Et si l’on pouvait effectuer un tour complet du circuit des 24 Heures du Mans sans quitter les installations de Ford à Dearborn ? C’est précisément ce que permet aujourd’hui le programme d’essais du futur moteur Hypercar de Ford Racing.
Dans une récente vidéo (voir ci-dessous) consacrée aux préparatifs du constructeur américain, le V8 de 5,4 litres dérivé de l’architecture Coyote est mis à l’épreuve sur un banc d’essai reproduisant virtuellement un tour complet du Circuit de la Sarthe. Chaque changement de rapport, chaque phase de freinage, notamment à l’approche du célèbre virage de Mulsanne, ainsi que les longues accélérations jusqu’à la chicane Ford précédant la ligne droite de départ/arrivée sont reproduits en temps réel.
Lorsque le moteur atteint sa pleine charge et franchit les 9000 tr/min, soit l’équivalent de la portion de la ligne droite des Hunaudières entre les deux chicanes et de la section entre les virages de Mulsanne et Indianapolis, la simulation offre ainsi une représentation particulièrement réaliste des contraintes qu’il devra affronter en compétition.
Pour Ford Racing, cette approche permet surtout de recueillir une quantité considérable de données avant même de prendre la piste. Le constructeur n’attend pas les premiers essais en circuit pour identifier les problèmes potentiels : le moteur est construit, testé, analysé et soumis à différentes conditions afin que les ingénieurs puissent déterminer précisément les secteurs nécessitant encore du travail.
Selon Christian Hertrich, l’ingénieur moteur en chef, le programme actuel puise notamment dans l’expérience acquise lors du développement de la légendaire GT40 dans les années 1960. Fait particulièrement symbolique, la cellule d’essais utilisée aujourd’hui pour le moteur Hypercar se trouve à seulement quelques dizaines de mètres des installations où Ford avait travaillé sur la GT40 il y a plus de 60 ans. Les enseignements tirés à cette époque continuent donc d’influencer les méthodes de travail actuelles, tandis que les données recueillies aujourd’hui serviront à orienter le développement des prochaines étapes du programme.
Le développement du prototype Ford Hypercar, qui prendra la piste en Championnat du monde d’Endurance (WEC) l’an prochain, avant son engagement en IMSA, ne se limite toutefois pas au groupe propulseur. Ford mène également des essais au Technology Centre de Caroline du Nord, où les pilotes travaillent sur une structure permettant de reproduire la position de conduite et les sensations à bord de la future voiture. Cette étape permet aux pilotes de commencer à évaluer l’ergonomie, la position de conduite et différents paramètres du comportement de la voiture avant même que celle-ci n’ait effectué son premier tour de roue sur un circuit.
Chaque détail est ainsi étudié et peaufiné en amont. L’objectif est clair : lorsque les pilotes et les ingénieurs arriveront au Mans, ils devront avoir éliminé autant d’inconnues que possible. Tout cela se fait évidemment en parallèle avec la construction des voitures pour la saison 2026 du WEC. Le calendrier commence d’ailleurs à se préciser : Ford Racing n’est plus qu’à quelques jours de son premier essai du prototype Hypercar destiné à concurrencer Ferrari, Toyota, Cadillac, BMW, Peugeot et d’autres, sur le circuit Paul-Ricard, en France. D’ici là, les séances sur le banc d’essai de Dearborn et les nombreuses heures consacrées au simulateur constituent des étapes essentielles de la préparation. Ainsi, avant même que le futur prototype ne s’élance pour son premier tour de piste, la technologie permet aujourd’hui de reproduire à l’identique et virtuellement les 13,626 kilomètres du Circuit de la Sarthe, offrant ainsi un gain de temps et de budget précieux pour cerner tous les pièges d’un engagement déjà très médiatisé aux prochaines 24 Heures du Mans.
Un tour du circuit des 24 Heures du Mans... sans que le moteur quitte le banc d'essai (+ vidéo)
Mardi 4 août 2026 par Julie BouchardCrédit photo: Ford Media








