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31 août: Accident hyper spectaculaire de la Tyrrell-Ford de Derek Daly à Zandvoort en 1980

31 août: Accident hyper spectaculaire de la Tyrrell-Ford de Derek Daly à Zandvoort en 1980

Lundi 31 août 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Réseau X/Derek Daly

Crédit photo: Réseau X/Derek Daly

« Pour la première fois de ma carrière, j’ai bien cru que j’allais mourir dans une voiture de course » a déclaré l’Irlandais Derek Daly à propos de son ahurissante cabriole survenue dans le virage Tarzan du circuit de Zandvoort lors du Grand Prix des Pays-Bas en 1980.

Cette saison-là, Daly est le coéquipier du Français Jean-Pierre Jarier au sein de la petite écurie Tyrrell dont les finances sont à peu près à zéro. La saison est sauvée par les quelques centaines de milliers de dollars accordés par Candy, l’entreprise italienne d’électronagers.

Les Tyrrell 010 à moteurs V8 Ford Cosworth DFV sont moyennement rapides et cassent souvent ou sont endommagées par ses fougueux pilotes. Lors du Grand Prix de Monaco tenu en mai, Daly s’est illustré de mauvaise façon en ratant son freinage au virage de Sainte-Dévote et a virevolté par-dessus plusieurs voitures et éliminant du coup Jarier, Alain Prost (McLaren), Bruno Giacomelli (Alfa Romeo) et lui-même. Ken Tyrrell l’a vertement critiqué pour avoir ainsi ruiné la course et endommagé deux voitures Tyrrell.

Daly est un Irlandais pur laine né en 1953 et qui s’est expatrié en Australie durant de longs mois pour travailler dans les mines, cohabitant avec des criminels et des personnages peu recommandables. Il est ensuite rentré au Royaume-Uni avec assez d’argent pour s’acheter une monoplace de Formule Ford. En 1977, il décroche le titre de champion de Formule 3 britannique et termine troisième du championnat de F2 en 1978 et 1979. En septembre 1979, il dispute le Grand Prix de Trois-Rivières en Formule Atlantique au volant d’une March 79B de l’écurie de Fred Opert, mais abandonne en course.

Toujours en 1979, il participe à trois Grands Prix de F1 en fin de saison avec l’écurie Tyrrell grâce au soutien de la brasserie Guinness et de l’entreprise de pétrochimie ICI. Au Canada, il est le dernier qualifié et abandonne au 28e tour à la suite du bris de son moteur Cosworth DFV.

Sa saison 1980 lui procure quelques succès, notamment de faire jeu égal avec Jarier et de récolter deux quatrième places, en Argentine et en Grande-Bretagne. Il s’est toutefois bien fait remarquer avec son accident survenu à Monaco.

Le Grand Prix des Pays-Bas représente la 11e étape du championnat et il est présenté sur le circuit Zandvoort dont la configuration était passablement différente de celle d’aujourd’hui. Il y avait déjà cette longue ligne droite des puits qui se terminait par le virage à 180 degrés nommé Tarzan. La sécurité était minimale avec un rail protégé par quelques pneus éparses. Quand on sait que les voitures arrivaient à plus de 300 km/h, ça donne froid dans le dos.

Un accident terrible

Daly qualifie sa Tyrrell en 23e position sur 24. Il effectue une belle remontée et occupe la huitième place au 61e tour. À l’amorce du 62e, c’est la catastrophe. Au moment où il commence à freiner, le disque de frein avant gauche, en fonte, explose et arrache la suspension. « C’est comme si on tapait du marteau sous la pédale de frein. La suspension s’est affaissée et j’ai vu la roue pivoter et taper contre la coque » raconte Daly dans le livre “Tyrrell, The story of the Tyrrell Racing Organisation”.

Sans ralentir, la Tyrrell percute de plein fouet les pneus et le rail, s’envole haut dans les airs, effectue une pirouette et retombe sur le rail heureusement dans le bon sens. « Je me suis dit que cette fois c’était la fin. Je savais que j’allais me broyer les deux jambes. Je les ai donc replié autant que possible et j’ai vécu l’impact au ralenti. J’ai eu tellement peur que je me suis évanoui une fois extrait de la voiture par les sauveteurs » ajoute-t-il.

Stupéfaction : Daly ne souffre que d’une coupure à la jambe gauche qui nécessite quatre points de suture. Quand on connaît la fragilité des monocoques en aluminium de cette époque, c’est un véritable miracle que Daly n’ait pas souffert de graves fractures.

De retour dans le paddock après son passage au centre médical, une surprise désagréable l’attend. La course est terminée et le camion de l’écurie est déjà parti. Il entre dans le motorhome de l’équipe et constate que ses vêtements de ville ont été jetés par terre dans un coin. Pour les membres de l’équipe, très irrités, Daly a commis une autre erreur de pilotage et a détruit une autre monocoque.

Le lendemain, Daly reçoit un appel téléphonique de Ken Tyrrell lui-même qui tient à s’excuser du comportement de son équipe puisque l’inspection de la voiture endommagée a prouvé hors de tout doute que l’accident avait été causé par un bris mécanique et non pas par une erreur de pilotage.

La semaine suivante, Daly et l’écurie Tyrrell effectuent des essais au circuit Paul-Ricard en France en préparation au Grand Prix d’Italie qui allait être tenu sur le circuit d’Imola. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Daly fut encore une fois victime d’une panne de freins. L’irlandais a alors perdu toute confiance dans la Tyrrell 010 et avoue avoir eu peur de la piloter à nouveau.

Heureusement, de telles pannes ne surviennent que très rarement aujourd’hui. De plus, la sécurité des circuits automobiles a énormément progressé.