Après quatre Grands Prix d’ouverture de saison — en Australie, en Chine, au Japon et à Miami — répartis sur sept semaines afin de permettre aux équipes d’apprivoiser la nouvelle réglementation technique de la Formule 1, le paddock arrivait à Montréal avec encore plusieurs inconnues. Comme souvent au Grand Prix du Canada, la météo et les conditions changeantes allaient rapidement devenir les véritables arbitres du week-end.
La course Sprint du samedi a confirmé la compétitivité de Mercedes dans des conditions fraîches. George Russell a pris le contrôle de l’épreuve dès le départ après avoir contenu Kimi Antonelli au premier virage, avant de gérer parfaitement les 23 tours de la course. Lando Norris a profité d’une sortie de piste d’Antonelli, consécutive à une petite bousculade avec Russell, pour s’emparer de la deuxième place avec sa McLaren, tandis que le jeune pilote italien complétait finalement le podium.
Quelques heures plus tard, la séance qualificative du Grand Prix s’est déroulée dans une atmosphère d’incertitude typiquement montréalaise. Les équipes hésitaient entre des réglages pour piste sèche ou humide en raison des risques de pluie annoncés pour le dimanche. Mercedes a néanmoins confirmé sa domination en verrouillant la première ligne avec Antonelli devant Russell, alors que McLaren suivait en deuxième rangée grâce à Norris et Oscar Piastri.
Le dimanche, le départ de la course principale a été donné dans des conditions particulièrement difficiles : températures fraîches, vents soutenus et menace constante d’averses. Comme lors de plusieurs éditions précédentes du Grand Prix du Canada — notamment celles de 2011 et de 2024 — la gestion des pneus et l’adaptation aux conditions changeantes ont joué un rôle central dans le résultat final.
Le froid compliquait considérablement la mise en température des pneumatiques. Plus les pilotes roulaient lentement pour préserver l’adhérence, moins les pneus généraient de chaleur, créant une spirale difficile à contrôler. Mercedes a rapidement profité de cette situation en occupant les deux premières positions dès les premiers tours.
À l’inverse, McLaren a payé cher un mauvais choix stratégique. L’équipe a rappelé très tôt Norris et Piastri aux puits pour remplacer leurs pneus intermédiaires, une décision prise juste avant le départ qui s’est révélée inefficace. Norris a plongé en 14ᵉ position, tandis que Piastri se retrouvait 16ᵉ avant de devoir effectuer un autre arrêt plus tard pour remplacer un élément de carrosserie endommagé.
À l’avant, la lutte entre Antonelli et Russell a animé la première moitié de course. Les deux pilotes Mercedes ont alterné en tête en jonglant avec la gestion de l’énergie et l’usure des pneus. Le tournant de l’épreuve est survenu au 29ᵉ tour lorsque Russell a été contraint à l’abandon à la suite d’un problème de batterie. Cette défaillance offrait à Antonelli une victoire importante qui lui d’accentuer son avance au premier rang du championnat des pilotes.
La portion centrale de la course a ensuite permis à Max Verstappen et Lewis Hamilton de se rapprocher des meneurs. Hamilton, particulièrement inspiré dans ces conditions délicates, a réalisé une solide remontée jusqu’à la deuxième place, démontrant une fois de plus son aisance sur le circuit Gilles-Villeneuve. Verstappen, opportuniste et constant, a complété le podium.
Derrière eux, plusieurs pilotes ont signé des performances remarquées : Isack Hadjar a obtenu une excellente cinquième place, Franco Colapinto et Liam Lawson ont poursuivi leur progression avec des arrivées dans les points, tandis que Pierre Gasly, Carlos Sainz et Oliver Bearman complétaient le Top 10.
Du côté d’Aston Martin, le week-end a été beaucoup plus compliqué. Lance Stroll a terminé hors des points après avoir souffert d’un manque d’adhérence persistant, alors que Fernando Alonso a dû abandonner à la suite d’un problème technique. L’équipe de Lawrence Stroll n’a pas encore marqué le moindre point cette saison en F1.
Au final, cette édition du Grand Prix du Canada s’inscrit dans la tradition des courses montréalaises imprévisibles et stratégiques, où la météo transforme souvent l’épreuve en véritable défi d’adaptation. Moins chaotique que certaines éditions historiques, mais plus tactique et technique que la moyenne, elle a néanmoins offert un spectacle relevé devant des estrades de nouveau bondées.
Bilan GP du Canada : Rebondissements, choix stratégiques risqués... et trois générations de pilotes sur le podium
Lundi 25 mai 2026 par Marc CantinCrédit photo: Clément Tavernier







