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Fernando Alonso avec Aston Martin en 2027... mais en F1 ou en Endurance ?

Fernando Alonso avec Aston Martin en 2027... mais en F1 ou en Endurance ?

Mardi 22 septembre 2026 par Marc Cantin
Crédit photo: Sébastien Krings

Crédit photo: Sébastien Krings

Lors du dernier Grand Prix d’Espagne, le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem a clamé haut et fort que la Formule 1 ne pouvait pas laisser Fernando Alonso quitter la discipline à l’issue de la saison 2026. Outre le fait que ces commentaires ont été jugés quelque peu déplacés par certains observateurs qui voient là une possible ingérence du président émirati dans les règlements de la discipline afin de favoriser une équipe en difficulté, ces déclarations ont relancé la rumeur du départ du double champion espagnol.

Le contrat de Fernando Alonso avec Aston Martin expire à la fin de la saison, et ce dernier a déclaré à plusieurs reprises que sa décision de rester en Formule 1 dépendrait de la compétitivité des Aston Martin de la génération courante et de la prochaine. Au vu des performances de la AMR22 à moteur Honda cette saison, ce n’est guère encourageant. En coulisses, l’instance dirigeante de la F1 a par ailleurs commencé à mettre sur pied un ensemble de dérogations réglementaires visant à accélérer les progrès de Honda et, par la même occasion, à maintenir l’intérêt d’Alonso.

« Il est hors de question que nous (la FIA) laissions Fernando partir » a déclaré Ben Sulayem à Madrid. « Je l’ai vu très triste et je lui ai dit : Fernando, je comprends que ce soit inacceptable » a-t-il ajouté. Le président de la FIA a aussi rencontré le propriétaire d’Aston Martin, Lawrence Stroll, la semaine dernière pour discuter des options possibles. Sur la table : une plus grande liberté d’homologation pour Honda, des marges de dépenses supplémentaires et de nouvelles occasions de développement et de mise à niveau supplémentaires (Additional Development and Upgrade Opportunities), ce mécanisme de rattrapage destiné aux constructeurs. Sauf que Honda s’est déjà vu accorder des heures supplémentaires sur banc d’essai et une dérogation de 19 millions de dollars pour hausser son budget annuel, plus tôt cette année. Toute concession plus large nécessiterait l’accord des autres constructeurs de groupes motopropulseurs, ce n’est donc pas une décision que Ben Sulayem peut prendre seul.

Fernando Alonso souhaite lui aussi que les règles soient modifiées. Il a déclaré aux journalistes que la formule actuelle a réduit la contribution des pilotes, imposant des groupes motopropulseurs pour 2026 avec une répartition à près de 50/50 entre le moteur à combustion interne et la batterie, complexes à piloter et pas assez puissants sur les tracés plus rapides.

Reste que l’implication du président de la FIA dans la dossier créée la polémique. Pourtant, nous n’en sommes pas aux premières interventions du genre de la part de personnes impliquées dans la gestion de la discipline. Du côté positif, on pense à Bernie Ecclestone qui a financé des équipes et des aventures visant toujours à développer la F1 et à aider ses amis du milieu. On pense ici à Frank Williams, souvent aidé par Ecclestone qui avait aussi envoyé son homme de main à l’époque, Herbie Blash, payer la facture d’hôtels d’équipes moins nanties le lendemain de chaque Grand Prix, comme Osella ou Minardi entre autres.

Autre exemple : au début de la saison 2001, Ecclestone et Flavio Briatore avaient travaillé ensemble pour aider Gabriele Rumi à court de budget. En deux jours, Rumi vendit son équipe Minardi à Paul Stoddard, un Australien dirigeant la compagnie aérienne d’avions nolisés et de fret European Aviation. Fernando Alonso lancera sa carrière en F1 avec cette équipe et celle-ci deviendra propriété de Red Bull qui en fit son équipe junior, dès 2005.

Mais ces actions passées concernaient l’aspect commercial de la F1, sans modifier un règlement pour avantager un concurrent qui a manqué la conception de sa monoplace, voire de son moteur. Reste que si le président de la FIA tient tant à voir Alonso rester en F1, c’est peut-être parce que ce dernier a reconnu être tenté de retrouver les joies de l’Endurance et des voitures prototypes en 2027. Pour cela, il n’aurait même pas besoin de changer d’employeur ! En effet, le projet Aston Martin Valkyrie en Championnat du monde d’Endurance (WEC) et en IMSA est devenu très solide durant sa deuxième saison d’existence, avec quelques Top 5 à la clé. Mais il manque un pilote d’exception pour médiatiser un peu plus cet engagement et aider à la poursuite du développement de ce prototype unique avec son moteur V12 qui fait rêver. Alonso, qui a déjà gagné deux fois les 24 Heures du Mans avec Toyota (2018-2019) et n'a pas nié sa tentation de poursuivre l'aventure avec Aston Martin sans que ce soit obligatoirement en F1, serait donc le candidat tout désigné pour ce programme.

Sachant enfin que l'ambiance ne serait, selon certaines sources en Europe, pas au beau fixe entre la FIA et les organisateurs du WEC et des 24 Heures du Mans, on comprend mieux pourquoi le président de l'instance internationale cherche par tous les moyens à conserver un double champion du monde dans la série qu'il veut voire briller le plus.