Au circuit de Mosport en fin de semaine dernière, la série Challenge Canada présentait son ultime programme de la saison 2026, pour ses modèles Z et Sentra. Les Sentra qui évoluent dans ce championnat privé sont celles que l’on retrouvait en Coupe Nissan Sentra durant les saisons 2021 à 2025. Elles sont antérieures au modèle 2026 que nous avons justement essayé à l’occasion de notre déplacement au légendaire tracé ontarien.
Bien sûr, ce n’était pas une primeur, bien sûr vous avez déjà eu l’occasion de découvrir la nouvelle Sentra dans les pages du magazine Pole-Position (voir premier numéro 2026), mais l’objectif était ici de prendre en main la version SR, la plus haut de gamme, sur une plus longue distance. Or, il suffit de quelques kilomètres au volant de la Nissan Sentra SR 2026 pour comprendre sa philosophie. Avec sa silhouette plus affirmée, ses jantes de 18 pouces et son offre de couleurs parfois originale (notre voiture d’essai était orange), elle veut se distinguer dans le flot des berlines compactes. Mais derrière cette présentation plus agressive, la SR demeure fondamentalement une Sentra : une voiture conçue pour être confortable, économique et facile à vivre au quotidien. C'est d'ailleurs ce qui rend l'expérience intéressante. La SR ne cherche pas à transformer la Sentra en pure voiture de performance. Elle lui donne plutôt un peu plus de caractère.
À bord, la position de conduite est naturelle et la visibilité demeure excellente. La direction se montre suffisamment précise pour donner confiance, tandis que la suspension filtre efficacement les irrégularités de la chaussée, bien que celles-ci soient évidemment moins nombreuses en Ontario qu’au Québec (c’est connu, selon quelques-uns de nos politiciens, il n’y a qu’au Québec qu’on a un hiver qui dégrade les routes !!!).
Sur une route sinueuse, la voiture se montre stable et prévisible. On est loin du comportement d'une véritable compacte sportive, mais il existe un certain plaisir à enchaîner les virages avec cette berline. Toutefois, le principal rappel à l'ordre vient du groupe motopropulseur. Le quatre cylindres atmosphérique de 2 litres produit 149 chevaux et 146 lb-pi de couple. Il n'est pas turbocompressé et ne cherche donc pas à procurer une poussée brutale. La puissance est envoyée aux roues avant par la boîte Xtronic CVT, qui privilégie évidemment la douceur et l'efficacité plutôt que les sensations d'une transmission manuelle ou d'une boîte semi-auto. Bien qu’avec une CVT son impact soit limité, avoir doté la Sentra SR de palettes au volant pour le changement de vitesse en mode manuel aurait été un plus que cette berline ne possède hélas pas.
En accélération, il faut donc accepter de travailler avec ce que la mécanique offre mais les performances sont loin d’être ridicules. De plus, avec une consommation officielle de 7,2 l./100 km en combiné ville/autoroute, la SR demeure remarquablement raisonnable pour une voiture équipée de roues de 18 pouces. Pour tout dire, sa faible consommation nous a tellement surpris que nous en avons oublié de faire le plein en Ontario avant de nous retrouver au Québec et son prix au litre de 30 voire 40 cennes plus élevé qu’ailleurs, sur notre chemin du retour de Mosport. En fait, la Sentra permet une autonomie de plus de 700 km (réservoir de 47 litres).
Cette efficacité explique en bonne partie pourquoi Nissan n'a pas cherché à faire de la SR une véritable voiture de performance. Le constructeur propose plutôt une berline capable de combiner une présentation dynamique, un comportement agréable et des coûts d'utilisation raisonnables.
Pour les amateurs de sport automobile, cette Sentra soulève toutefois une question intéressante : pourquoi ne pas lui avoir donné vie sur les circuits ? La Coupe Nissan Sentra avait justement démontré qu'une berline compacte pouvait devenir une voiture de course tout en conservant un lien étroit avec le modèle de série. Mais développer une nouvelle voiture de compétition pour accompagner la génération 2026 aurait nécessité de trouver une version à boîte manuelle dans d’autres pays, ce qui aurait changé la philosophie de la série qui se voulait être la démonstration qu’une voiture entièrement de série puisse évoluer spectaculairement sur les circuits.
Vendue de base à moins de 30 000$ (notre voiture d’essai se détaillait à 34 643$), la Sentra SR 2026 n'est pas une authentique sportive. Elle n'en a ni la puissance, ni la transmission, ni les ambitions. Mais elle n'est pas non plus une simple berline économique affublée de quelques accessoires esthétiques. C’est une compacte bien équilibrée et efficace, qui adopte les codes de la sportive sans prétendre en être une.
Essai Nissan Sentra SR 2026 : Une sportive… à sa façon
Mardi 8 septembre 2026 par Philippe BrasseurCrédit photo: Nissan Media






