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Rétro série CART 1985: Tête-à-queue et victoire de Danny Sullivan à l’Indy 500

Rétro série CART 1985: Tête-à-queue et victoire de Danny Sullivan à l’Indy 500

Jeudi 3 septembre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Indianapolis Motor Speedway

Crédit photo: Indianapolis Motor Speedway

Le pilote américain Danny Sullivan, un spécialiste des circuits routiers, a gagné les 500 Milles d’Indianapolis en 1985 après avoir effectué un tête-à-queue à pleine vitesse sans rien toucher !

Né le 9 mars 1950 à Louisville dans le Kentucky, Sullivan effectue un passage dans un institut militaire, puis fait toutes sortes de boulots, notamment bûcheron et chauffeur de taxi. Mais ce qui le passionne, c’est la course automobile.

Le docteur Frank Falkner, un ami de la famille et ancien coureur automobile, lui offre un cours de pilotage de l’école Jim Russell basée au circuit de Snetterton au Royaume-Uni. Sullivan reste dans ce pays et court en Formule Ford et en Formule 3, mais revient aux États-Unis quand il n’a plus un sou. En 1980 et 1981, il court en série Can-Am pour l’écurie Garvin Brown Racing.

Contre toute attente, il est recruté par Ken Tyrrell à la demande de son commanditaire Benetton pour courir en F1 en 1983. Il revient à la maison en 1984 et dispute la série CART/IndyCar avec l’équipe de Doug Shierson et récolte trois victoires.

Pour la saison 1985, il est engagé par Roger Penske et pilote une March 85C-Cosworth DFX. Après une troisième place acquise dans les rues de Long Beach, tout le monde de la série CART s’installe sur le super ovale d’Indianapolis pour y disputer la légendaire course de 500 milles.

Sullivan qualifie sa March au milieu de la troisième ligne de départ. À la mi-course, il ne reste que quatre concurrents dans le même tour : Mario Andretti, Emerson Fittipaldi, Tom Sneva et Danny Sullivan. Après les arrêts aux puits effectués sous le drapeau vert et durant lequel il ne fait que le plein de méthanol, Sullivan se hisse à la deuxième place.

Quelques tours plus tard de cette course qui en compte 200, l’écurie Penske lui transmet un message par radio que Sullivan entend très mal. Il croit avoir entendu qu’il ne reste que 12 tours à parcourir alors qu’en réalité il en reste 80. Sullivan est convaincu qu’il doit tout faire pour rejoindre le meneur, Mario Andretti. Il hausse la pression de suralimentation du turbo et rattrape rapidement Andretti.

Un tête-à-queue fumant

Sur la ligne droite principale, Andretti roule au milieu de la piste et force Sullivan à prendre l’intérieur du virage 1. Le problème est que l’ovale est incliné dans le virage, mais la piste est plate tout en bas. La March de Sullivan roule à près de 330 km/h sur la partie plate de la piste, au-delà de la ligne jaune. Il double ainsi Andretti, mais pour négocier le virage 1, Sullivan doit remonter sur l’ovale incliné. Et c’est justement au passage de cette transition entre la section plate et la piste inclinée que la monoplace de Sullivan est soudainement déséquilibrée.

La March de Sullivan effectue un tête-à-queue magistral, les quatre pneus fumant. Andretti doit l’éviter et y parvient en dextérité. Sullivan parvient à remettre son bolide dans le bon sens de la marche, sélection le bon rapport de boîte de vitesses et enfonce l’accélérateur. Par une chance invraisemblable, il n’a rien touché !

« Mario m’a un peu poussé vers le bas de la piste. C’est ce qu’il devait faire. J’ai roulé sur la partie plate de la piste, presque sur l’herbe. Juste au moment où je je suis remonté en franchissant la ligne jaune, là où l’inclinaison change légèrement, ç’a fait déraper la voiture juste assez pour me mettre en travers. Ces voitures étaient de toute façon à la limite de l’adhérence, avec très peu d’aileron. Quand la fumée s’est dissipée, j’étais face au virage numéro deux et je n’avais rien heurté ! » a récemment raconté Sullivan à plusieurs médias.

« Quand j’ai effectué ce tête-à-queue, j’ai ressenti de la colère. Je venais tout juste de prendre la tête de l’Indy 500, et là, je faisais un tête-à-queue et je gâchais tout, pensant que j’allais percuter le mur et que ma course serait terminée. C’était juste de la colère, pas de la peur » a-t-il ajouté.

La neutralisation qui s’en suit permet à Andretti, premier, et à Sullivan de s’arrêter pour des pneus neufs et le plein de carburant. Au 140e passage, Sullivan effectue la même manœuvre de dépassement sur Andretti et cette fois, ça marche. Sullivan est premier et le reste jusqu’au baisser du drapeau à damier.

Il croise l’arrivée avec une priorité de 2“477 sur Andretti qui pilote une Lola T900-Cosworth DFX. Le Colombien Roberto Guerrero se classe troisième aux commandes de sa March 85C de Bignotti-Cotter et termine devant Al Unser à bord de l’autre March 85C de l’équipe Penske.

Ce tête-à-queue hyper spectaculaire de Sullivan reste dans les annales de la série CART/IndyCar comme un des moments les plus électrisants des 500 Milles d’Indianapolis.