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Rétro 1972: Pilote BRM en F1, Helmut Marko perd un œil lors du GP de France

Rétro 1972: Pilote BRM en F1, Helmut Marko perd un œil lors du GP de France

Dimanche 4 janvier 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Internet/Photographe inconnu

Crédit photo: Internet/Photographe inconnu

Après avoir œuvré durant plus de 20 ans comme conseiller spécial de Red Bull en sport automobile, Helmut Marko, âgé de 82 ans, a récemment quitté l’écurie de Formule 1 et a pris sa retraite.

Marko a été un excellent pilote lui-même, mais sa carrière a été brusquement stoppée à cause d’un étrange accident survenu lors d’un Grand Prix de France.

Ami proche d’autres pilotes autrichiens tels que Jochen Rindt, Harald Ertl et Niki Lauda, Helmut Marko a couru dans diverses catégories avant de s’attaquer à l’Endurance. Il termine troisième des 24 Heures du Mans en 1970 sur une Porsche 908/2, puis gagne la célèbre course un an plus tard en compagnie du Néerlandais Gijs van Lennep sur une Porsche 917 K de l’écurie Martini Racing Team. Il remporte aussi le Championnat d'Europe des voitures de sport 2 litres aux commandes de Lola T210 et 212 à moteur quatre cylindres Ford.

Cette année 1971 marque ses débuts en Formule 1. Il est inscrit au Grand Prix d’Allemagne sur une McLaren M7C privée de l’écurie Bonnier. La McLaren est très mal préparée et tombe en panne dès le début des essais libres. Marko refuse de remonter à bord. Il dispute quatre épreuves cette même saison au volant d’une BRM 153 de l’écurie officielle Yardley Team BRM. Il termine en 11e position chez lui en Autriche.

En 1972, il reçoit l’appui financier de Marlboro Autriche et roule sur différents modèles de BRM. Il se classe 10e à deux reprises, en Argentine et en Belgique, et récolte une belle huitième place dans les rues sinueuses de Monaco.

Des pierres volcaniques

Le Grand Prix suivant est celui de France le 2 juillet 1972. Il est présenté sur le circuit de Clermont-Ferrand, aussi connu comme celui de Charade. C’est un circuit difficile, tracé à flanc de montagne. C’est en Auvergne, une région volcanique. Les abords de la piste sont donc couverts de silex volcaniques ; des roches chimiques siliceuses extrêmement dures et pointues.

Au volant de sa BRM 160B à moteur V12, Marko se qualifie en sixième place devant la Tyrrell 002-Ford de François Cevert et la Lotus 72D-Ford d’Emerson Fittipaldi. La course démarre et Marko occupe d’abord la cinquième place. Au cinquième tour, il se fait doubler par Fittipaldi et tombe sixième.

Durant le neuvième tour, la Lotus de Fittipaldi sort un peu large d’un virage et l’un ses énormes pneus arrière projette une pierre vers l’arrière, droit vers la BRM de Marko. Comble de malheur, la pierre percute directement son casque, perfore la visière et crève son œil gauche.

Interviewé par Speedweek.com, Marko déclare « Je voulais m’arrêter le plus rapidement possible, car la voiture transportait alors 250 litres d’essence et il y avait 16 voitures qui pouvaient me percuter avec des conséquences fatales ». Il réussit à immobiliser sa monoplace sur le bas-côté, souffrant de martyre. Les équipes de secours interviennent et le transportent au centre médical du circuit avant qu’il soit évacué vers un hôpital.

Les médecins ne peuvent pas faire grand-chose, car les dégâts sont trop importants. Marko est transféré à Graz, où il doit passer plusieurs semaines avec les deux yeux bandés. À 29 ans, il sait que sa carrière sportive est terminée.

Les casques des pilotes de F1 d’aujourd’hui doivent répondre à la norme FIA 8859-2024 dont les essais en laboratoire certifient que la visière peut résister à un projectile lancé à grande vitesse. La visière doit démontrer sa capacité à absorber l'énergie et à empêcher la pénétration d’objets.

Mais en 1972, les choses étaient très différentes. Un expert en la matière, le Français Jacques SamAlens qui a travaillé pour les entreprises de casques Bell et GPA, nous explique qu’en 1972 les visières étaient découpés dans des plaques de polycarbonate d’une épaisseur de seulement 1,5 mm et pliées pour adopter la rondeur du casque. Cependant, une fois courbé, le polycarbonate devenait fragile avec le temps, car il était sensible aux hydrocarbures et aux ultraviolets. C’est ce qui explique pourquoi la pierre a pu perforer la visière du casque d’Helmut Marko.

L’Autrichien est ensuite devenu gérant de pilotes et a fondé son écurie de Formule 3000. Il a ensuite été recruté par son compatriote, Dietrich Mateschitz, copropriétaire des boissons Red Bull, afin de créer une filière de développement des coureurs automobile et de veiller sur l’écurie de F1 Red Bull Racing.