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Bilan GP d’Italie : Kimi Antonelli, la remontée magistrale... et Aston Martin proche du néant

Bilan GP d’Italie : Kimi Antonelli, la remontée magistrale... et Aston Martin proche du néant

Lundi 7 septembre 2026 par Marc Cantin
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Parti 19e, Kimi Antonelli a remporté le Grand Prix d’Italie à Monza au terme d’une remontée spectaculaire et d’une course parfaitement maîtrisée. À seulement 19 ans, l’Italien a démontré une maturité impressionnante, s’imposant devant son équipier George Russell et Max Verstappen. Antonelli a effectué pas moins de 25 dépassements pour remonter progressivement le peloton avant de prendre la tête à trois tours de l’arrivée. Mais derrière cette remontée spectaculaire se cachait surtout une stratégie pneumatique particulièrement efficace.

Mercedes avait choisi pour Antonelli deux trains de pneus moyens : un premier au départ, puis un second lors de son arrêt au 28e des 53 tours. George Russell avait adopté une approche différente, passant aux pneus durs dès le septième tour avec l’objectif de rallier l’arrivée sans autre arrêt. Le choix de Mercedes pour Antonelli s’est révélé payant. Au fur et à mesure que le carburant était consommé et que la voiture s’allégeait, le jeune Italien a pu exploiter le meilleur rendement des gommes moyennes. Russell, lui, devait composer avec la dégradation progressive de ses pneus durs. À trois tours du drapeau à damier, le pneu arrière gauche de Russell était particulièrement détérioré. Antonelli n’a pas laissé passer l’occasion et a porté l’attaque qui lui a permis de s’emparer de la première place.

Mercedes avait apporté un soin particulier aux réglages des deux voitures. L’aileron arrière d’Antonelli était légèrement plus grand que celui de Russell, un choix qui pouvait sembler surprenant à Monza, où la vitesse de pointe est primordiale. Mais l’efficacité globale de la voiture du meneur au championnat a démontré la pertinence de cette approche.

Après une épreuve des Pays-Bas déjà riche en dépassements, Monza confirme que la nouvelle génération de F1 peut offrir des courses particulièrement animées. Mercedes, Ferrari, McLaren et Red Bull-Ford semblent progressivement comprendre comment exploiter ces voitures et leurs groupes propulseurs extrêmement complexes.

Gasly confirme, Aston Martin inquiète

Pierre Gasly a offert une belle performance à Alpine. Auteur de la pole position avec une voiture parfaitement réglée pour les qualifications, le Français a terminé 7e de la course, à 27 secondes du vainqueur. Son rythme moyen n’était qu’à environ une demi-seconde par tour de celui d’Antonelli, qui a maintenu un rythme très élevé jusqu’à l’arrivée.

Devant Gasly, on retrouve Lando Norris, 4e. Lauréat des deux précédents Grands Prix, il a confirmé que la McLaren n’est pas encore au niveau des Mercedes et même de la Red Bull de Verstappen sur les tracés très rapides. Mais ce résultat reste particulièrement apprécié après le renouvellement de son contrat avec McLaren. Il devance son coéquipier Osacar Piastri et Lewis Hamilton, seul pilote Ferrari à l’arrivée après l’impressionnante sortie de piste de Charles Leclerc qui a nécessité l’arrêt de l’épreuve, 1er tour.

Pour Ferrari, c’est somme toutes un très difficile Grand Prix à domicile mais que dire d’Aston Martin ! Malgré l’arrivée de nouvelles pièces en Hongrie puis du moteur Honda évolué aux Pays-Bas, l’équipe accusait 3,6 secondes de retard sur la pole. Fernando Alonso et Lance Stroll ont tous deux abandonné avant la mi-course. Un autre désastre ! Newey a confirmé qu’une maladie l’avait empêché de travailler normalement sur les voitures en 2025, ce qui pourrait expliquer une partie du retard accumulé par Aston Martin. Le Britannique aurait également obtenu de Lawrence Stroll que celui-ci se retire davantage des activités techniques et de la gestion quotidienne de l’équipe de course.

Alonso lui, a expliqué que sa course s’était terminée après que sa voiture eut heurté un vibreur. Jusque-là, il se battait contre les Cadillac et tentait de tirer le maximum de sa monoplace. Stroll a pour sa part été contraint à l’abandon en raison d’un problème hydraulique présumé.

Verstappen encore sur le podium

Cinquième au départ, Max Verstappen a terminé 3e. Incapable de suivre le rythme des Mercedes, le Néerlandais a néanmoins extrait le maximum d’une Red Bull légèrement en retrait. Sa performance est exceptionnelle tandis que celle de Liam Lawson, qui remplaçait une fois de plus Isack Hadjar blessé (ce sera encore le cas ce prochain week-end en Espagne), a été moyenne. Parti en fond de peloton, Lawson termine 14e après avoir été pénalisé par la circulation et des difficultés lors des arrêts. Sa voiture semblait pourtant capable d’un meilleur résultat.

Williams connaît également une période difficile. Carlos Sainz termine 13e et Alex Albon 17e. Le directeur de l’équipe, James Vowles, a reconnu qu’une restructuration était nécessaire afin de s’attaquer aux problèmes liés aux technologies de fabrication, aux logiciels, aux matériaux et aux méthodes de gestion en prévision de 2027.

Cette nouvelle F1 exige énormément des pilotes. Ils doivent gérer moteur thermique, puissance électrique, transmission, différentiel et logiciels, tout en manipulant une multitude de commandes et de réglages. La facilité d’exploitation de la voiture, est devenue essentielle. Et à Monza, Kimi Antonelli a démontré qu’il maîtrisait déjà remarquablement cette nouvelle réalité. Il n’a pas seulement été rapide. Il a surtout su quand l’être.