Site officiel de Pole-Position Magazine - Le seul magazine québécois de sport automobile

www.Poleposition.ca

Site officiel de Pole-Position Magazine

28 septembre: Décès de Rudolf Caracciola, grande star des Grands Prix d’entre deux guerres

28 septembre: Décès de Rudolf Caracciola, grande star des Grands Prix d’entre deux guerres

Lundi 28 septembre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Wikimedia Commons via Picryl.com

Crédit photo: Wikimedia Commons via Picryl.com

Pilote au talent exceptionnel, capable de gagner dans plusieurs catégories et invraisemblablement à l’aise sous la pluie, Rudolf “Rudy” Caracciola a connu une carrière remarquable marquée par ses 225 victoires et ses nombreuses années passées à titre de pilote Mercedes-Benz.

Les parents de Rudolf, Maximilian et Mathilde, étaient des descendance italienne provenant de Naples et possédaient un hôtel à Remagen en Allemagne. Né le 31 janvier 1901, “Rudy” s’intéresse rapidement aux voitures et à 14 ans claironne qu’il sera coureur automobile. Il devient apprenti à l’usine du constructeur automobile Fafnir situé à Dresden. C’est toutefois à moto qu’il commence à courir avant de passer à l’automobile.

Ses nombreux succès le propulsent en Grand Prix chez Mercedes où il remporte 16 victoires en 18 courses en 1926. Il décroche sa première grande victoire le 11 juillet 1926 au Grand Prix d’Allemagne sur l’AVUS sous une pluie battante à bord d’une Mercedes M218 huit cylindres de deux litres à compresseur. La presse le surnomme alors “Regenmeister“, le maître sous la pluie.

L’importante bourse en argent offerte lui permet de démarrer une concession de voitures Mercedes et d’épouser Charlotte, dite Charly. Rudy dispute alors des épreuves moins prestigieuses et court aussi en courses de côtes. En 1929, il participe au premier Grand Prix de Monaco aux commandes d’une voiture sport, une Mercedes SSK de 7,1 litres, et termine au troisième rang. Cette même année, il remporte la victoire au International Tourist Trophy de l’Isle of Man.

Cependant, l’économie mondiale est alors durement touchée par la grande dépression de 1929. Mercedes se retire de la compétition et Caracciola doit fermer son garage. Par chance, il a acheté son ancienne voiture de compétition et peut continuer à courir sporadiquement avec le soutien discret, mais réduit de la firme allemande. En 1931, il devient le premier non-Italien à remporter l’épreuve des Mille Miglia en Italie.

En 1932, Rudy signe pour courir chez Alfa Romeo avec la promesse de retourner chez Mercedes quand l’entreprise reviendra officiellement en Grand Prix. Au début de 1933, Alfa se retire elle aussi de la compétition. Caracciola et son ami Louis Chiron fondent alors une écurie privée, Scuderia C.C., et achètent trois Alfa Romeo C8. Lors des essais du Grand Prix de Monaco, Rudy perd le contrôle de sa voiture qui percute un mur. Il est opéré de plusieurs fractures au bassin et à la jambe droite.Il passe six mois plâtré et les médecins doutent qu’il pourra piloter à nouveau.

Il souffre des séquelles de son accident

Alors qu’il récupère, Alfred Neubauer, le patron de l’écurie de course Mercedes, lui fait signer un contrat pour la saison 1934. Cependant, la malheur frappe durement quand son épouse Charlotte meurt dans une avalanche alors qu’elle fait du ski dans les Alpes.

Début 1935, Rudy, handicapé par sa jambe droite plus courte de cinq centimètres que sa gauche, découvre la Mercedes W25. Il n’a rien perdu de sa vitesse, mais il souffre beaucoup de sa hanche meurtrie. Un an plus tard, il remporte quatre des sept Grands Prix et est sacré champion. En 1936, les Mercedes sont en retrait et commence une intense rivalité entre Caracciola et Bernd Rosemeyer de l’écurie Auto Union. Côté coeur, Rudy se prend d’amour pour Alice Hoffmann, la compagne de Louis Chiron, et l’épouse.

En 1937, Mercedes-Benz revient à la compétition avec la W124 à moteur huit cylindres de 5,6 litres de 650 chevaux. Caracciola devient champion pour une deuxième fois en 1937 et une troisième fois en 1938 à bord d’une W154 à moteur V12 de trois litres. Caracciola et Rosemeyer, se partagent de nombreuses victoires et des titres, figurent parmi les plus grands pilotes de cette époque.

Un autre malheur survient en janvier 1938. Caracciola, qui souffre toujours de sa hanche et de sa jambe au volant, bat plusieurs records de vitesse établis par Rosemeyer et Auto Union. Tentant de reprendre son bien, le bolide de ce dernier est déstabilisé par un violent coup de vent alors qu’il file à plus de 400 km/h. L'Auto Union quitte la route et s’écrase violemment, tuant Rosemeyer.

Rudy gagne le Grand Prix d’Allemagne en 1939, mais quelques semaines plus tard, l’armée allemande envahie la Pologne et c’est le début de la deuxième guerre. Caracciola récupère chez lui à Lugano en Suisse deux Mercedes W165 pour qu’elles ne soient pas détruites. Toutefois, les deux voitures sont confisquées par les autorités suisses. À cause du conflit mondial, le sport automobile européen est mis sur pause jusqu’en 1945.

Caracciola est invité par Joel Thorne à participer à l’Indy 500 de 1946. Heureusement qu’il porte un casque de conducteur de tank durant les essais, car sa tête est percutée par un objet, un oiseau semble-t-il, et son bolide hors contrôle percute durement le mur en béton. Il souffre d’une grave commotion cérébrale et passe quelques jours dans le coma.

Rudy revient à la compétition en 1952 avec Mercedes et pilote une W194. Sa carrière sportive prend fin avec un autre accident qui survient au Grand Prix de Suisse. Les freins de sa 300SL se bloquent et sa voiture glisse et percute un arbre, ce qui lui fracture la jambe gauche, ce qui le contraint à utiliser un fauteuil roulant et des béquilles pendant plusieurs mois. Rudy comprend que sa carrière sportive est terminée. Il devient alors une sorte d’ambassadeur pour la marque Mercedes.

Au début de l’année 1959, il tombe malade et développe les signes d’une jaunisse. Un an plus tard, les médecins découvrent qu’il souffre d’une cirrhose du foie. Le 28 septembre 1959, il succombe à une insuffisance hépatique.