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Le GP du Japon ce week-end, avant la plus longue pause du calendrier F1 2026 !

Le GP du Japon ce week-end, avant la plus longue pause du calendrier F1 2026 !

Mercredi 25 mars 2026 par Marc Cantin
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Le Grand Prix du Japon 2026, troisième manche du Championnat du monde de Formule 1, se déroulera ce week-end sur 53 tours du circuit de Suzuka. Un tracé apprécié de tous les pilotes avec ses 18 virages et 5,807 km de ruban d’asphalte. Suzuka demeure année après année un des circuits les plus exigeants et emblématiques du calendrier et où la pluie vient souvent compliquer le spectacle et le pilotage.

Au lendemain de cette épreuve, les équipes se retrouveront avec une pause de 5 semaines, soit une semaine de plus que les vacances officielles de mois d’août ! En cause bien sûr l’annulation des manches prévues en avril à Bahreïn et en Arabie saoudite.

À l’aube de ce GP du Japon, notons que la saison 2026 de F1 a produit deux courses imprévisibles alors que plusieurs équipes ont surpris la galerie. Toutefois, au sommet de la hiérarchie, Mercedes domine logiquement avec déjà 98 points, pas loin du maximum possible. Ses pilotes, George Russell (51 points), premier au championnat, et Kimi Antonelli (47 points), deuxième, ont réalisé un excellent début de saison. La maison allemande récolte ainsi le fruit d’avoir été l’une des premières, si ce n’est la première, à mettre sa nouvelle machine en chantier, dès l’annonce des nouveaux règlements en 2021.

La belle victoire de Kimi Antonelli en Chine, à seulement 19 ans, suivi de Russell, augure bien pour le reste de la saison. Pour les premiers Grands Prix tout au moins, seul un accrochage entre Russell et Antonelli semble pouvoir priver une Mercedes de la victoire dans des conditions normales de course. Mais Ferrari, deuxième au classement des constructeurs, livre des résultats plus que prometteurs. Charles Leclerc s’acquitte bien de sa tâche et Lewis Hamilton a réalisé en deux courses des résultats supérieurs à ce dont il avait été capable durant toute la saison passée. 4ᵉ en Australie, 3ᵉ en Chine, il semble bien placé pour faire la vie dure aux Mercedes, son ancienne équipe, tout au long de la saison, désormais ramenée à 22 Grands Prix.

À l’autre extrême du peloton, Aston Martin. Cette marque classique anglaise patauge dans la misère depuis trop longtemps et le début de saison 2026 est tout simplement catastrophique. Cela est imputable aux deux parties prenantes. D’abord à l’équipe technique de Aston Martin qui a trop attendu avant de se tourner exclusivement vers le développement de la nouvelle machine. Adrian Newey a produit une magnifique F1 pleine d’idées prometteuses, mais qui semble très complexe à mettre au point. De plus, son travail a été dilué par sa promotion (temporaire) au rôle de DG des activités courses. Newey a finalement perdu le poste de DG la semaine dernière, et se retrouve directeur technique. S’il est reconnu comme l’un des meilleurs ingénieurs de F1 au monde, et suprême en aérodynamique, il ne peut pas tout régler. Notons au passage que Lawrence Stroll, le grand patron chez Aston Martin, a tenté d’expliquer la décision de retirer à Newey le poste de DG par un communiqué de presse aussi indéchiffrable que sa stratégie trop souvent confuse. Et puis, il y a le motoriste Honda, qui a lui aussi échappé le bébé en livrant un moteur un peu tard, peu faible et qui produit des vibrations intenses qui blessent les pilotes assez pour empêcher Alonso de terminer en Chine. Le purgatoire de cette équipe devrait encore persister au Japon avant d’approcher peut-être le milieu de peloton durant l’été. Au mieux.

Début d’année désastreux aussi pour McLaren avec trois fois sur quatre des voitures incapables de prendre ne fut-ce que le départ ! Si le cas d’Oscar Piastri en Australie était à mettre sur le compte d’une sortie de piste dans le tour de formation, le double renoncement avant même le départ en Chine a été un coup terrible pour une équipe qui avait excellé en fiabilité durant les saisons 2024 et 2025.

Champion du monde en titre, Lando Norris, doit se contenter présentement des points de la 6ᵉ place à Melbourne comme unique résultat. Mais l’équipe est bonne, et on devrait revoir McLaren assez rapidement lutter avec Mercedes et Ferrari dans le groupe de tête à la mi-saison, tout comme Red Bull Racing. Malgré la forme encore brillante du pilotage de Max Verstappen, un Isack Hadjar de plus en plus mature et un moteur Ford RBPT qui a démontré un beau potentiel lors des essais présaison, l’équipe multichampionne peine en raison de multiples petits soucis techniques en ce début de saison. Rien d’alarmant cependant et il serait surprenant de ne pas voir un des deux pilotes sur le podium d’une des prochaines épreuves.

La bonne surprise de ce début de saison est certainement Haas. Quatrième chez les équipes avec 17 points, l’écurie américaine, désormais soutenue par Toyota, démontre qu’une voiture simple de conception et un moteur fiable (le Ferrari) demeurent des recettes efficaces. Oliver Bearman surprend lui aussi avec une solide 5ᵉ place au championnat des pilotes, tandis qu’Esteban Ocon fait chou blanc. Attendons-nous quand même à son retour au niveau de son coéquipier très rapidement.

Terminons ce tour d’horizon avec les cinq dernières équipes. D’abord Racing Bulls, qui affiche un total de points égal à Red Bull Racing (12) après deux courses, ce qui est satisfaisant. Reste à calmer Liam Lawson pour qu’il produise plus sur la piste et continuer le développement de la recrue Arvid Lindblad. Pour Alpine, le redressement semble fonctionner, comme l’a démontré l’épreuve de Shanghai avec Pierre Gasly et Franco Colapinto tous deux dans les points.

Williams elle, vit un début de saison compliqué en raison des retards de conception de la voiture mais les deux points marqués par Sainz en Chine sont prometteurs, alors qu’Audi a mis en piste une belle voiture manquant un peu de développement. Normal, encore que le départ soudain de James Wheatley apparaisse comme étrange... Enfin, Cadillac court, comme Aston Martin, après ses premiers points. Cette équipe nouvelle en F1 a au moins conçu une voiture fiable et au potentiel évident.

Les voitures de cette année, décriées par Verstappen, Alonso et d’autres comme trop complexes avec leur gestion de l’autonomie de la batterie, offriront un nouveau test de leurs capacités à Suzuka ce week-end. Sur un circuit fait de plusieurs virages à haute vitesse, le niveau d’appui inférieur des monoplaces 2026 par rapport aux modèles 2025, pourrait aussi ne pas tourner en faveur des voitures actuelles. Mais qui sait, le Grand Prix du Japon pourrait, comme souvent, offrir un scénario imprévu.