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3 mars: Gilles Villeneuve gagne le GP d’Afrique du Sud au volant de la nouvelle Ferrari 312 T4

3 mars: Gilles Villeneuve gagne le GP d’Afrique du Sud au volant de la nouvelle Ferrari 312 T4

Mardi 3 mars 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Galeron

Crédit photo: Galeron

Le pilote québécois Gilles Villeneuve a mené la toute nouvelle Ferrari 312 T4 de Formule 1 à la victoire dès sa première course disputée sur le circuit de Kyalami en Afrique du Sud en 1979.

Nous sommes en janvier 1979. Gilles Villeneuve a remporté son premier Grand Prix sur le circuit de l’Île Notre-Dame à Montréal quelques mois plus tôt en octobre dernier. Le Sud-Africain Jody Scheckter est son nouveau coéquipier. La nouvelle monoplace Ferrari de F1, la 312 T4, n’est pas encore tout à fait prête à courir, et Mauro Forghieri, le directeur technique de la Scuderia, décide de disputer les deux premières courses de la saison avec des T3 un peu modifiées.

La saison de F1 commence tôt, le 21 janvier avec le Grand Prix d’Argentine. Villeneuve se qualifie au 10e rang et est classé 12e en course en dépit du fait qu’il ait dû garer sa monture à la suite d’une panne de transmission.

L’épreuve suivante est disputée au Brésil le 4 février. Cette fois Villeneuve se qualifie en cinquième place, un rang devant Scheckter, et termine la course à la même position, encore une fois devant Scheckter.

Pendant ces semaines, les deux pilotes Ferrari se succèdent au volant de la nouvelle T4 pour parfaire sa mise au point. Elle génère un peu d’effet de sol malgré la largeur de son moteur 12 cylindres à plat. Elle n’est pas très élégante, mais elle exploite formidablement bien les pneus Michelin.

Arrive le Grand Prix d’Afrique du Sud présenté sur le circuit de Kyalami juché à 1500 mètres d’altitude. Si les moteurs atmosphériques perdent de la puissance à cause de la raréfaction de l’air, les Renault turbo sont nettement avantagées, car la turbine souffle une grande quantité d’air dans les cylindres.

C’est logiquement Jean-Pierre Jabouille qui inscrit la pole position aux commandes de sa Renault RS01. Il devance par seulement deux dixièmes de seconde Scheckter et Villeneuve à bord des nouvelles 312 T4. Suivent ensuite Niki Lauda (Brabham BT48-Alfa), Patrick Depailler, Jacques Laffite (Ligier JS11-Ford tous les deux) et Didier Pironi (Tyrrell 009-Ford), victime toutefois d’une grosse sortie de piste samedi.

Stratégies différentes chez Ferrari

La course de 78 tours a lieu le 3 mars. Au feu vert, le long temps de réponse du V6 turbo complique le démarrage de Jabouille. Scheckter le double sur la ligne droite, mais le Français reprend la commande avant de négocier le premier virage.

Les épais nuages gris laissent tomber une pluie fine, puis c’est l’orage. Villeneuve, impressionnant, double son coéquipier et Jabouille pour prendre la tête. Au troisième tour, la course est stoppée, car il pleut trop.

Après une heure d’attente, la course reprend et son résultat final sera calculé par addition des temps des deux manches. Les mécaniciens Ferrari installent des pneus pluie sur la voiture du Québécois et des lisses sur celle de Scheckter qui croit que la piste va sécher très rapidement.

Villeneuve démarre donc bon premier et laisse Scheckter et Jabouille batailler ferme pour la deuxième place. Au 10e tour, Villeneuve a déjà 12 secondes d’avance sur eux. Au 15e passage, le soleil commence à percer les nuages et la piste sèche doucement. C’est à ce moment que Villeneuve s’arrête à son puits pour y faire monter un train de pneus lisses. Il reprend la piste en deuxième place avec un retard de presque 30 secondes sur Scheckter.

L’écart entre les deux Ferrari fond rapidement. Au 50e tour, on ne compte que trois secondes entre les deux bolides rouges. Trois tours plus tard, Scheckter, aux prises avec des pneus très dégradés, bloque ses roues lors d’un freinage et doit s’arrêter pour des pneus neufs.

Le Sud-Africain, qui court devant son public, pousse au maximum pour rejoindre son coéquipier. Le Québécois reste calme et franchit l’arrivée avec une avance de 3”4 sur Scheckter et remporte ainsi sa deuxième victoire en Grand Prix. L’étonnant Jean-Pierre Jarier, au volant d’une Tyrrell dépourvue de commanditaires, grimpe sur la troisième marche du podium.

La nouvelle Ferrari 312 T4 de Mauro Forghieri a commencé sa carrière avec un doublé et a démontré une superbe fiabilité mécanique. Même si elle n’est pas la plus belle voiture du plateau, elle est déjà hyper efficace !