Le Grand Prix de Trois-Rivières (GP3R) dévoile aujourd’hui les conclusions du rapport d’enquête interne commandé à la suite de l’incendie survenu sur la voiture Nº87 de Sam Fellows lors de l’épreuve NASCAR Canada présentée le 9 août dernier dans le cadre du GP3R.
Dès les jours suivant l’incident, la direction du GP3R a mandaté son médecin-chef, le Dr Rob Seal, spécialiste reconnu en sécurité dans le sport automobile, afin qu’il procède à une analyse de l’intervention, identifie les éléments ayant pu nuire à son efficacité et formule des recommandations permettant d’améliorer les procédures d’urgence de l’organisation.
Le rapport conclut que, bien que le dispositif de sécurité dans son ensemble ait permis de répondre à l’incident, certains éléments de l’intervention doivent être améliorés. Il constate notamment que le tandem de pompiers de la ligne des puits n’était pas en contact radio constant avec la direction de course et n'était pas non plus dans un état de préparation permettant une intervention immédiate au moment où le véhicule de Sam Fellows s’est immobilisé à l’entrée de la ligne des puits. Certains intervenants ont dû compléter la mise en place de leur équipement de protection en se dirigeant vers le véhicule et, au moins dans un cas, un membre de l’équipe ne portait pas l’ensemble de l’équipement de protection requis.
Le rapport relève également que l’utilisation de l’extincteur à poudre chimique n’a pas été optimale. Une quantité importante d’agent extincteur a été libérée alors que les intervenants se trouvaient encore à une trop grande distance du véhicule pour que son utilisation soit pleinement efficace. Les vérifications effectuées à la suite de l’incident soulèvent également des préoccupations quant à l’état de fonctionnement et à l’entretien de cet équipement.
Parallèlement à l’intervention des pompiers, les équipes de sauvetage en piste du GP3R sont intervenues auprès du pilote. Cette redondance entre les différentes composantes du dispositif de sécurité constitue un élément important des protocoles mis en place par l’organisation afin qu’une intervention puisse se poursuivre efficacement lorsqu’un incident survient en piste.
« Nous sommes d’abord et avant tout soulagés que Sam n’ait subi que des effets mineurs et temporaires à la suite de cet incident. Nous sommes également rassurés de constater que la redondance intégrée à nos processus de sécurité a joué le rôle pour lequel elle a été conçue. La complémentarité entre nos équipes de pompiers et nos équipes de sauvetage en piste (rescue) a permis une intervention globalement satisfaisante, même si l’analyse démontre clairement que certains aspects de celle-ci n’ont pas été optimaux. C’est précisément l’objectif de cette enquête : identifier ces éléments, en tirer les enseignements et apporter les correctifs nécessaires afin de rendre notre dispositif encore plus efficace » affirme Dominic Fugère, directeur général du Grand Prix de Trois-Rivières.
DES MESURES CONCRÈTES
Parmi ses principales recommandations, le Dr Seal demande que l’ensemble du personnel affecté aux interventions d’urgence soit entièrement équipé, à bord des véhicules d’intervention et prêt à partir immédiatement pendant toute période où des voitures de course circulent en piste. Le rapport recommande également qu’un membre désigné de chaque véhicule d’urgence maintienne en permanence une communication avec la direction de course.
Enfin, l’ensemble des équipements d’intervention et de lutte contre les incendies devra faire l’objet d’une vérification rigoureuse afin de confirmer leur bon fonctionnement. Une attention particulière sera accordée aux appareils d’extinction à poudre chimique, incluant l’équipement sur roues utilisé lors de l’incident.
Le GP3R confirme que ces recommandations seront intégrées à la révision de ses procédures d’intervention et de ses protocoles de sécurité. « Le sport automobile comportera toujours une part de risque et c’est précisément pourquoi nos mécanismes de sécurité reposent sur plusieurs niveaux d’intervention. Ce qui a fonctionné ne doit pas nous empêcher de corriger ce qui peut être amélioré. Lorsqu’une analyse comme celle-ci révèle une faiblesse, notre responsabilité est d’y remédier. Nous voulons que chaque composante de notre dispositif soit prête à intervenir rapidement et efficacement » poursuit Dominic Fugère.
L’ÉTAT DE SANTÉ DE SAM FELLOWS
À la suite de l’incident, Sam Fellows a été transporté à l’hôpital par mesure de précaution. Les examens ont révélé un taux de carboxyhémoglobine supérieur à la normale, attribuable à l’exposition au monoxyde de carbone durant l’incendie. Selon le rapport du Dr Seal, les niveaux mesurés n’étaient pas considérés comme dangereux et sont par la suite revenus à la normale. Sam Fellows a disputé l'épreuve de Markham en série NASCAR Canada dès la semaine suivant le Grand Prix de Trois-Rivières.
Le GP3R tient de nouveau à remercier Sam Fellows pour sa collaboration à la suite de l’incident ainsi que l’ensemble des intervenants médicaux et de sécurité qui ont participé à l’intervention. « Notre démarche n’a jamais été de chercher un coupable ou de pointer du doigt des individus. Nous avons voulu comprendre ce qui s’est passé et déterminer ce que nous pouvions faire mieux. Nos équipes de sécurité accomplissent un travail exigeant dans des situations où chaque seconde compte. Nous leur devons de leur fournir les procédures, la préparation et les équipements leur permettant d’intervenir dans les meilleures conditions possibles. C’est dans cet esprit que les recommandations du rapport seront mises en œuvre » conclut Dominic Fugère.
Découvrez aussi les commentaires du directeur de course Steven Hubert dans l'entrevue exclusive qu'il a accordé à Pole-Position Magazine, à lire dans la nouvelle édition parue ce mardi.
Le GP3R dévoile les conclusions de son enquête sur l'incendie de la voiture de Sam Fellows le 9 août dernier
Mardi 15 septembre 2026 par Philippe BrasseurCrédit photo: Bruno Dorais






