La première course de la saison 2026 de Formule 1 en Australie a offert un spectacle inattendu. Les nouvelles voitures ont profondément changé la dynamique des courses, créant un écart de performance important entre les équipes : Mercedes domine largement, Aston Martin connaît un début catastrophique, tandis que Cadillac et le nouveau moteur Red Bull-Ford ont réussi leurs débuts.
Une F1 beaucoup plus compliquée à piloter
La grande nouveauté de cette saison concerne la gestion de l’énergie électrique. Autrefois, la stratégie se construisait progressivement pendant la course. Désormais, les décisions doivent être prises presque instantanément.
Le pilote travaille en permanence avec un ingénieur depuis le bord de piste. Ensemble, ils prennent des décisions tactiques immédiates à partir des sensations du pilote et d’un simulateur capable de prévoir les deux à cinq secondes suivantes en piste. La course devient ainsi une succession d’actions rapides plutôt qu’une simple gestion stratégique à long terme. Certains pilotes, à l’image des quatre champions du monde (Max Verstappen, Lewis Hamilton, Lando Norris et Fernando Alonso) ont fortement critiqué le concept de ces nouvelles monoplaces, considérant que leur pilotage est plus proche de celui d’une voiture de Formule E que de l’esprit même de la F1 avec ces nouvelles technologies.
Il faut dire que certains pilotes doivent lever le pied et à freiner plus tôt avant un virage afin de récupérer de l’énergie. Cela leur permet ensuite d’accélérer plus tôt et plus fort à la sortie, ce qui augmente la vitesse dans la ligne droite suivante mais, on a pu le constater à Melbourne, cela a rendu certaines séquences de dépassements, là encore, un peu artificielles.
Ferrari et le pari du petit turbo
Si Mercedes a logiquement dominé, n’étant jamais vraiment en position de perdre cette course, il faut parler de Ferrari et son excellent choix technique audacieux : utiliser un turbo plus petit et plus léger que ses rivaux. Lors des essais à Bahreïn, les avantages étaient évidents. Les Ferrari réalisaient d’excellents départs et pouvaient dépasser leurs adversaires dans les premiers 200 mètres.
Ce turbo plus compact rend aussi la voiture plus agile. Les pilotes peuvent entrer plus lentement dans les virages, changer de direction plus rapidement et accélérer plus tôt en sortie. Résultat : une meilleure vitesse dans les lignes droites suivantes et une voiture globalement plus facile à placer en virage.
Cependant, ce système a causé un problème au départ : l’embrayage hésitait parfois lors de l’engagement, ce qui pouvait provoquer des accrochages dans le peloton. Pour corriger la situation, la FIA a modifié la procédure de départ. Le temps autorisé pour faire monter en régime le turbo sur la grille est passé de cinq à dix secondes. Cette modification a permis d’augmenter l’énergie disponible et d’éliminer l’hésitation au moment du départ. En fait, seul Liam Lawson a manqué son départ, démarrant à une vitesse anormalement lente, ce qui a provoqué un peu de confusion derrière lui, tandis que les deux Ferrari sont parties comme des avions !
Reste à voir si les autres équipes adopteront elles aussi un turbo plus petit à l’avenir. Une telle décision impliquerait d’importants changements techniques et financiers, notamment dans la conception du moteur, la tuyauterie et les logiciels. Chaque équipe dispose de deux évolutions majeures durant la saison : certains pourraient donc choisir de modifier leur turbo en cours d’année.
Débuts réussis et incidents
Cadillac, nouvelle écurie du championnat, a plutôt bien réussi ses débuts, tout comme Audi qui a toutefois dû se passer de la voiture de Nico Hülkenberg en course, suite à des soucis techniques dans le tour de formation. Un tour fatidique aussi à Oscar Piastri, qui a percuté un mur, ce qui l’a éliminé de l’épreuve devant son public.
Isack Hadjar, pourtant très bien qualifié (3ᵉ tandis que Verstappen avait vu sa Q1 finir dans le mur) a été l’unique pilote à devoir abandonner en raison de problèmes mécaniques, si l’on fait abstraction des Aston Martin. Alonso s’est, comme prévu, arrêté après 21 tours tandis que Lance Stroll en a parcouru 15 en différentes étapes. Les vibrations engendrées par le moteur auraient pu engendrer des séquelles neurologiques dans les mains des pilotes s’ils avaient effectué plus de 25 tours. De toute manière, rien ne dit que ces monoplaces auraient été capables de finir la course, même dans le rythme de voitures de... F2 !
Bilan GP d’Australie : Mercedes intouchable, Ferrari surprenant et Aston Martin logiquement médiocre !
Lundi 9 mars 2026 par Marc CantinCrédit photo: Galeron







