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Décès d'Hans Herrmann, coéquipier de Fangio en F1 et premier pilote Porsche à gagner les 24 Heures du Mans

Décès d'Hans Herrmann, coéquipier de Fangio en F1 et premier pilote Porsche à gagner les 24 Heures du Mans

Vendredi 9 janvier 2026 par Marie-Lyse Tremblay
Crédit photo: Porsche A.G.

Crédit photo: Porsche A.G.

Hans Herrmann, qui offrit à Porsche sa première victoire aux 24 Heures du Mans et fut coéquipier du légendaire Juan Manuel Fangio en Formule 1, est décédé ce vendredi 9 janvier. Il avait 97 ans. Célèbre tant pour sa participation aux Grands Prix de Formule 1 avec Mercedes dans les années 1950 qu’avec Porsche en Endurance, sa carrière a été marquée par de nombreuses victoires et des moments inoubliables au Mans, aux Mille Miglia ou encore à la Targa Florio. Son expertise technique et sa capacité à performer dans les conditions les plus difficiles ont fait de lui l’un des pilotes les plus accomplis de son époque.

Au cours de sa carrière en sport automobile, Hans Hermann a remporté plus de 80 victoires au classement général et de catégorie, dont la grande majorité au volant de voitures Porsche. Herrmann a non seulement participé à toutes les grandes courses d’endurance ainsi qu’aux épreuves du Championnat d’Europe de course de côte, il a également effectué d’innombrables essais.

Hans Herrmann est né le 23 février 1928. Il suivit une formation de confiseur, avec l’intention de reprendre plus tard le café de sa mère. Mais ce projet ne se concrétisa pas, son talent et sa passion se trouvant dans le sport automobile. En 1952, le natif de Stuttgart disputa sa première course sur circuit au Nürburgring au volant d’une Porsche 356, et il s’imposa ! L’année suivante, il remporta une victoire de catégorie aux 24 Heures du Mans dans une Porsche 550 Coupé. Toujours en 1953, Herrmann décrocha le titre de champion d’Allemagne des voitures de sport. Mercedes-Benz l’intégra alors à son équipe officielle, faisant de lui le coéquipier de Juan Manuel Fangio, Stirling Moss et Karl Kling en Formule 1. Dans cette discipline, il connut moins de succès qu’en Endurance, récoltant tout de même un meilleur tour et un podium (Grand Prix de Suisse 1954).

La même année, Herrmann continua de courir pour Porsche et remporta des victoires de catégorie avec la 550 Spyder lors de la Carrera Panamericana et des Mille Miglia. Cette dernière course est restée célèbre pour un moment particulièrement spectaculaire : Herrmann passa sous une barrière de passage à niveau en train de se fermer avec le roadster à moteur central ouvert. Plus tard, il légenda la photo sur une carte postale par ces mots : « il faut avoir de la chance » !

La chance devait rester une compagne fidèle tout au long de sa carrière, alors qu’il eut plusieurs accidents dont il se tira miraculeusement indemne. Après le retrait provisoire de Mercedes du sport automobile fin 1955, il passa plusieurs années chez Maserati, B.R.M., et bien sûr Porsche.

En 1960, Olivier Gendebien et Herrmann remportèrent les 12 Heures de Sebring au volant d’une 718 RS 60 Spyder. C’était la première victoire au classement général de Porsche dans une épreuve du Championnat du monde des voitures de sport. Peu après, Herrmann et Joakim Bonnier s’imposèrent à la Targa Florio avec la Porsche 718 RS 60 Spyder et, la même année, il remporta le titre de champion d’Europe de Formule 2 au volant de la Porsche 718/2. En 1962, il rejoignit Carlo Abarth et devint pilote officiel de ce constructeur. En 1966, il revint au sein de l’équipe officielle Porsche aux côtés de Jo Siffert, Vic Elford, Rolf Stommelen, Udo Schütz et Gerhard Mitter.

En 1970, Herrmann affronta la course la plus difficile de sa vie aux 24 Heures du Mans, avec Richard Attwood au volant de la Porsche 917. « En 1969, j’avais perdu de justesse la victoire face à Jacky Ickx après nous être dépassés à plusieurs reprises durant la dernière heure et demie de course. En 1970, Ferdinand Piëch nous a assuré un moteur plus puissant et une véritable chance de gagner. Remporter la victoire exactement un an après l’avoir manquée de si peu au Mans était bien sûr quelque chose de spécial. C’était aussi la première victoire au classement général de Porsche; et c’était ma dernière course » mentionna-t-il après avoir perdu trop d’amis en course. Son épouse était inquiète et Herrmann lui-même en était convaincu : « Il ne peut pas être possible que je sois toujours aussi chanceux; un jour, cette période pourrait s’achever ».

Après avoir pris sa retraite de pilote professionnel à l’âge de 42 ans, il accompagna pendant des décennies le Musée Porsche mais aussi la division historique de Mercedes. C’est à l’occasion du Week-end de l’Excellence Automobile 2007, sur le Circuit de Reims (France), où il avait été invité à piloter son ancienne Mercedes F1 de 1955, qu’il nous avait donné une entrevue pour Pole-Position. Son incroyable dynamisme, sa gentillesse et les souvenirs des années 1950-60 qu’ils nous avaient confiés avaient rendu ce moment exceptionnel.

Hans Herrmann laisse derrière lui son épouse Magdalena, deux fils et un petit-fils.