Alana Carter n'a pas suivi la trajectoire classique d'une jeune pilote élevée dans les paddocks de monoplace. De la terre battue de l'Alberta aux circuits américains, en passant par la Grande-Bretagne et désormais la Coupe Radical Canada, la Canadienne a construit sa carrière par étapes, en s’ouvrant elle-même les opportunités lui permettant de franchir la suivante. Une méthode qui commence sérieusement à porter ses fruits.
Originaire de Fort Saskatchewan, en Alberta, Carter découvre d'abord la compétition en stock-car sur asphalte avant de passer aux puissantes Dirt Late Models. Encore adolescente, elle pilote notamment une voiture de 620 chevaux et accumule les résultats jusqu'à devenir en 2019 la première femme, mais également la plus jeune pilote, à remporter le Western Cup Memorial Championship. La suite de sa carrière va pourtant l'emmener très loin des ovales.
En 2022, Carter remporte la compétition internationale Formula Woman, ce qui lui ouvre les portes de la Grande-Bretagne et des compétitions GT. Elle dispute notamment des épreuves au volant d'une Lotus Emira GT4, avant de poursuivre son apprentissage des circuits routiers anglais.
Un an plus tard, nouveau défi particulièrement original : elle devient pilote de développement de la Scalar Performance SCR1, une voiture de tourisme de compétition entièrement électrique dérivée de la Toyota GR86. Le projet lui permet notamment de courir aux États-Unis dans le cadre de la série NASA.
En 2024, Carter revient davantage sur la scène canadienne en rejoignant la structure Radical Academy. Elle devient alors la première femme engagée avec cette nouvelle entité en Emzone Coupe Radical Canada présentée par Michelin, au volant d'une Radical SR3.
L'aventure se poursuit cette saison. Carter partage désormais le programme Radical Academy avec Sydney Cassels, jeune pilote de 17 ans auprès de laquelle elle joue également un rôle de mentor.
Le récent rendez-vous urbain de Markham a illustré les progrès des deux Canadiennes. Cassels y a décroché la troisième place de la première course tandis que Carter terminait quatrième. Cette dernière a ensuite abandonné lors de la seconde épreuve, après s’être pourtant élancée en première ligne puis avoir effectué à un tête-à-queue lors des premiers tours, alors qu’elle était troisième. Mais le programme canadien ne représente aujourd'hui qu'une partie de l'activité d’Alana Carter.
Sa carrière a pris une nouvelle dimension lorsqu'elle a remporté en 2025 le concours de sélection organisé par AE Victory Racing. Elle a alors rejoint l'équipe pour disputer la World Racing League, un championnat américain d'endurance, au volant d'une Toyota Supra GT4.
Carter s'y est distinguée rapidement, avec deux autres pilotes féminines : Sarah Montgomery et Ashley Freiberg. À Road Atlanta, leur équipage a décroché deux podiums en catégorie GTO avant de franchir une étape supplémentaire quelques mois plus tard dans l'Utah avec une victoire.
Son programme américain a continué de s'étoffer. Carter effectua également ses débuts en série TC America de l’organisation SRO à Barber Motorsports Park, toujours en 2025, mlontant immédiatement sur le podium. Elle disputa ensuite la finale d'Indianapolis au volant d'une Hyundai Elantra N1 TC EVO de Ricca Autosport.
Cette année, Alana Carter poursuit parallèlement son engagement en endurance avec AE Victory Racing. Il y a peu, la Toyota Supra GT4 EVO2 qu'elle partage notamment avec Michele Abbate et Hannah Grisham s'est encore battue aux avant-postes à Road Atlanta.
À défaut d'avoir bénéficié d'une filière traditionnelle menant directement vers les grandes séries professionnelles, la Canadienne a multiplié les expériences : ovale, terre, GT4, voiture électrique, prototypes Radical, Touring Car et endurance. Elle est aujourd'hui simultanément pilote au Canada, aux États-Unis et mentor auprès de la nouvelle génération. À 17 ans, Sydney Cassels vient justement de décrocher son premier podium en Coupe Radical Canada à Markham. Une belle illustration du chemin parcouru : Alana Carter cherchait encore récemment les opportunités pour construire sa propre carrière. Elle contribue désormais à en créer pour celles qui arrivent derrière elle.
Alana Carter : Du Canada aux circuits américains, une carrière construite à force de défis
Vendredi 28 août 2026 par André CahuzacCrédit photo: Bruno Dorais






