Si l’on parle beaucoup de l’échec cuisant de l’écurie Aston Martin cette saison en Formule 1, Williams n’est guère mieux lotie. Certes, l’écurie fondée par Frank Williams dans les années 1970 compte 10 points de plus qu’Aston Martin au championnat des constructeurs présentement, mais ces maigres 11 points représentent bien peu en comparaison des 55 marqués après le Grand Prix d’Autriche l’an dernier !
Barcelone et Spielberg ont une nouvelle fois mis Williams en difficulté, mais le directeur de l’écurie, James Vowles, reste convaincu que la voiture, et la saison de Formule 1 de cette année peuvent encore être sauvées. Selon les rumeurs, ce n’est pourtant pas l’avis de l’un de ses pilotes, Carlos Sainz ! Ce dernier a terminé 12ᵉ avec deux tours de retard en Catalogne tandis que dans les montagnes de Styrie le week-end dernier, il
A abandonné après 23 des 70 tours suite à un problème électrique. Quant à son coéquipier Alex Albon, il a fini 17ᵉ avec deux tours de retard sur les meneurs en Autriche et il a collectionné les problèmes au point de terminer non classé, à 11 tours du vainqueur à Barcelone.
À bien des égards, Williams connaît jusqu’à présent une saison 2026 très décevante, mais cela n’est pas une surprise. Souvenez-vous des premiers essais présaison de Bahreïn fin janvier : où étaient les Williams à cette occasion ? Nulle part, absentes. Voitures pas prêtes ! Au niveau du professionnalisme de la F1 aujourd’hui, c’est inacceptable et cela augurait d’une saison compliquée.
Le directeur de l’écurie, James Vowles, a qualifié ces mauvais résultats de Barcelone et Spielberg de, « simple accroc dans le déroulement de la saison ». Certes avant cela, les deux pilotes avaient marqué des points à Miami, Sainz à Montréal et Albon à Monaco. Mais après son excellente saison 2025, alors que l’écurie de Grove s’était souvent imposée comme la meilleure des autres derrière le quatuor de tête, on attendait beaucoup mieux d’une équipe, qui plus est motorisée par Mercedes.
Toujours selon Vowles, la situation actuelle n’est, « pas un nouveau phénomène, cela est arrivé à Williams à de nombreuses reprises au cours de notre histoire. La dernière course dont je me souvienne où nous étions vraiment performants à Barcelone remonte à 2012 ». On se console comme on peut !
De son côté, Carlos Sainz est plus précis dans son analyse. Il estime que « les virages à vitesse moyenne et rapide constituent une faiblesse connue de la FW48 ». La Williams est aussi en surpoids depuis qu’elle est apparue en piste, en février lors des seconds essais présaison de Bahrein. Son manque de performance va cependant bien au-delà d’une voiture trop lourde, même si le surpoids coûte tout de même près d’une seconde au tour ! Les lacunes aérodynamiques par rapport aux concurrents sont un problème de fond qui ne se résout que par une nouvelle orientation ou une nouvelle voiture.
Sainz s'est montré sans détours à Barcelone : « je sais quelles corrections vont être apportées, mais je ne suis pas sûr que cela suffise pour réduire l'écart. Nous devons faire plus que ce que nous faisons déjà ». Ses commentaires vont à l’encontre de ceux de son directeur d’écurie, qui a qualifié les derniers week-ends de simples « faux pas ». Il y a cependant une véritable logique technique dans les propos de Vowles. Il fait valoir que Barcelone et Spielberg mettent en évidence une faiblesse partout dans la chaîne d’action en piste (sortie de virage, accélération et vitesse maximum, freinage et amorce de virage), d’une manière qu’une voiture plus indulgente absorberait. Ce n’est pas un problème ponctuel, et les difficultés de Williams à Barcelone sont bien antérieures au règlement de 2026. Là où la situation de Williams devient plus difficile à défendre, c’est que l’écurie continue d’aligner une voiture en surpoids alors que le tiers de la saison est maintenant écoulé.
Le plan de redressement présenté par Vowles ne repose pas sur un simple discours du type « faites confiance au processus » que les patrons d’écurie avancent souvent comme explication. La réalité est rude. Pour réussir, l’écurie doit pratiquement doubler sa moyenne de points par course, ne serait-ce que pour rester en milieu du peloton, et sur plusieurs circuits qui ne favorisent pas le comportement de la FW48. Et contrairement à Aston Martin qui mettra une nouvelle voiture en piste à compter du mois prochain (Belgique ou plus certainement Hongrie), Williams n’a pas les ressources pour imiter sa rivale. Sainz et Albon risquent de trouver la seconde moitié de saison encore plus longue que la première !
44 points de moins que l'an dernier à pareille époque : La difficile saison de l'équipe Williams F1 !
Mercredi 1er juillet 2026 par Marc CantinCrédit photo: Clément Tavernier







