Présenté le week-end dernier au Circuit Paul Ricard, le Grand Prix de France Historique met en scène une rencontre rare entre les époques. Dans une ambiance de célébration populaire, on retrouvait lors de cette édition 2026 un plateau exceptionnel mêlant icônes et pilotes actuels, d'Alain Prost à Esteban Ocon, en passant par Jacques Villeneuve, Jean Alesi, Olivier Panis et Isack Hadjar.
Au-delà des courses d’anciennes monoplaces qui constituent le fil conducteur du week-end, c’est la dimension émotionnelle qui fait la différence. Point d’orgue des journées du samedi et du dimanche, la parade "Fast and Famous" a figé le temps, avec quelques tours hors compétition où se sont croisés époques et philosophies de pilotage. Une démonstration ponctuée de passes d’armes symboliques, qui a captivé le public.
Dans ce contexte, Isack Hadjar s’est offert une immersion saisissante en prenant le volant de la Red Bull RB7, championne du monde en 2011 avec Sebastian Vettel. Une expérience marquante pour le jeune Français : « C'est totalement différent » a soufflé le pilote Red Bull après ses premiers tours au volant d'une voiture qui n'a "que" 15 ans mais semble vraiment d'un autre âge, avec son aileron arrière étroit, sans écran sur le volant et avec seulement un affichage pour la vitesse enclenchée ! « C'est tellement léger, ça freine tellement tard » appréciait encore Hadjar. « Il y a un gros manque d'appui par rapport aux voitures actuelles mais c'est un V8 avec le bruit, les sensations, les vibrations. Je me suis bien amusé sachant que la voiture n'est pas du tout réglée pour moi ! » a-t-il conclu.
L’événement prend des airs de musée en action, avec des échanges spontanés et passionnés entre pilotes. Hadjar s’est attardé auprès de Jacques Villeneuve, installé dans une Ferrari 312 T5, ou encore d’Alain Prost dans sa McLaren MP4/3. Esteban Ocon, lui, a découvert la Ferrari 412 T2, quand René Arnoux et Philippe Alliot retrouvaient les bonnes vibrations de leurs machines d’époque.
Pour Olivier Panis, l’histoire s’est écrit avec une pointe de nostalgie. Privé de sa mythique Ligier JS43, conservée à l’étranger, il a pris la piste avec une Ligier JS33B. Un contretemps mécanique est venu perturber sa première apparition, mais l’essentiel était ailleurs : un hommage à Ligier : 50 ans de F1, 30 ans déjà depuis la victoire de Monaco ! Jacques Laffite (82 ans) était, lui, bien présent le dimanche; la veille, son fils Pierre avait pris la piste avec sa JS13. On avait également le privilège de voir évoluer Loïc Depailler, Mathias Lauda et Jacques Villeneuve au volant des machines de leurs illustres pères… Quelle émotion pour eux et pour les spectateurs !
Au-delà des voitures, c’est bien le public qui donne sa dimension à l’événement. Les tribunes pleines (25 000 spectateurs chaque jour) témoignent d’une passion intacte, quels que soient les âges. « Au début, il n'y avait que des gens de mon âge » soulignait Alliot, « alors que maintenant, on voit vraiment toutes les générations à cet événement » a-t-il ajouté.
En toile de fond, plusieurs figures du paddock actuel de la F1 avaient fait le déplacement, parmi lesquelles Stefano Domenicali, Frédéric Vasseur (Ferrari), Laurent Mekies (Red Bull), renforçant encore le prestige du rendez-vous. Entre proximité avec le public et richesse du plateau, le GP de France Historique s’impose au fil des ans comme une célébration unique du sport automobile. L’esprit du week-end tient en une idée simple, résumée par Jean Alesi : « Ce qui est magique dans des événements comme ça, c'est de partager ».
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Grand Prix de France Historique : De Prost à Hadjar en passant par Villeneuve, Alesi et d'autres...
Mardi 12 mai 2026 par Yann SéitéCrédit photo: Yann Séité







