesses, il a réalisé une course remarquable. À sa première course de F1 sanctionnée par la FIA, le Québécois s’est qualifié en sixième position et a réalisé un départ de rêve, sautant en quatrième position dès le virage de Sainte-Dévote. Il a perdu une place en fin de course en commettant une petite erreur, mais il a repassé la Tyrrell de Matthew Wrigley durant le dernier tour pour réclamer la quatrième place à l’arrivée.

Le chronométrage officiel montre des détails très intéressants. Godin a terminé en quatrième position à 22”715 du vainqueur, Michael Lyons sur une Hesketh 308E-Ford. Godin a réalisé son tour le plus rapide au neuvième en 1’34”005, soit deux secondes plus lent que le plus rapide inscrit par Frédéric Rouvier sur une Tyrrell 010-Ford en 1’32”649 et qui termine au deuxième rang de la course. Les secteurs sont aussi très révélateurs. Dans le premier secteur, Godin est le sixième plus rapide (27”749 contre 26”983 pour Stuart Hancock sur une Fittipaldi F8-Ford), dans le deuxième secteur, il est le troisième plus rapide (39”192 contre 38”905 pour Michael Lyons) et dans le troisième secteur, il est encore une fois troisième plus rapide (26”286 contre 26”082 pour Hancock).

Cette course, réservée aux voitures de F1 à moteurs trois litres et produites entre 1977 et 1980 a été remportée par l’Anglo-Irlandais Michael Lyons. Ce dernier court dans plusieurs catégories, passant du baquet d’une voiture à celui d’une autre. Il domine les courses de voitures historiques et court aussi en Endurance. Lyons est donc pratiquement impossible à battre dans les rues de la Principauté. Il ne sera jamais champion du monde de F1, mais affirme humblement que cela importe peu. Il est heureux de pouvoir gagner des courses de voitures historiques au volant de monoplaces qu’il faut absolument “préserver”.

Évidemment, le niveau de pilotage des concurrents varie énormément. On retrouve des pilotes presque professionnels qui sont recrutés pour conduire et des propriétaires fortunés de bolides de F1 prennent eux-mêmes le volant sans pousser très fort, redoutant l’accident. Mais attention : la compétition est féroce. Il ne s’agit pas de parades, mais bien de courses sprints chaudement disputées, en tout cas en ce qui concerne à l’avant du peloton. D’ailleurs, en général, plus les voitures sont rapides, plus les courses sont animées.

D’ailleurs, la photo ci-dessus montre deux bolides de la catégorie C, celle réservée aux voitures de sport à moteur avant et produits entre 1952 et 1957. On y voit la Jaguar C-Type de Nigel Webb négociant le virage de la Racasse devant l’Aston Martin DB3S de Maxime Castlein.

Aller à Monaco ?

Alors pourquoi se rendre à Monaco assister à des courses de voitures historiques ? Parce que cela procure le plaisir de contempler des voitures toutes différentes les unes des autres et qui ont chacune une sonorité du moteur totalement unique. C’est aussi la chance d’assister à une course automobile présentée dans les rues de la Principauté de Monaco, dans un décor absolument extraordinaire. Cette épreuve permet également d’accéder au paddock, de voir de près les voitures et de discuter avec les pilotes et les équipiers. Tout est accessible, rien n’est caché.

Accéder à Monaco depuis Nice est extrêmement facile. Des trains effectuent la navette entre Nice et Monaco toutes les 30 minutes environ. De plus, les hôtels et les restaurants de Nice sont énormément moins chers que ceux de Monaco qui exercent des prix astronomiques.

Pour assister au Grand Prix de Monaco, il vous faudra dépenser entre 300 et 500€ (entre 475$ et 800$ canadiens) et pour une place assise dans une tribune samedi et entre 650 et 1100€ (entre 1050$ et 1800$ canadiens) pour une place dimanche. En ce qui concerne le GP historique, le prix du billet est identique pour toutes les tribunes. Vous paierez 60€ pour un billet samedi (95$ canadiens) et 120€ le dimanche (190$ canadiens). Ah, au fait, l’entrée au circuit est gratuite le vendredi. Oui, gratuite et vous pouvez vous promener d’une tribune à une autre.

Certes, lors de cet événement historique, vous ne verrez pas en piste les Hamilton, Norris, Verstappen et Russell, mais sachez que les amateurs viennent à Monaco pour admirer les voitures. Il est intéressant de constater que plusieurs spectateurs portent des t-shirts, polos ou chemises aux couleurs de leurs écuries historiques favorites comme JPS Lotus, Yardley McLaren, Ligier Gitanes, First National City Tyrrell, Hesketh et son ours à casque et, évidemment, Ferrari. Certains vêtements sont clairement d’origine tandis que d’autres sont des répliques modernes. Quel plaisir aussi de constater que la Ferrari 312 T5 inscrite dans la même classe que l'Arrows de Bertrand Godin était encore bichonnée par un des mécaniciens de Gilles Villeneuve !

On peut affirmer sans se tromper que le public du Grand Prix historique est constitué des "trippeux" de voitures d’époque; des bolides d’une grande simplicité, totalement dépourvus d’aides électroniques et émettant des sonorités exceptionnelles... Le prochain Grand Prix historique de Monaco aura lieu dans deux ans, soit en 2028. C’est tout simplement un incontournable.

La photo ci-dessous montre l'ambiance qui règne dans le paddock, accessible à tous les détenteurs de billets. Tout est ouvert et rien n'est caché !

Crédit photo: René Fagnan