Les Grands Prix de Belgique puis de Hongrie sont venus compléter la première moitié de saison en Championnat du monde de Formule 1. 11 des 23 courses (avec la Malaisie récemment ajoutée début octobre) et, surtout, les dernières épreuves avant la pause estivale de 4 semaines. Quels constats tirer de ces dernières courses, marquées par la victoire de Kimi Antonelli dans les Ardennes belges puis par le premier gain 2026 de Lando Norris sur le tortueux tracé de l’Hungaroring ?
Mercedes – 379 points (1ʳᵉ)
L’élément dominant est que Mercedes domine malgré quelques soucis de fiabilité sur ses machines. Kimi Antonelli impressionne par sa maturité : vainqueur à Spa et troisième en Hongrie, il a porté son total à 219 points et consolidé son avance au premier rang du championnat des pilotes. Bien encadré par Toto Wolff, il confirme qu'il est le grand favori du titre tandis que George Russell traverse une période plus difficile. Dernier en Belgique après un accrochage avec Lewis Hamilton, il a ensuite été victime d'un problème électronique d'anti-calage au départ en Hongrie, ce qui l'a relégué au 17ᵉ rang. Il a toutefois signé une remarquable remontée jusqu'à la septième place.
Ferrari – 307 points (2ᵉ)
Ferrari semblait disposer de la voiture la plus rapide lors des derniers rendez-vous. Toutefois, elle n’a pu concrétiser. La polémique des qualifications en Hongrie a coûté cher à Lewis Hamilton, pénalisé après avoir gêné Oscar Piastri en Q3. La sanction l'a fait reculer de la deuxième à la cinquième place sur la grille. En course, il a de nouveau été pénalisé mais n’était de toute manière pas en bataille avec Norris pour la victoire. Quant à Charles Leclerc, il poursuit une saison régulière avec une quatrième place en Belgique et une deuxième en Hongrie. Ferrari a clairement une voiture pour gagner cette saison mais les erreurs stratégiques et quelques fautes des pilotes coûtent cher dans une saison où le moindre point est durement acquis.
McLaren – 220 points (3ᵉ)
McLaren a connu un week-end discret à Spa avec les cinquième et septième places d'Oscar Piastri et Lando Norris. En Hongrie, Norris a parfaitement réagi en remportant la course avec 15 secondes d'avance, après avoir signé la pole position par quelques millièmes face à Hamilton. Malgré cette victoire, Norris accuse encore 91 points de retard sur Antonelli avec 12 Grands Prix à disputer, un déficit qui paraît très difficile à combler. Oscar Piastri lui, est sixième du championnat avec 92 points. Il est victime de nombreux incidents, dont un problème moteur à Spa et un abandon sur bris de boîte de vitesses en Hongrie. Son talent demeure évident, mais il devra bénéficier d'une voiture plus compétitive pour pleinement l'exprimer.
Red Bull Racing – 177 points (4ᵉ)
Le départ d'Adrian Newey il y a plus d’un an continuerait-il de peser sur les performances de Red Bull ? Malgré un moteur Ford RBPT considéré comme le meilleur de la grille, l'équipe doit rapidement rendre à Max Verstappen une monoplace capable de gagner afin d'assurer son avenir. Les progrès sont néanmoins encourageants avec une troisième place à Spa et une deuxième, très combativement acquise, en Hongrie. Isack Hadjar poursuit également son excellente progression. Huitième du championnat, il impressionne par son sang-froid, notamment grâce à sa spectaculaire remontée de la 20ᵉ à la 6ᵉ place en Belgique. En Hongrie, il s’est classé Top 6 pour la 6ᵉ fois de suite.
Racing Bulls – 66 points (5ᵉ)
L'équipe satellite de Red Bull réalise une saison satisfaisante. Liam Lawson a terminé 12ᵉ puis 9ᵉ lors des deux derniers Grands Prix, tandis qu'Arvid Lindblad a obtenu les neuvième et onzième places à Spa et en Hongrie. Lawson semble souvent plus rapide que ses résultats ne le montrent encore, alors que Lindblad poursuit un apprentissage solide et sans erreurs majeures.
