Le premier Grand Prix d’Espagne disputé sur le nouveau circuit Madring aura finalement confirmé deux tendances lourdes de la saison 2026 : la domination de Kimi Antonelli et les difficultés persistantes de plusieurs équipes, au premier rang desquelles Aston Martin. En remportant sa huitième victoire de la saison, le jeune Italien de Mercedes a encore accru son avance au championnat, qui atteint maintenant 81 points sur son équipier George Russell.
Avec 292 points contre 211 à Russell, Antonelli dispose désormais d’une marge considérable alors qu’il reste théoriquement 8 épreuves au calendrier, si l’on tient compte du remplacement des Grands Prix du Qtaar et D’Abou Dhabi par Imola, ce qui sera confirmé sous peu visiblement. Le titre n’est donc pas mathématiquement assuré, mais sa conquête par Antonelli apparaît de plus en plus comme une formalité si Mercedes conserve sa forme actuelle.
Pour cette première visite de la Formule 1 au Madring, toutes les équipes partaient pratiquement d’une feuille blanche. Le circuit de 5,416 km, aménagé autour du complexe IFEMA, avec son fameux virage incliné jusqu’à 24 degrés appelé Monumental, constituait un élément de crainte autant que d’intérêt.
Au départ, Hamilton, chaussé de pneus tendres, a tenté de se mêler à la lutte, mais le premier virage a rapidement provoqué quelques trajectoires hors piste. Verstappen et Antonelli ont notamment dû couper une partie du tracé, le Néerlandais laissant ensuite repasser ses rivaux pour éviter une éventuelle pénalité. Norris semblait alors avoir toutes les cartes en main. Après dix tours, il possédait déjà environ cinq secondes d’avance sur Antonelli et plus de dix secondes sur Verstappen. Mais la brève intervention de Voiture de sécurité virtuelle, le temps de dégager l’Aston Martin de Lance Stroll arrêtée suite à un problème de freins, allait complètement modifier la physionomie de la course. Appelé aux puits alors que la fenêtre idéale se refermait, Norris a perdu la course à cet instant. Le pilote McLaren s’est retrouvé cinquième, à plus de 16 secondes de la tête.
Antonelli, Verstappen et Russell avaient, eux, profité de la neutralisation pour effectuer leur arrêt. Le scénario venait de basculer. Antonelli a ensuite fait preuve d’une remarquable maîtrise, malgré un problème de comportement signalé sur sa Mercedes et deux avertissements pour dépassement des limites de piste. Scénario inverse pour son coéquipier George Russell : son choix de pneus durs au départ l’a obligé à effectuer un deuxième arrêt dès le 28e tour, compromettant ses chances de victoire. Il a néanmoins sauvé la cinquième place, à moins d’une seconde de Leclerc.
Devant, Antonelli, Verstappen et Norris se sont retrouvés regroupés en fin d’épreuve. Malgré la pression du pilote Red Bull puis celle de Norris, les possibilités de dépassement se sont révélées pratiquement inexistantes. Verstappen a même dû couper une chicane dans les derniers tours en raison du trafic des retardataires. Antonelli a finalement franchi la ligne avec 4,351 secondes d’avance sur Verstappen et 5,089 sur Norris. Leclerc et Russell complètent le top cinq, devant Lawson, Colapinto, Piastri, Lindblad et Nico Hülkenberg.
Pour Norris, cette troisième place est particulièrement frustrante. Parti en pole et dominant nettement le début de course, il avait probablement la voiture et le rythme nécessaires pour s’imposer. Avec désormais 106 points de retard sur Antonelli, ses espoirs de titre se sont considérablement amenuisés.
La situation est encore plus préoccupante chez Aston Martin. Fernando Alonso a terminé 17e, tandis que Stroll a abandonné après seulement 12 tours. L’équipe britannique n’a jamais été dans le rythme à Madrid. C’est un autre Grand Prix désastreux. Celui de trop pour Alonso, dont les rumeurs de retraite de la F1 ont refait surface ?
Reste maintenant à savoir si le tracé madrilène évoluera. Les pilotes ont souligné ses possibilités de dépassement limitées et certaines sections trop étroites. Norris, Antonelli et plusieurs autres concurrents ont déjà évoqué des modifications possibles, notamment dans les derniers secteurs. Les organisateurs ont indiqué que le circuit pourrait être adapté à partir des enseignements de cette première édition. Une chose, elle, ne semble pas devoir changer à court terme : Kimi Antonelli reste plus que jamais le favori pour le titre.
Bilan du GP d'Espagne : Antonelli poursuit sa marche triomphale à Madrid, Aston Martin en pleine déroute
Lundi 14 septembre 2026 par Marc CantinCrédit photo: Galeron






