Le week-end dernier à Spa-Francorchamps, les courses de soutien étaient la Formule 3, la Formule 2 et la Porsche Mobil 1 Supercup. Si le Mexicain Ernesto Rivera (Campos Racing), le Brésilien Rafael Câmara (Invicta Racing) et le Néerlandais Flynt Schuring (Schumacher CLRT) se sont respectivement imposés dans leur catégorie, aucun pilote belge ne figurait sur les grilles de départ.
Ce constat n’est pas anodin. Lors du Grand Prix du Canada, en mai dernier, aucun pilote canadien ne participait non plus à la Formule 2 ou à la F1 Academy (hormis Autumn Fisher, qui a bénéficié de sa "Wild Card"). Les séries annexes européennes, mais aussi nord-américaines, comptent de moins en moins de pilotes locaux lors des week-ends de Grand Prix. Cette situation s’explique principalement par deux raisons. La première est financière. La Formule 1 est la catégorie emblématique, mais le parcours pour y accéder est extrêmement coûteux. Isack Hadjar (Red Bull) l’avait d’ailleurs évoqué lors de sa première année en F1 dans l’émission Zack en roue libre. Le jeune Français expliquait que les coûts pour accéder à la Formule 3 puis à la Formule 2 se chiffrent en millions : « C’est un système compliqué où tu dois payer tes saisons. [...] La F3 et la F2, ce sont des coûts qu’on ne peut pas se payer. Ma mère a réussi à trouver des commanditaires pour financer une partie de la saison et Red Bull payait le reste. Jusqu’à l’année dernière, c’était sans répit financièrement parlant. » Max Verstappen (Red Bull), pourtant né en Belgique, a d’ailleurs choisi de courir sous la nationalité néerlandaise afin de bénéficier d’un meilleur soutien au niveau des commanditaires titres.
La seconde raison réside dans l’absence d’écuries nationales capables d’accompagner les jeunes talents. Ni la Belgique ni le Canada ne disposent aujourd’hui d’une structure engagée en Formule 2 ou en Formule 3 pouvant soutenir leurs futurs pilotes. Le dernier belge à avoir participé à la Formule 2 ou à la Formule 3 est Amaury Cordeel, originaire de Bornem, en région flamande. Il a disputé quatre saisons en Formule 2, de 2022 à 2025, avant de s’orienter vers l’Endurance et le GT3, où il évolue désormais avec l’équipe belge WRT. Pourtant, la Belgique ne manque pas de jeunes talents. Benjamin Paque avait participé en tant qu’invité à la manche de Porsche Supercup disputée à Spa-Francorchamps en 2025. Cette saison, il évolue en 24H Series, où il est déjà monté sur la troisième marche du podium en catégorie Pro-Am.
Même situation avec les pilotes canadiens : hormis Lance Stroll et Nicholas Latifi qui ont toujours été soutenus par leurs importants moyens financiers familiaux, il faut remonter 20 ans en arrière et les derniers Grands Prix de Jacques Villeneuve pour trouver trace d'un pilote canadien en F1. Pour la F2, hormis Latifi, c'est encore plus loin : Stéphane Proulx, Claude Bourbonnais ou encore Bertrand Godin n'ont plus été vus dans la série (F3000 à L'époque) depuis la fin des années 1990.
En Belgique, malgré de très nombreux pilotes évoluant dans des séries internationales en Endurance, en ce qui concerne la monoplace un nom est revenu à plusieurs reprises le week-end dernier à Spa-Francorchamps : Dries Van Langendonck. Le jeune pilote, actuellement engagé en Formule 4 britannique, vient de rejoindre Verstappen Racing tout en faisant toujours partie du programme de développement de McLaren. Max Verstappen s’est d’ailleurs exprimé à son sujet jeudi devant les journalistes : « Je le suis depuis longtemps. On a parlé de l’avenir et ça devrait matcher entre nous. On a le même objectif : emmener Dries au sommet. Je veux l’aider grâce à mon expérience dans le paddock. On travaille beaucoup avec ma société de simulation ainsi qu’avec des pilotes de F2 et de F3. Dries a du talent, mais il n’a que 15 ans et il a encore beaucoup à apprendre. On veut l’aider avec McLaren. »
Entre le manque de moyens financiers, l’absence d’écuries nationales et la difficulté à attirer de grands commanditaires, les pilotes locaux, que ce soit en Belgique ou au Canada, peinent désormais à accéder aux courses de soutien des week-ends de Grand Prix. L’Endurance, une discipline dont la filière d’accès apparaît plus abordable, est aujourd'hui leur unique possibilité d'avenir, ou presque, pour rouler dans des séries de calibre mondial.
Un GP de Belgique sans pilotes nationaux : pourquoi les talents locaux peinent à atteindre la Formule 2 et la Formule 3
Lundi 20 juillet 2026 par Yoline OlivierCrédit photo: Sébastien Krings