Alpine – 61 points (6ᵉ)
Alpine demeure une équipe où les considérations politiques semblent souvent prendre le dessus sur la stabilité. Sous la direction de Flavio Briatore, les ambitions dépassent parfois le véritable potentiel de la voiture. Pierre Gasly et Franco Colapinto mériteraient une monoplace plus fiable et plus performante afin d'exploiter pleinement leur talent. En début de saison, l’Alpine permettait aux deux pilotes de se hisser régulièrement dans les points. Mais Spa et Budapest ont démontré que l’écurie anglo-française fait du surplace en performance pure.
Haas – 21 points (7ᵉ)
Une autre équipe qui, après un début de saison prometteur, ne parvient plus à suivre le rythme de développement des meilleures équipes. Cette baisse de performance pénalise particulièrement Oliver Bearman, auteur de 18 points jusqu’ici et considéré comme un futur candidat à un volant dans une écurie de premier plan. Mais les deux derniers Grands Prix n’ont permis ni à l’Anglais (14ᵉ en Belgique) ni à Esteban Ocon (16ᵉ en Hongrie) de récolter le moindre point.
Audi – 12 points (8ᵉ)
Gabriel Bortoleto réalise un travail encourageant pour cette première saison du projet Audi. À l'inverse, Nico Hülkenberg a peiné en début de saison. Il a enfin réussi à inscrire ses premiers points en finissant 9ᵉ en Hongrie. Les pilotes Audi briguent aussi la Q3 à chaque Grand Prix. L’exemple d’une équipe qui progresse lentement mais sûrement.
Williams – 11 points (9ᵉ)
Déception encore et toujours. Une saison mal engagée, du retard dans le développement d’une voiture qui demeure bien trop lourde (de 14 kilos !) pour être compétitive et un pilote, Carlos Sainz, qui commence à afficher clairement son mécontentement. L'équipe manque encore de méthodes pour corriger rapidement ses faiblesses, ce qui explique des résultats inférieurs aux attentes. Sainz et Alex Albon roulent groupés en course... mais loin des points.
Aston Martin – 1 point (10ᵉ)
Oublions Spa pour évoquer la nouvelle voiture introduite en Hongrie et qui représente un premier pas encourageant. Fernando Alonso a réduit de près de 2,5 secondes un déficit qui atteignait presque cinq secondes en début de saison. Le futur moteur Honda, attendu aux Pays-Bas fin août, devrait encore améliorer les performances. Lance Stroll a obtenu une encourageante 13e place en Hongrie, devant son prestigieux coéquipier.
Cadillac – 0 point (11ᵉ)
Pour sa première saison en Formule 1, Cadillac poursuit son apprentissage. Sergio Pérez et Valtteri Bottas terminent régulièrement en fond de grille, une situation normale pour une nouvelle équipe encore en phase de développement. Là où il faut corriger le problème, c’est au niveau de la fiabilité et notamment les récurrents problèmes de freins qui prennent feu.
Conclusion
Le consensus dans le paddock est que les monoplaces 2026 sont trop complexes, trop coûteuses et puissantes... dans certains secteurs des circuits seulement. Pas rassurant ! Avec près de 1 000 chevaux et des vitesses de pointe atteignant 358 km/h, elles sont également très difficiles à régler et à piloter. La gestion de l'énergie électrique complique les dépassements. Les pilotes doivent souvent lever le pied en fin de ligne droite pour recharger la batterie, sous peine de compromettre leur accélération lors de la ligne droite suivante. Bref, des voitures qu’il faut sans cesse développer et corriger les défauts. Pas simple.
Pause estivale en F1 : Le bilan de Spa et Budapest et les espoirs pour la seconde moitié de saison
Lundi 27 juillet 2026 par Marc CantinCrédit photo: Sébastien Krings







