Le circuit allemand de Hockenheim a présenté des milliers de courses automobiles, de motos, de camions et aussi des épreuves d’accélération. Moins spectaculaire, mais plus sécuritaire que le redoutable Nordschleife du Nürburgring, le Hockenheimring représente quand même un haut lieu du sport automobile allemand.
La version originale de ce tracé hyper rapide s’enfonce dans l’épaisse forêt et a été le théâtre de plusieurs accidents, parfois mortels, comme ceux survenus à Jim Clark, Patrick Depailler, Didier Pironi (blessé aux jambes) et récemment au pilote de moto Troy Beinlich. Plus près de nous, ce circuit qui a été la scène réjouissante du sacre du Québécois Bruno Spengler en série DTM en 2012.
L’histoire de ce circuit commence au début des années 1930. Malgré la popularité des épreuves de Grands Prix (pas encore identifiés comme de la Formule 1) il y avait peu de circuits automobiles à cette époque. En Allemagne, il y avait l’AVUS, le Deutschlandring, l’inévitable Nürburgring, le Sachsenring et quelques autres de moindre importance.
La région de Bade-Wurtemberg, aussi connue sous le nom français de Forêt-Noire et située près des villes de Heidelberg et de Mannheim, manque d’une installation permettant la tenue de courses de véhicules motorisés.
C’est à ce moment qu’un jeune assistant-chronométreur dans le monde des sports motorisés nommé Ernst Christ propose l’idée de faire construire un circuit tout près de sa ville natale de Hockenheim. Son projet est soutenu par le club automobile local, le Motorrad-Fahrer-Clubs Hockenheim. Le maire de la ville, Philipp Klein, est séduit par le projet de Christ et le présente à son conseil municipal. Le projet est approuvé à l’unanimité le 25 décembre 1931.
Les travaux commencent le 23 mars 1932 dans la forêt qui jouxte la petite ville de Hockenheim. L’idée à cette époque est de construire un circuit simple, très rapide avec assez peu de virages. Le but est aussi d’attirer les constructeurs automobiles à se servir de ces installations pour y effectuer des essais de développement et des validations de formes aérodynamiques.
Un long circuit tracé en pleine forêt
Le circuit, qui devait être temporaire à ce moment, est essentiellement tracé à partir des routes forestières existantes, ce qui facile le travail de construction. Il est long de presque 12 kilomètres et comporte deux très longues lignes droites reliées par deux courbes, ainsi qu’un long virage à droite situé dans la forêt et un autre plus court du côté opposé et situé au sein de la ville de Hockenheim.
La construction ne dure que deux mois et la première course, réservée à des motos, a lieu le 25 mai 1932. Le circuit baptisé Dreieckskurs (piste triangulaire) est relativement étroit et n’est pas pavé, mais est constitué d’un sol dur. Ce n’est qu’un peu plus tard que son appellation est changée pour celui de Hockenheimring. Ainsi, la ville allemande devient un nouveau lieu des sports mécaniques du pays.
Quelques années plus tard, le circuit est allongé et sert parfois de piste d'essais par les constructeurs germaniques Mercedes-Benz et Auto-Union.
Six ans plus tard, en 1938, le circuit est raccourci à 7,69 kilomètres et est rebaptisé Kurpfalzring (appellation qu'il gardera jusqu'en 1947). Le tracé est élargi, sa surface est asphaltée, des tribunes en bois sont érigées et on y intègre le terrible virage Ostkurve situé loin dans la forêt et qui sera le triste lieu de l’accident mortel de Patrick Depailler à bord sa monoplace de Formule 1 Alfa Romeo en 1980.
Au début des années 2000, le Hockenheimring est raccourci et redessiné par Hermann Tilke afin de répondre aux nouvelles normes de sécurité de la F1. Toute la partie ultra rapide située dans la forêt est abandonnée et le nouveau tracé serpente autour des gigantesques tribunes en béton, au grand désespoir des puristes.
23 mars: Début de la construction du circuit allemand de Hockenheim
Lundi 23 mars 2026 par René FagnanCrédit photo: Hockenheimring.de







