Le Belge Jacky Ickx, né en à Bruxelles le jour de l'an 1945, a excellé dans plusieurs catégories du sport automobile, que ce soit en Formule 1, en Endurance ou même en rallye-raid.
Ickx est un véritable gentleman. Poli, affable, sympathique, les qualificatifs sont nombreux pour parler de lui. On peut même se demander comment il a fait pour gagner autant d’épreuves durant sa carrière. De plus, plusieurs directeurs d’écuries et ingénieurs jugent qu’Ickx n’était pas habité par le fameux “killer instinct”, l’instinct du tueur ; cette farouche volonté à battre ses rivaux.
Son père, Jacques Ickx, étant journaliste automobile, le jeune Jacky est vite fasciné par les engins à moteurs. Il commence par courir à moto en trial et en enduro. Il passe ensuite à l’automobile à bord de voitures de tourisme et est recruté par Ken Tyrrell pour courir en Formule 2. Il récolte le titre de la série en 1967 aux commandes d’une Matra-Ford assez peu fiable puis dispute ses deux premiers Grands Prix de F1 avec l’écurie Cooper. Il remporte aussi les 24 Heures de Spa-Francorchamps.
Malgré son jeune âge et sa relative inexpérience, il est recruté par Ferrari pour courir en F1 en 1968 et décroche sa première victoire lors du GP de France. Il quitte Ferrari à la fin de la saison et file chez Brabham où il pilote sa BT26A-Ford à deux victoires et se classe deuxième au championnat. Ses performances sous la pluie sont tout simplement stupéfiantes.
Cette même année, il remporte sa première victoire aux 24 heures du Mans sur une Ford GT40 Mk I en compagnie de Jackie Oliver. C’est à cette occasion que Jacky décide de marcher tranquillement vers sa voiture et de prendre le temps de boucler son harnais de sécurité avant de démarrer pour démontrer l’absurdité de procédure habituelle où les pilotes, qui désirent gagner quelques secondes, n’agrafent pas leurs ceintures.
Il retourne chez Ferrari en 1970 et il est dans la course au titre de F1 quand Jochen Rindt, son principal rival, se tue au GP d’Italie. Il gagne au Canada et aux États-Unis, mais est finalement soulagé de terminer deuxième au championnat, car il avoue de pas avoir voulu gagner ce titre par défaut.
Ickx passe les trois saisons suivantes chez Ferrari, mais les modèles 312, 312B2 et 312B3 sont frappés de sérieux problèmes de fiabilité. Sa carrière a bien failli se terminer le 19 avril 1970 quand sa Ferrari est harponnée par la BRM hors-contrôle de Jackie Oliver en Espagne. Ickx est coincé durant de longues secondes dans son épave en flammes. Il parvient finalement à dégrafer ses ceintures in extremis et s’en tire avec quelques brûlures.
Le Belge ne remporte aucune victoire en 1973 et se joint à Lotus à la fin de l’année. Mauvais timing. La Lotus 72 date de 1970 et elle devient impossible à mettre au point. Par la suite, la Lotus 76 est totalement ratée et casse sans arrêt.
Un record au Mans
Ickx connaît une lente descente aux enfers. Il pilote pour Frank Williams en 1976 et rate souvent sa qualification à bord de la peu véloce FW05-Ford. Mo Nunn le recrute pour piloter sporadiquement une Ensign-Ford. Ickx dispute 11 Grands Prix en trois saisons et son meilleur résultat est une obscure 10e place.
Heureusement, il y a l’Endurance. Ickx gagne les 24 Heures du Mans en 1975 avec Derek Bell dans une Mirage GR8-Ford, gagne encore comme pilote Porsche en 1976 avec Gijs van Lennep sur une 936 et une quatrième fois en 1977 sur une 936 avec Hurley Haywood et Jürgen Barth après une remontée spectaculaire depuis la 41e position.
Jacky revient en F1 en 1979 chez Ligier à la suite de l’accident de deltaplane de Patrick Depailler. Démotivé, il court à huit reprises et abandonne six fois à cause de pannes. Il décroche une cinquième et une sixième places. Pour lui, la F1 c’est fini. Sacré vice-champion du monde de F1 en 1969 et 1970, il a disputé 114 Grands Prix, a récolé huit victoires, inscrit 13 pole positions et est apparu 25 fois sur le podium.
Désormais, il se concentre sur son rôle chez Porsche. Il triomphe à deux autres reprises au Mans en compagnie de Derek Bell sur une 936 en 1981 et une 956 en 1982. Il effectue sa dernière visite dans la Sarthe en 1985 où il se classe au 10e rang. Le Belge a gagné Le Mans à six reprises et son record ne sera battu qu’en 2004 par Tom Kristensen qui, lui, terminera sa carrière avec neuf gains. Ickx a aussi été champion du monde d'Endurance avec Porsche en 1982 et 1983.
En Amérique du Nord, on a vu Ickx récolter le titre de la série Can-Am en 1979 avec cinq victoires aux commandes d’une Lola T333CS-Chevrolet de l’écurie de Carl Haas.
En 1983, il remporte le célèbre rallye-raid Paris-Dakar en compagnie de l'acteur Claude Brasseur au volant d’une Mercedes 280 GE.
Aujourd’hui âgé de 81 ans, Ickx est toujours très au courant du sport automobile actuel et apparaît parfois dans un paddock. Lors du récent Grand Prix d’Italie en septembre, il a même effectué deux tours du circuit de Monza au volant de la Ferrari 312B avec laquelle il a décroché la pole position en 1970. Il est par ailleurs conseiller spécial du programme Endurance (prototypes Hypercar) de la marque Genesis, qui va débuter cette saison en WEC et en 2027 en IMSA.
1er janvier: Bon anniversaire à Jacky Ickx, un pilote incroyablement polyvalent
Jeudi 1er janvier 2026 par René FagnanCrédit photo: Porsche Newsroom






