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Vision commune entre WEC et IMSA : La réglementation 2030 se précise; Ford prépare son retour au sommet de l'Endurance

Vision commune entre WEC et IMSA : La réglementation 2030 se précise; Ford prépare son retour au sommet de l'Endurance

Vendredi 12 juin 2026 par André Cahuzac
Crédit photo: Charly López / DPPI

Crédit photo: Charly López / DPPI

Les responsables de l'IMSA, de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO) et de la FIA ont profité de la semaine des 24 Heures du Mans pour dévoiler ce vendredi les grandes lignes de la future réglementation qui encadrera les prototypes de premier plan à partir de 2030. L'objectif affiché est clair : prolonger le succès actuel des catégories Hypercar et GTP tout en garantissant une stabilité technique à long terme pour les constructeurs.

La future réglementation reposera sur une plateforme unique de prototypes à deux roues motrices, commune aux championnats FIA WEC et IMSA WeatherTech SportsCar. Cette orientation marque une évolution importante par rapport au règlement actuel, qui permet aujourd'hui la coexistence de prototypes à propulsion et à transmission intégrale, soit les appellations LMH (Ferrari, Peugeot, Toyota, Aston Martin) et LMDh (BMW, Cadillac, , Alpine, Genesis, Acura, Porsche).

Les futurs prototypes continueront d'associer moteur thermique et système hybride. Les constructeurs pourront soit utiliser un système hybride standard, dans l'esprit actuel des LMDh, soit développer leur propre technologie à condition de respecter les paramètres imposés par le règlement. Les constructeurs conserveront également la possibilité de faire appel à un fournisseur extérieur pour la conception du châssis — comme Dallara, ORECA, Ligier ou Multimatic — ou de développer leur propre structure en interne. Chaque voiture bénéficiera d'une homologation de longue durée avec un objectif affiché de stabilité sur au moins cinq années.

Pour John Doonan, président de l'IMSA, cette approche doit permettre de préserver l'élan actuel de l'endurance mondiale. « L'ère actuelle des courses de prototypes a démontré ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les acteurs du secteur s'unissent autour d'une vision commune » a-t-il déclaré. Même tonalité du côté d'Ed Bennett, directeur général de l'IMSA, qui insiste sur la maîtrise des coûts et sur la nécessité d'offrir aux constructeurs un retour sur investissement durable.

Ford prépare déjà l'avenir

L'annonce de cette feuille de route intervient alors que plusieurs constructeurs préparent leurs programmes de la prochaine décennie. Parmi eux figure Ford, dont le retour en catégorie reine de l'endurance aura lieu en 2027.

Le constructeur américain a profité de la semaine des 24 Heures du Mans pour confirmer les trois derniers pilotes qui participeront au développement de son futur prototype Hypercar : Matt Campbell, Nick Yelloly et Tom Blomqvist. Ils rejoignent Logan Sargeant, Seb Priaulx et Mike Rockenfeller dans un programme qui affiche clairement ses ambitions. « Nous ne revenons pas au Mans simplement pour participer. Nous revenons pour nous battre pour la victoire finale » a affirmé Mark Rushbrook, directeur mondial de Ford Performance.

L'effectif réunit plusieurs références de l'endurance moderne. Campbell est l'un des piliers de Porsche Penske Motorsport et champion IMSA GTP en titre. Yelloly arrive avec une expérience acquise chez BMW puis Acura, tandis que Blomqvist compte notamment un titre IMSA et deux victoires aux 24 Heures de Daytona.

Le développement de la future Hypercar Ford doit entrer dans une nouvelle phase dès cet été. Les premiers essais de la voiture, propulsée par un moteur V8 Coyote de 5,4 litres développé en interne, sont programmés à partir du mois d'août sur plusieurs circuits européens.

L'annonce de la réglementation 2030 constitue un signal fort pour l'ensemble du secteur. Alors que Ferrari, Toyota, Cadillac, Porsche, BMW, Alpine, Aston Martin, Peugeot et Genesis se disputent actuellement les premières places, les instances dirigeantes cherchent désormais à sécuriser les bases techniques de la prochaine décennie.

L'arrivée annoncée de Ford en 2027, ainsi que de McLaren, illustre parfaitement l'attractivité retrouvée de l'endurance mondiale. En offrant un cadre réglementaire stable, commun au WEC et à l'IMSA, les organisateurs espèrent convaincre d'autres constructeurs de rejoindre une catégorie qui n'avait plus connu une telle diversité depuis plusieurs décennies.

À quelques heures du départ des 24 Heures du Mans, le message est limpide : l'endurance prépare déjà son avenir.