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Rencontre Bertrand Godin : Animateur d'une série télé qui plonge dans l'univers des jeunes en karting

Rencontre Bertrand Godin : Animateur d'une série télé qui plonge dans l'univers des jeunes en karting

Lundi 19 janvier 2026 par Cynthia Dorais
Crédit photo: Cynthia Dorais

Crédit photo: Cynthia Dorais

Devenir pilote. C’est le titre d’une série documentaire en 5 volets, animée par le pilote Bertrand Godin, qui sera mise en ligne à compter de ce mardi 20 janvier sur le site de Radio-Canada, tou.tv. Les téléspectateurs pourront y suivre le parcours de jeunes pilotes de karting sélectionnés parmi 50 jeunes de 10 à 13 ans. L’un d’eux, Evan Kirchhoff (à côté de Bertrand Godin en photo ci-dessus), a fini par intégrer l'équipe officielle de SH Karting en Rotax Junior.

La série couvre le camp de sélection (épreuves techniques, vitesse, discipline) et la progression du pilote à travers une saison de course (dès le 2ᵉ épisode), illustrant les défis du sport automobile. Lors du visionnement de presse qui a lieu au Palais des Congrès de Montréal, dans le cadre du Salon de l'Auto, ce lundi, nous avons pu découvrir les trois premiers épisodes et nous entretenir avec Bertrand Godin...

Bertrand, qui a eu l’idée de cette série "Devenir pilote" mettant à l'honneur le karting et quel est ton niveau d’implication dans ce projet ?

À la base, c’est un projet entre Trio Orange, un producteur télé et créateur de contenu télévisuel, et SH Karting. Ils ont eu l’idée de créer cette série pour faire connaître le karting, non seulement son côté technique, mais aussi le facteur humain et celui d’équipe à travers tout ça. C’est à eux que revient cette belle idée et quand on m’a approché pour y participer, j’étais très honoré. J’ai commencé en karting à St-Hilaire alors c’est pour moi aussi beaucoup de souvenirs. Quand on est capable de faire le lien entre ce que j’ai vécu à l’époque et ce que notre gagnant a vécu, on constate que l’encadrement a énormément évolué.

Lors du tournage, tu dis avoir ressenti beaucoup d’émotions en comparant avec ce que tu as vécu il y a 40 ans. Mais la passion des jeunes aujourd’hui, est-ce la même que lorsque tu pilotais en karting ?

Quand on parle de passion, c’est comme une flamme en nous qui fait que tu oses. Ce que j’ai beaucoup aimé dans cette expérience, c’est le camp de sélection, parce que des jeunes de 16 ans qui s’inscrivent à ça, ils se mettent à risque et c’est là que je me dis que tout le monde sort gagnant de l’expérience vécue et qu’ils pourront se servir de cela dans la vie, peu importe le domaine. Ce qu’on voulait faire ressortir également c’est qu’un bon résultat, ce n’est pas toujours synonyme d’une bonne performance, surtout quand tu commences. On va donner le meilleur de soi-même mais peut-être qu’on ne connaît pas la communication avec les mécaniciens, on ne connaît pas la technique ou la piste. Ce sont des éléments qu’on développe au fil du temps et il faut mettre tout ça ensemble. C’est pour ça qu’en course, on dit souvent : une année pour apprendre et une année pour performer et aller chercher des résultats. Mais ce n’est pas le résultat qui compte, ce sont tous les facteurs humains qu’on doit gérer, c’est ce qui nous permet de progresser et de faire en sorte d’accepter le défi d’être sur la grille de départ, de se faire attaquer, de se relever après ce qu’on pourrait appeler une mauvaise performance. 

Tu as donc retrouvé la même flamme de la passion chez les jeunes ?

Oui, absolument, ça, ça ne change pas. Mais j’ai aussi ressenti chez les jeunes qu’ils se mettent beaucoup de pression. Beaucoup trop. Dans le sport automobile, le plus important, c’est le prochain virage. Les gens restent accrochés sur la performance qu’il y a eu avant : on est frustré parce que ça n’a pas marché comme on voulait, mais c’est toujours le prochain virage qui est important et du moment que tu penses comme ça, il ne faut pas penser à l’enjeu du résultat, mais bien au défi de te dépasser toi-même là-dedans. Tu ne peux rien faire pour empêcher les autres d’être rapides. Tu ne peux que travailler sur toi pour être meilleur et parfois, ce n’est pas seulement sur la piste, c’est aussi en dehors, c’est là que ça se passe.

On sait que le karting est une excellente école à bien des niveaux, mais depuis la perte des commanditaires de tabac en sport automobile canadien, il est extrêmement difficile pour un jeune pilote de graduer ensuite en monoplace dans des séries professionnelles. Est-ce que tu penses qu’une série télévisée comme ceci pourrait amener un regain d’intérêt commercial à cette discipline ?  

J’ose espérer que c’est l’effet que ça aura. On dit que le sport automobile demande beaucoup d’argent, mais c’est avant tout un bon encadrement que ça prend. Il faut y croire. Je m’en rends compte avec les années. C’est grâce au fait que j’ai accepté de relever des défis, parfois de vie, parfois de performance. En bout de ligne, le sport automobile, c'est un travail d’équipe, malgré le fait qu’on soit seul à bord du véhicule, on dépend tous les uns des autres. Et quand on voit les gens s’unir comme SH Karting, Trio Orange, Tou.tv, ça amène de l’inspiration. C’est l’inspiration qui a fait que je me suis lancé en course lorsque Gilles Villeneuve a gagné et j’espère que l’émission va amener cette inspiration-là à nos jeunes, qu’ils vont dire : « Je commence en karting pour avoir du plaisir et me dépasser ». Il faut voir les adversaires comme des gens qui te permettent d’aller toujours plus loin.