Peter Broeker a joué un rôle important dans le développement du sport automobile canadien. Son entreprise a manufacturé des échappements et des silencieux de rechange et, ingénieur de talent, il a conçu et construit sa propre voiture de course.
Peter Broeker est né à Stuttgart en Allemagne en 1929 de parents de descendance hollandaise. Sa famille se déplace beaucoup à travers le monde et le jeune Peter poursuit ses études dans différents pays. C’est lorsqu’il est au secondaire à Nashville au Tennessee qu’il commence à s’intéresser à la course automobile, notamment aux stock-cars qui roulent sur des pistes de terre battue.
Il sert ensuite dans l’armée américaine et puisqu’il détient la double nationalité canadienne et américaine, il déménage à Hamilton en Ontario en 1952 où il ouvre un garage de réparation automobile. Il s’établit ensuite à Montréal et s’associe à l’homme d’affaires John Stephens avec qui il démarre le garage Stebro. Et vers 1959, les deux fondent Stebro Exhaust Systems à Pointe-Claire au Québec ; une entreprise qui conçoit et fabrique des échappements et des silencieux de rechange en acier galvanisé destinés aux sportives anglaises et italiennes. Et ça marche.
C’est à Montréal et au contact des amateurs québécois que Broeker découvre un sport automobile à saveur européenne et les courses de monoplaces. Il est séduit. En 1960, il dessine une petite monoplace à moteur quatre cylindres avant et destinée à courir dans la catégorie Formule Junior. Broeker la pilote en 1961 puis produit une deuxième monoplace qui est confiée à John Cannon, et ensuite une autre pour Ernie de Vos, un immigrant des Pays-Bas.
C’est aussi en 1961 que la FIA réduit dramatiquement la cylindrée des moteurs de Formule 1 à 1500 cc. Il devenait alors “facile” de remplacer les petits moteurs de Formule Junior de 1,1 litre par des blocs de 1,5 litre.
Broeker se met au travail et dessine une toute nouvelle Stebro destinée à disputer le Grand Prix des États-Unis à Watkins Glen le 6 octobre 1963. Avec l’aide de son mécanicien Frank Romanelli, il construit un châssis tubulaire en chrome-molybdène habillé d’une carrosserie en aluminum, la Stebro Mk IV. Le moteur prévu est un bloc Ford modifié par Martin Engines au Royaume-Uni.
Dès les premiers essais en piste, Broeker découvre que ce moteur est une catastrophe qui ne fonctionne jamais correctement et ne possède aucune fiabilité. À quelques jours du départ pour Watkins Glen, Broeker se bricole un nouveau moteur à partir d’un bloc quatre cylindres Ford 109E dans lequel il intègre des pièces de performance qu’il trouve dans son atelier. Puis, la Stebro est haussée sur une remorque et c’est l’aventure.
Pas mieux que l’ancien…
Le nouveau moteur, qui développe 80 chevaux de moins que tous les autres, est à peine plus solide que l’ancien. Durant les qualifications, et explose son joint avant, vomissant toute son huile. Par chance, Broeker avait réussi à compléter un tour de piste qui lui procure le 21e et dernier temps, à 15”2 de la pole position réalisée par Graham Hill sur une BRM.
Dès le troisième tour de la course, sa boîte de vitesses Hewland MK IV se bloque sur le quatrième rapport. Broeker a bien du mal à négocier les virages, mais parvient à rallier l’arrivée en septième place à 22 tours du gagnant, Graham Hill. Ce sera le seul Grand Prix disputé par Broeker.
Un an plus tard, on le retrouve en Europe pour y disputer le championnat de Formule 2. Après quelques insuccès, il revient au Canada. Il installe un moteur Ford Lotus dans sa Stebro et remporte plusieurs victoires dans sa classe lors de courses de Formule Libre et de Formule B en Amérique du Nord.
À la fin de la saison 1968, Broeker est victime d’un gros accident sur le circuit du Mont-Tremblant. Le pilote s’en tire sans blessures , mais la Stebro est très endommagée.
Il poursuit sa carrière en achetant des Chevron et des March pour courir en Formule A et B d’abord, puis en Formule Atlantique jusqu’en 1976. On le voit même se faire plaisir en participant à quelques courses du Volant québécois, renommé série Honda Civic par la suite.
Il tire un trait sur le sport automobile pour se consacrer à son autre passion, les pièces de monnaie anciennes dont il est un grand collectionneur.
Un cancer foudroyant a raison de lui le 4 novembre 1980 après un bref séjour à l’hôpital général d’Ottawa. Peter Broeker aura donc été le premier Canadien à avoir disputé un Grand Prix de Formule 1.
Respect.
15 mai: Anniversaire de Peter Broeker, ce pilote canadien qui a fondé la compagnie Stebro et qui a couru en F1
Vendredi 15 mai 2026 par René FagnanCrédit photo: Photo Collections of The Henry Ford







