Le pilote québécois Bertrand Godin a terminé le Grand Prix historique de Monaco en quatrième place aux commandes de l’Arrows A1-Ford Cosworth de 1978 ex-Riccardo Patrese. Rappelons qu’il s’agissait de la première expérience de Godin à bord d’une monoplace de Formule 1.
Vous pensez que des courses de voitures de F1 historiques sont "pépères" ? Ce n’est pas du tout le cas. Les luttes sont féroces, roues dans roues et des petites erreurs de pilotage qui peuvent coûter cher. En classe B pour Voitures de Grand Prix à moteur arrière de 1959 à 1965, la bataille qui a opposé les Lotus 21-Climax de Stuart Hall et Mark Shaw à la Ferrari 1512 de Joseph Colasacco fut tout simplement superbe.
Ce fut un week-end désastreux pour l’ancien pilote de F1 Jean Alesi. Inscrit sur une Ferrari 312 de la catégorie D, le Français a percuté le rail de sécurité vendredi à la chicane du port. Les mécaniciens ont réussi à réparer l’avant de la voiture et Alesi s’est qualifié en sixième position. Malheureusement, aujourd’hui, le moteur V12 n’a jamais voulu démarrer et le pauvre Jean n’a pas pu prendre le départ de la course.
La température un peu fraîche et les nuages gris n’ont pas empêché une belle foule de prendre place dans les nombreuses tribunes de ce circuit urbain étroit, sinueux et rempli de pièges. Il fait préciser que l’achat d’un billet en tribune donnait aussi le droit d’accéder au paddock et d’admirer de près - de très près - les bolides et les mécaniciens au travail. Ici, les équipes ne vous cachent rien. Tout est fait pour que le public apprécie chaque moment.
Question météo, les derniers tours de la course de la catégorie E (voitures à moteurs trois litres de 1973 à 1976) ont été perturbés par une pluie fine. Les bolides, chaussés de pneus lisses, ont commencé à déraper sur la piste rendue glissante. Certaines ont percuté les rails et ont été abimées, comme la Penske PC4-Ford de Douglas Mockett.
Bertrand Godin, qu’on a vu courir en Formule Ford, Formule Atlantique et Indy Lights durant les années 1990 et 2000, a pris de départ de la course du groupe F en sixième place, lui qui n’avait pas eu la chance de simuler un départ arrêté avec une F1 de presque 500 chevaux auparavant. Heureusement, la bruine avait cessé et la piste était sèche au moment du départ.
Godin a réalisé un départ sensationnel, passant de la sixième à la quatrième place au virage de Sainte-Dévote. Au deuxième tour, la Voiture de sécurité est intervenue à la suite d’une double sortie de piste. À la relance, Godin a conservé sa place, mais a commencé à être harcelé par Matthew Wrigley à bord d’une Tyrrell 008-Ford. Par la suite, Bertrand a dû composer avec les retardataires, en doublant même une fois deux voitures sur la ligne droite des puits même si la manœuvre était délicate.
Au 15ᵉ tour de la course de 18, des drapeaux jaunes agités ont nui aux efforts de Godin. Ce dernier a commis une petite erreur de pilotage quelques tours plus tard à cause des drapeaux jaunes et la présence, encore une fois, de retardataires. Wrigley en a profité pour le doubler. Tout s’est joué dans le dernier tour quand Godin a réussi à repasser devant la Tyrrell et croiser l’arrivée en quatrième position.
« Quelle course ! J’ai eu énormément de plaisir. Merci à tous les partenaires qui m’ont permis de vivre ce rêve ! » nous a confié Bertrand Godin dès sa sortie de la voiture. « J’ai réalisé un départ fantastique. J’ai vu l’ouverture et je n’ai pas hésité à doubler deux concurrents. La tenue de route de l’Arrows était excellente, même si j’ai encore connu des petits soucis avec la boîte de vitesses et des rapports qui s’enclenchaient parfois mal. Wrigley dans la Tyrrell m’a doublé quand je suis passé sur le vibreur à cause des drapeaux jaunes et des retardataires. La voiture a sauté un peu et le volant m’a échappé des mains. Je suis repassé devant lui durant le dernier tour quand il a tenté de doubler une voiture plus lente où il y avait très peu d’espace. Je me suis décalé au maximum et j’ai pu passer devant ! Ce fut une course fantastique ! Je suis tellement heureux ! » ajoute-t-il.
À noter aussi la troisième place du Canadien Brad Baker, d’Oshawa en Ontario, en catégorie A2 au volant de sa ERA R10B qui arbore le numéro 24. Cette épreuve fut marquée par l’abandon du meneur, Richard Bradley sur une Maserati 4CL dans le dernier virage !
Les lauréats de ce GP de Monaco historique 2026 :
Catégorie A1 (Avant-guerre) : Patrick Blakeney-Edwards (Frazer-Nash Monoplace)
Catégorie A2 (Moteur avant, pré-1961) : Mark Shaw, Scarab F1
Catégorie B (F1 1500cc, 1961 à 1965) : Joseph Colasacco, Ferrari 1512
Catégorie C (Voitures sport 1951-1957) : Richard Wilson, Maserati 250 S
Catégorie D (F1 3 litres 1966-1972) : Michael Lyons, Surtees TS9
Catégorie E (F1 3 litres 1973-1976) : Stuart Hall, McLaren M23
Catégorie F (F1 3 litres 1977-1980) : Michael Lyons, Hesketh 308E
Catégorie G (F1 3 litres et turbo 1981-1985) : Stuart Hall, March 821
Pour les classements complets, cliquez ici.
GP historique de Monaco: Bertrand Godin termine 4ème à sa première course de F1 !
Dimanche 26 avril 2026 par René FagnanCrédit photo: Bernard Breault/Groupe À l'Infini







