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Rétro F1: Jacques Villeneuve dispute 3 Grands Prix avec l’écurie Renault F1 en 2004

Rétro F1: Jacques Villeneuve dispute 3 Grands Prix avec l’écurie Renault F1 en 2004

Vendredi 19 décembre 2025 par René Fagnan
Crédit photo: Archives Renault

Crédit photo: Archives Renault

Après avoir remporté le titre de Champion du monde de Formule 1 avec l’écurie Williams-Renault en 1997, le Québécois Jacques Villeneuve a intégré la nouvelle équipe British American Racing deux ans plus tard. Mais rien ne se passe comme prévu.

Dès le départ, l’écurie BAR, fondée par son agent Craig Pollock, est soumise à de fortes tensions internes. Pollock nous a d’ailleurs raconté en détails la création de l’écurie BAR dans le Volume 35 Numéro 1 du magazine Pole-Position paru en début d’année 2025.

Pollock est finalement évincé de l’équipe et remplacé par David Richards de Prodrive qui n’aime pas Villeneuve et son salaire exorbitant. Après deux saisons de misère, c’est au tour de Villeneuve d’être mis à la porte de BAR avant le dernier Grand Prix de la saison au Japon.

Jacques passe donc l’année 2004 loin de la F1. Cependant, des contacts sont établis avec Peter Sauber de l’écurie de F1 Sauber Petronas. Le Suisse croit au potentiel de Villeneuve, et les deux signent un contrat qui couvre les saisons 2005 et 2006.

Pendant ce temps, le patron de l’écurie Renault F1, le redoutable Flavio Briatore, critique ouvertement le manque de succès de son pilote Jarno Trulli. Après le Grand Prix d’Italie, Briatore congédie Trulli. Normalement, Briatore aurait dû confier le baquet de la Renault R24 à Franck Montagny qui était alors le pilote d’essais de l’équipe. Mais non, il contacte Villeneuve et lui propose de disputer les trois dernières courses de la saison avec Renault.

Ce choix s’explique, semble-t-il, par le désir de Briatore de voir Renault passer devant BAR au championnat des constructeurs et de faire un excellent coup de marketing en alignant deux Champions du monde, Fernando Alonso et Jacques Villeneuve.

Trois courses correctes, sans plus

Villeneuve n’a pas piloté une monoplace de F1 depuis 11 mois quand il effectue un essai sur le circuit de Silverstone trois jours après le Grand Prix à Monza. Si Montagny a la chance de montrer ce qu’il vaut face à Villeneuve, il est évident que Briatore a déjà fait son choix. Le Québécois découvre la Renault R24, son moteur V10 RS24 et surtout les pneus Michelin rainurés qu’il ne connaît pas du tout. L’essai dure deux jours et Villeneuve parcourt une distance totale d’environ 700 km.

Le 26 septembre, il participe au Grand Prix de Chine à Shangaï. Il se qualifie en 12e place tandis qu’Alonso est sixième avec un avantage de 0”467. En course, Alonso termine quatrième et Villeneuve est 11e.

À Suzuka au Japon le 10 octobre, Jacques se qualifie neuvième avec une avance de 0”389 sur Alonso, 11e. La pluie perturbe le déroulement de l’épreuve. Alonso est cinquième à l’arrivée tandis que Villeneuve est 10e après être monté en sixième place.

Villeneuve dispute sa dernière course avec Renault à Sao Paulo au Brésil. L’Espagnol se qualifie en huitième place avec une priorité de 0”382 sur Villeneuve, 13e. Si ce dernier parvient à rouler en huitième place, il termine l’épreuve au 10e rang. Alonso croise l’arrivée en quatrième position. Briatore est déçu, car son pari n’a pas fonctionné et l’écurie BAR termine la saison en deuxième position devant Renault.

Pole-Position a questionné l’ancien mécanicien en chef de l’écurie Renault au sujet du passage de Villeneuve. « Disons qu’il n’a pas laissé un souvenir impérissable. Il était discret et discutait bien, mais avouons qu’il était dans une position difficile face à Fernando [Alonso] et qu’il ne connaissait pas la voiture ».

« Je pense que nous avons commis une erreur et nous devons l'admettre », avait déclaré Patrick Faure, le président de l’écurie Renault F1, à Eurosport à l’époque. « Je pense que Flavio Briatore et moi-même avons probablement sous-estimé les effets d'une interruption de dix mois, même pour un Champion du monde aussi expérimenté et talentueux que Jacques. Il était probablement irréaliste de s'attendre à ce qu'il revienne [en F1] et marque immédiatement des points. Les dix mois qu'il a passés loin des circuits lui ont rendu la tâche très, très difficile ».

Si ces trois courses ont été une bonne mise en jambes pour Villeneuve en prévision de son arrivée chez Sauber, la réalité fut toute autre. Coéquipier du jeune Felipe Massa, Villeneuve, aux commandes d’une Sauber C24 à moteur Petronas-Ferrari, n’a pu faire mieux qu’une quatrième et une sixième place en 2005 avant d’être éjecté de l’équipe, devenue BMW Sauber, en 2006.

Sur la photo ci-dessus, on aperçoit Jacques Villeneuve dans la Renault et Alan Permane, son ingénieur, devenu cette année directeur général de l'écurie de F1 Racing Bulls.