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WRC Sardaigne : Neuville meneur; Evans sous pression dans la course au titre

WRC Sardaigne : Neuville meneur; Evans sous pression dans la course au titre

Vendredi 2 octobre 2026 par Steeve Fortin
Crédit photo: Clément Tavernier

Crédit photo: Clément Tavernier

Couverture spéciale – Pole-Position est présent au Rallye de Sardaigne sous l'œil de notre photographe Clément Tavernier. Pendant toute la fin de semaine, suivez nos résumés quotidiens de l'épreuve et découvrez les meilleurs moments en images dans notre section Galeries photos.

Le Rallye de Sardaigne devait être l’avant-dernière manche de la saison 2026 du Championnat du monde des rallyes. Il en est finalement devenu le théâtre du dénouement. L’annulation de la portion WRC du Rallye d’Arabie saoudite, en raison de l’incertitude persistante dans la région et de ses conséquences sur la logistique de l’événement, a fait de cette 13e manche la finale du championnat.

Tous les regards sont donc tournés vers Elfyn Evans et Scott Martin sur Toyota GR Yaris Rally1. Meneur du championnat depuis le printemps, le Gallois arrive en Sardaigne avec 230 points, 17 de plus que Sami Pajari et 21 devant Oliver Solberg. Pour Evans, qui est passé près du titre à plusieurs reprises au cours de sa carrière, l’équation est relativement simple : une récolte d'au moins 19 points ce week-end lui assurerait un premier championnat du monde, peu importe les résultats de ses deux coéquipiers.

La tâche est cependant loin d’être gagnée. Avec 35 points disponibles et des routes sardes particulièrement cassantes, Pajari et Solberg possèdent encore une chance de renverser la situation. Evans doit aussi composer avec sa position d’ouvreur vendredi, un sérieux désavantage sur des routes sèches recouvertes d’une épaisse couche de gravier. Le Gallois l’avait lui-même anticipé avant le départ : protéger son avance au championnat ne serait pas suffisant. Il faudrait attaquer.

La Sardaigne accueille ainsi une finale inhabituelle à plusieurs égards. Présentée en octobre plutôt qu’à sa période habituelle du début de l’été, l’épreuve compte 17 spéciales et un peu plus de 307 kilomètres chronométrés. Elle marque également la dernière apparition en compétition de la génération actuelle des voitures Rally1 avant l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation en 2027.

Vendredi
Oliver Solberg et Elliott Edmondson ont été les premiers à montrer leurs intentions. Après avoir dominé le shakedown jeudi matin, les Suédois ont remportéé la courte super spéciale d’Ittiri en soirée devant Sébastien Ogier et Vincent Landais. Evans avait pris le troisième rang, seulement 1,1 seconde derrière son rival, alors que Pajari suivait immédiatement en quatrième position.

Le véritable Rallye de Sardaigne a toutefois commencé vendredi matin, lorsque les équipages se sont retrouvés sur les routes sèches et cassantes de l’intérieur de l’île. Adrien Fourmaux et Alexandre Coria sur Hyundai i20 N Rally1 ont immédiatement profité de leur position sur la route pour remporter Tula-Erula, tandis que Solberg subissait déjà des dommages à un pneu.

Fourmaux a ensuite hérité des commandes lorsque Sébastien Ogier a été victime d’une crevaison à l’avant droit dans Su Filigosu-Lerno. Le Français a perdu plus de 25 secondes dans l’incident, laissant Hyundai occuper les deux premières positions avec Fourmaux devant Thierry Neuville et Martijn Wydaeghe.

Solberg n’avait toutefois aucune intention de laisser filer ses chances au championnat. Dans les 23 kilomètres de Monti di Alà-Sa Conchedda-Lerno, le pilote Toyota a signé le meilleur temps devant Ogier et repris le troisième rang du classement général. Surtout, il a repoussé Evans à 16,5 secondes dans cette seule spéciale. À la pause de la mi-journée, Solberg avait déjà 16,8 secondes d’avance sur le meneur du championnat.

Evans payait alors le prix de sa position d’ouvreur. Premier à s’élancer sur les routes recouvertes de gravier meuble, il devait littéralement nettoyer la trajectoire pour ses poursuivants. Pajari en profitait lui aussi et terminait chacune des trois spéciales de la boucle matinale devant son coéquipier.

Fourmaux est reparti à l’attaque en après-midi. Il a remporté le deuxième passage de Tula-Erula devant Neuville et Dani Sordo, alors que Solberg connaissait une spéciale plus difficile et concédait 13,5 secondes au Français. Evans, sixième, parvenait cette fois à limiter les pertes et à reprendre quelques secondes à son rival suédois.

Mais la fin de journée allait appartenir à Neuville. Le Belge a remporté Su Filigosu-Lerno devant Solberg, puis s’est montré encore le plus rapide dans le dernier passage de Monti di Alà-Sa Conchedda-Lerno. Fourmaux possédait encore 4,7 secondes d’avance avant cette dernière spéciale, mais Neuville lui a repris 5,1 secondes pour s’emparer des commandes du rallye.

Après une journée où les crevaisons, les pierres et la gestion des pneus ont constamment menacé les équipages, seulement quatre dixièmes de seconde séparent les deux Hyundai. Neuville et Wydaeghe occupent la tête devant Fourmaux et Coria, tandis que Solberg et Edmondson restent parfaitement placés au troisième rang, à 12,7 secondes du meneur.

Pour la course au championnat, c’est surtout l’écart creusé par Solberg qui retient l’attention. Malgré son problème de pneu du matin, le Suédois termine vendredi avec 27,9 secondes d’avance sur Pajari et surtout 56,6 secondes sur Evans. Pajari occupe le cinquième rang derrière Ogier, tandis qu’Evans se retrouve sixième après avoir souffert toute la journée de sa position sur la route.

Evans demeure néanmoins maître de son destin. Son avance de 17 points au championnat lui laisse une marge importante, mais la première journée en Sardaigne a confirmé ce qu’il craignait avant le départ : il ne pourra pas simplement gérer son avance jusqu’à dimanche. Avec six autres spéciales samedi et encore les points du Super Sunday et de la Power Stage à distribuer, Solberg et Pajari ont encore deux journées pour tenter de lui arracher ce premier titre mondial.