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Rétro IndyCar: L’étrange Parnelli VPJ1 munie d'ailes fixées à 45 degrés

Rétro IndyCar: L’étrange Parnelli VPJ1 munie d'ailes fixées à 45 degrés

Jeudi 1er octobre 2026 par René Fagnan
Crédit photo: Wikimedia Commons, formulaone

Crédit photo: Wikimedia Commons, formulaone

La Parnelli VPJ1 est une monoplace américaine destinée à courir sur les ovales de la série USAC/IndyCar durant la saison 1972. Elle a été conçue par Maurice Philippe et a permis à l’écurie Parnelli Jones de récolter le titre de la série en 1972.

Maurice Philippe est un brillant ingénieur britannique qui a été formé chez l’avionneur De Havilland. La suite de sa carrière est intimement liée au Team Lotus. Philippe a travaillé à la conception des Lotus 39, 43, 49, 56 à turbine à gaz, 63 à rouage intégral et la fameuse 72 avec sa forme inédite en coin. Courant 1971, il quitte Colin Chapman, émigre aux États-Unis et travaille pour l’écurie de série USAC/IndyCar Vel’s Parnelli Jones Racing fondée par le pilote américain Parnelli Jones et Vel Miletichen.

Fort de son expérience acquise en Formule 1, il dessine, début septembre, une monoplace révolutionnaire pour tenter de décrocher la victoire aux 500 Milles d’Indianapolis de 1972 et, si possible, de remporter le titre de la série USAC.

Philippe crée la voiture autour du puissant moteur quatre cylindres en ligne turbocompressé Offenhauser de 2589 cc qui peut produire, selon la pression de suralimentation, entre 1200 et 1300 chevaux. Le châssis monocoque est réalisé en feuilles d’aluminium rivetées et les réservoirs de méthanol sont logés dans les flancs.

Ce qui se remarque le plus est que la voiture, nommée Parnelli VPJ1, ne possède pas d’ailerons avant et arrière traditionnels. On peut supposer que Philippe croyait que ces appendices généraient trop de traînée, ralentissant le bolide sur les longues lignes droites du super ovale d’Indianapolis. Au lieu de cela, il a conçu des ailerons dièdres avec de larges dérives latérales fixés de chaque côté du cockpit et s'élevant à un angle de 45 degrés.

À l’avant, on note aussi la présence de petits déflecteurs placés au niveau des triangles supérieurs de la suspension et destinés à mieux canaliser les flux d’air. De chaque côté se trouvent deux énormes prises d’air NACA. Les freins arrière sont accolés à la boîte de vitesses et non pas logés dans les roues. À l’avant, c’est standard avec les freins situés dans les roues.

Les suspension avant et arrière sont à taux progressif (rising-rate). La voiture est munie d’une boîte de vitesses Hewland L.G. Mk.II manuelle à quatre rapports. Prête à rouler, elle pèse 703 kilos et est chaussée de pneus Firestone Speedway Specials de dimension 27,0x14,5-15 à l’avant et 25,5x10,0-15 à l’arrière.

Une curiosité qui ne donne pas les résultats espérés

Une fois assemblée à Torrance en Californie sous la direction du chef mécanicien George Bignotti et de son bras-droit Johnny Capels, la première VPJ1 est transportée pour effectuer ses premiers essais en piste. Le temps presse, car l’équipe Vel’s Parnelli Jones Racing désire inscrire trois voitures pour ses pilotes Mario Andretti, Al Unser et Joe Leonard.

La première manche de l’année est prévue le 19 mars sur l’ovale de Phoenix en Arizona. À cette occasion, les trois pilotes sont aux commandes des anciennes Colt- Offenhauser. Les trois VPJ1 effectuent leurs débuts à Trenton où Joe Leonard récolte une encourageante quatrième place.

Pour Indianapolis, Philippe décide de retirer les fameux ailerons dièdres qui n’apportent aucun avantage. Il ajoute des “moustaches” au nez de la voiture ainsi qu’un aileron arrière traditionnel. L’ingénieur conserve toutefois les petites dérives avant qu’il juge adéquates. Le bolide gagne en efficacité.

Le 27 mai, Unser termine l'Indy 500 en deuxième position juste devant Leonard tandis qu’Andretti se classe en huitième position.

Au fil des épreuves et suite aux commentaires des pilotes, Philippe modifie et améliore les VPJ1. Il remplace la suspension arrière à taux progressif par un système plus traditionnel, similaire à celui de l'Eagle 72 de Gurney. Il déplace aussi les freins arrière vers l’intérieur des roues.

Au volant de la VPJ1-châssis 102 commanditée par Samsonite, Joe Leonard remporte des victoires au Michigan, à Milwaukee et à Pocono. Il décroche le titre USAC avec 3460 points, loin devant Billy Vukovich (aucune victoire et 2200 points) et Roger McCluskey (une victoire et 1970 points).

Cette voiture est toutefois détruite fin octobre lors d’essais en préparation à la dernière manche de la saison à Phoenix. Joe Leonard pilote alors le châssis 104 (qui en fait réalité le tout premier châssis produit au printemps) lors de l’épreuve de Phoenix. Il l’endommage dans un accident et le manque de pièces de rechange le force à ne pas participer à la course, mais cela importe peu, car il est déjà champion.

Crédit photo: René Fagnan