Si le monde de la F1 était heureux de se retrouver en piste le week-end dernier à Miami pour un retour important, après la pause jugée salutaire par tous les intervenants pour revoir en détail les nouveaux règlements et les correctifs à apporter aux monoplaces de Formule 1 après trois épreuves difficiles en début de saison, il est utile d’analyser les effets des changements et de la suite que l’on peut deviner pour les prochains Grands Prix, à commencer par celui du Canada dans moins de trois semaines.
Rappelons d’abord que le programme floridien comprenait une séance d’essais libres exceptionnellement allongée de 60 à 90 minutes vendredi et une des 6 manches Sprint prévues cette saison le samedi, avant de lancer les 22 pilotes en course dimanche. De quoi aider les équipes à intégrer les évolutions maisons (surtout aérodynamiques, apportées sur 18 des 22 voitures) et celles imposées par la Fédération internationale de l’Automobile (FIA) via les correctifs réglementaires.
Parmi les principales modifications imposées par la FIA et les intervenants concernés, les réglages de logiciel de gestion de l’énergie dans le but de rendre les qualifications plus serrées et améliorer la sécurité, en évitant les grands différentiels de vitesse entre des monoplaces lancées en tour qualif et celles qui ralentissent après un tour rapide. Sur ce point, on peut dire la qualité du travail accompli par la FIA et les équipes durant la pause a payé. Les pilotes étaient en mesure d’accomplir un tour complet sans trop lever le pied pour recharger leur batterie, ce qui a aidé au spectacle et à la sécurité. En plus d’être moins frustrant au niveau du pilotage évidemment !
En course, les changements réglementaires n’ont pas fait l’unanimité, mais la variété des meneurs, la belle remontée de Max Verstappen après son tête-à-queue au premier virage ou encore les rebondissements de fin de course (notamment le 360 degrés de Charles Leclerc lui occasionnant des places perdues et une pénalité) ont été appréciés des fans. Reste qu’il va falloir vivre avec ce règlement 2026 encore bien loin de rendre les monoplaces agréables à piloter. Car pour que les pilotes retrouvent des voitures leur permettant une exploitation maximale de leurs performances, il faudrait, à ce stade-ci, se priver presque complètement du moteur électrique, ce qui est incompatible avec la philosophie de la réglementation actuelle.
Après 4 Grands Prix disputés cette saison et à la veille du 5ᵉ à Montréal, deux conclusions sautent aux yeux :
- Kimi Antonelli a signé à Miami sa 3ᵉ victoire consécutive et se retrouve désormais, à même pas 19 ans, le favori pour le titre mondial des pilotes 2026,. Il démontre cette année tout son génie sur piste. À Miami, malgré un départ très moyen, il a géré sa course avec l’expérience d’un vétéran et il s’impose logiquement, 3,264 secondes devant Lando Norris, le champion en titre.
- Les problèmes de moteurs sont loin d’être résolus chez Honda avec l’équipe Aston Martin, et, dans une moindre mesure, chez Audi. La marque allemande doit fiabiliser son V6 turbo hybride mais il y a de l’espoir, tandis que chez Aston Martin, on reconnaît désormais à demi-mots que ce n’est pas avant les courses de septembre que l’on sera en mesure d’espérer marquer des points ! Cruel échec pour une équipe qui a beaucoup misé sur cette saison 2026 pour ramener Fernando Alonso au sommet et y amener éventuellement Lance Stroll, et pour Honda, multi-champion avec son moteur les années précédentes chez Red Bull.
La F1 va débarquer à Montréal dans deux semaines et demi avec un produit identique à Miami. En revanche, le tracé du circuit Gilles-Villeneuve est bien différent. Il mettra à plus rude épreuve les moteurs et les freins. À suivre...
La F1 fait son bilan du GP de Miami et se tourne vers Montréal : Antonelli au sommet et un règlement encore perfectible
Mardi 5 mai 2026 par Marc CantinCrédit photo: Galeron







