Un ambitieux projet de circuit automobile multifonctionnel mené par l’homme d’affaires trifluvien Réal Proulx aurait pu voir le jour à la fin des années ’80 et devenir potentiellement le nouveau site de présentation du Grand Prix de Trois-Rivières.
Courant mai 1986, les médias commencent à s’intéresser à un projet de circuit qui serait bâti tout près de l’aéroport de Trois-Rivières. Ce projet est piloté par Réal Proulx et est destiné à loger un centre de prévention et de formation à la conduite automobile (sportive et conventionnelle), un circuit de course automobile, un centre récréatif et un centre d’essais et de recherches liés à l’industrie automobile.
Le complexe motorisé de six millions dollars comprendrait un ovale de deux kilomètres, un circuit routier long de 3,9 km (qui emprunterait une partie de l’ovale), une piste d’accélération et une estrade principale pouvant accueillir 35 000 spectateurs.
Outre Proulx, les personnes impliquées dans le projet à cette époque sont Roger St-Arnaud, Robert Gauthier et Jacques Deshaies regroupés dans l’AMDA, l’Association mauricienne de développement de l’automobile qui gère le projet nommé Circuit Trois-Rivières Inc.
« Notre objectif était d’attirer le plus de disciplines possibles afin de rentabiliser l’investissement. Les installations auraient aussi servi durant l’hiver pour de la motoneige. Le circuit aurait profité de la grande proximité de l’aéroport et d’être situé au carrefour des autoroutes 55 et 40. C’était vraiment l’endroit idéal » nous a récemment expliqué Deshaies.
Quelques mois plus tard, un article publié dans le quotidien Le Nouvelliste de Trois-Rivières annonce que l’ovale sera réduit à ¾ de mille et que le circuit routier sera allongé à 4,6 km. Ce changement est peut-être dû à une reconfiguration des terrains. Au début de l’histoire, ces terrains adjacents à l’aéroport appartenaient, semble-t-il, au ministère des transports fédéral. Puis Le Nouvelliste précise que les terrains seraient loués ou cédés à la ville de Trois-Rivières qui les louerait ensuite à la corporation de la piste de course.
Une réserve d'eau potable à protéger
Un peu plus tard, les choses semblent bien progresser quand on peut lire que le promoteur du projet a obtenu les autorisations requises de la Commission de protection du territoire agricole du Québec.
C’est après cela que le projet a déraillé. « Nous avons alors découvert le ministère de l’environnement » ajoute Deshaies avec un sourire en coin. En effet, c’est sur les terrains convoités qu’étaient situés les huit puits artésiens destinés à alimenter en eau potable la ville de Trois-Rivières Ouest. De plus, il était prévu de creuser deux autres puits dans un avenir rapproché.
« La nappe phréatique était située sur les terrains destinés au projet » poursuit Deshaies. « Le ministère nous a demandé des études plus approfondies, car s’il y avait des déversements d’essence ou d’huile, cela contaminerait l’eau de la nappe phréatique avec des conséquences dramatiques ».
Cet obstacle met un sérieux coup de frein au projet. Les mois passent et Proulx n’obtient pas, semble-t-il, une subvention du fonds LaPrade pour soutenir l’investissement. De plus, aucune participation financière du gouvernement provincial ou fédéral n’est confirmée.
Courant 1988, le projet est finalement abandonné. « On s’est découragé face aux exigences du ministère et aux études qu’il fallait réaliser. Ça nous a fait peur » ajoute Deshaies qui précise « [Réal] Proulx avait des idées de grandeur. Il voulait vraiment que ça marche ».
Et ça n’a pas marché. Pas une seule pelletée de terre n’a été soulevée. Et le Grand Prix de Trois-Rivières n’a pas quitté le centre-ville de la cité trifluvienne.
Dossier : Le projet d’un circuit automobile multifonctionnel à Trois-Rivières meurt au feuilleton, en 1988
Jeudi 26 février 2026 par René FagnanCrédit photo: Tourismetroisrivieres.com/Photographe inconnu







