Après des difficultés importantes lors des trois premiers Grand Prix de 2026, puis la pause de cinq semaines née de l’annulation des manches de Bahreïn et d’Arabie saoudite, le retour à l’action cette fin de semaine avec le Grand Prix de Miami permettra aux équipes de consolider et appliquer les changements entérinés le 20 avril dernier par une réunion exceptionnelle des équipes et des dirigeants de la série.
Derrière le discours quelque peu caricatural du "tout le monde est heureux" du président de la F1 Stefano Domenicali, cette épreuve de Miami sera une première occasion de démontrer aux pilotes mais aussi aux fans que les correctifs apportés sont efficaces au niveau du plaisir de pilotage et de l’intérêt pour les spectateurs.
Nous voici cependant déjà à parler d’un autre totalement nouveau règlement F1, prévu par la Fédération internationale de l’automobile (FIA) pour 2031 et qui évitera les complications et erreurs commises dans la préparation du règlement 2026 universellement rejeté par les équipes et les principaux intervenants.
Même Domenicali a avoué récemment que le règlement F1 2026 coûte trop cher à réaliser, est trop complexe mécaniquement et sans application possible sur les voitures de grandes séries. Ironiquement, les études de marché payées par la FIA ont cependant démontré que les spectateurs ont bien aimé les trois premières courses de la saison. C’est un peu le payeur qui se fait dire ce qu’il veut entendre !
Selon Stefano Domenicali, le règlement 2031 retournera donc vers la simplicité selon le plan suivant :
• Échéancier : Le règlement 2031 sera finalisé cette année (2026) afin de donner le temps à tout le monde de bien lancer leurs projets en temps et en heure selon des bases solides dès le début.
• Attitude de la FIA et de la F1 : On admet que le règlement technique 2026 est trop complexe et basé sur une connaissance inadéquate des besoins et plans des grands fabricants. Le règlement 2031 sera basé sur des technologies que les manufacturiers recherchent, notamment en stratégies technique et commerciale. Ce qui signifie des moteurs avec moins d’importance donnée à la propulsion électrique, voire plus du tout avec une porte laissée ouverte pour le retour des moteurs V8 atmosphériques.
L’électricité est un concept décidé en 2022 pour les moteurs 2026. À moyen et long terme, la propulsion automobile par l’électrique est loin d’être limpide avec :
- une demande qui fluctue et est carrément à la baisse présentement,
- une infrastructure très coûteuse pour toutes les applications concernées,
- l’attraction de l’hybride (essence/électricité) est clairement plus élevée dans le marché des voitures de série,
- la disponibilité de petites voitures urbaines électriques hybride simple et pas chères,
- l’augmentation de l’efficacité des petits moteurs à combustion interne (CI),
- l’arrivée des carburants universels renouvelables, propres et sans fossiles,
- la mainmise quasi totale de la Chine sur les sources des éléments rares essentiels pour l’électrification;
- le risque financier de dépenser des milliards pour développer un produit et une infrastructure obsolète à court terme.
Les manufacturiers engagés en F1, les dirigeants de la série et la FIA se tournent de plus en plus vers des groupes propulseurs hybrides simples avec moteur à combustion interne plus efficaces et moins coûteux.
Le nouveau règlement moteur prévu pour 2031 sera semble-t-il créé en répondant à ces besoins et priorités. De la réglementation actuelle, une seule chose est certaine d’être conservée : l’utilisation du carburant universel renouvelable, le biocarburant. Cet aspect émerge comme le facteur le plus important parmi tant d’autres dans ce dossier. L’enjeu est universel : arrêter la pollution produite par l’usage de produits basé sur le carbone issu des fossiles.
La F1 utilise déjà en 2026 un carburant 100% renouvelable qui servira éventuellement comme base pour le règlement 2031. Il s’agit d’un carburant synthétique utilisable dans toutes les formes de moteur CI. Ce carburant contient 99% de matières renouvelables, provenant surtout de carburants synthétiques produisant de l’hydrogène verte, de biomasse non comestible, comme les restes de l’agriculture, des algues spécialisées, et d’autre matières organiques inutiles pour la consommation humaine ou animale, ou encore de carbone extrait de déchets municipaux et industriels.
Un partenariat Aramco-Petronas, ainsi que d’autres grandes pétrolières, travaillent sur ce nouveau carburant afin de le produire à un coût de production et de volume réalistes. À la clé, la FIA et l’industrie visent l’élimination de la pollution au niveau courant, la simplification des groupes moteur et la réduction de leur coût de fabrication et de consommation. La nouvelle F1 de 2031 devra refléter ces objectifs.
D’ici là, il faudra améliorer encore et encore la réglementation actuelle afin de ne pas perdre fans et pilotes vedettes. Pour rappel, la popularité de la F1 en 2025 était impressionnante. En voici trois exemples pour conclure :
• Auditoire total cumulé : 1.83 milliard de personnes (+ 6.8% sur 2024);
• Auditoire moyen par course : 76,1 millions (excluant YouTube);
• Auditoire total à la piste : + 19.8%.
La base des règlements 2031 de la F1 communiquée cette année : Vers un retour des moteurs V8 ?
Mercredi 29 avril 2026 par Marc CantinCrédit photo: Galeron







