La Formule 1 réduira la distance de ses Grands Prix à compter de la saison 2027. Réunie lundi à Londres, la Commission de la Formule 1 a approuvé une diminution de 305 à 290 kilomètres de la distance standard des courses, soit environ 15 kilomètres ou deux à trois tours de moins selon le circuit. La décision doit toutefois encore être ratifiée par le Conseil mondial du sport automobile de la FIA.
Cette modification est directement liée à l'évolution des groupes propulseurs prévue pour 2027. Après une première saison marquée par une répartition beaucoup plus importante de la puissance électrique, la réglementation sera progressivement réorientée vers le moteur à combustion. Le ratio devrait passer à environ 58% de puissance thermique et 42% électrique en 2027, avant d'atteindre 60/40 en 2028.
Cette modification entraînera une hausse du débit de carburant autorisé. Plutôt que d'imposer aux constructeurs des réservoirs plus volumineux et potentiellement de nouvelles modifications importantes des monocoques, la FIA et la F1 ont donc choisi de réduire la distance des courses. L'objectif est notamment d'éviter que les équipes doivent demander à leurs pilotes de lever le pied en fin de course, comme ce fut le cas au début des années 1980 avec les premiers moteurs turbo, pour disposer d'une quantité de carburant suffisante jusqu'à l'arrivée.
La réduction de 15 kilomètres ne constitue donc pas une surprise complète. Les écuries avaient déjà donné leur accord de principe à cette solution au début du mois, après que différentes options eurent été étudiées, notamment la possibilité de raccourcir seulement certains Grands Prix particulièrement exigeants sur le plan de la consommation. Une distance uniforme a finalement été privilégiée.
Dans le paddock, cette décision s'inscrit également dans les ajustements apportés aux nouveaux groupes propulseurs, dont le fonctionnement a suscité plusieurs discussions depuis le début de la saison 2026. Certains pilotes et responsables d'équipe ont souhaité retrouver davantage de possibilités de rouler à pleine puissance plutôt que de devoir gérer constamment la récupération et le déploiement de l'énergie électrique.
Lors du Grand Prix du Canada, Laurent Mekies, alors directeur de Red Bull Powertrains, avait d'ailleurs indiqué que l'équipe souhaitait voir la F1 se rapprocher d'une conduite à pleine puissance en qualifications comme en course. Il avait aussi reconnu que les changements réglementaires représentaient un important défi pour les équipes.
La distance réduite n'est pas la seule modification annoncée. La FIA supprimera également la limite actuelle de trois heures entre le départ et la fin d'un Grand Prix lorsque celui-ci est interrompu par la pluie ou un autre incident. Une nouvelle heure limite de fin sera établie, tandis que la durée maximale de deux heures de course effective sera maintenue.
La FIA affirme que cette mesure doit permettre aux spectateurs de profiter davantage de la distance complète d'une épreuve malgré une interruption importante. Les organisateurs disposeront aussi de plus de flexibilité pour prolonger les séances d'essais libres lorsqu'elles auront été fortement perturbées.
La réduction des Grands Prix risque néanmoins de susciter des réactions partagées chez les amateurs de longue date. Quinze kilomètres représentent une portion relativement modeste d'une course de plus de 300 kilomètres, mais le principe de raccourcir les épreuves de la catégorie reine pourrait alimenter les discussions sur l'évolution du spectacle.
Il ne s'agit toutefois pas d'une première : en 1958, la distance maximale des Grands Prix avait été ramenée de 500 à 300 kilomètres dans le cadre d'une importante réforme de la réglementation.
Pour 2027, la F1 conservera donc ses courses de deux heures au maximum, mais avec un objectif de distance légèrement inférieur. Une nouvelle modification qui démontre surtout à quel point la réglementation sportive et les contraintes techniques des groupes propulseurs demeurent étroitement liées.
La F1 raccourcit ses Grands Prix : 15 kilomètres de moins dès 2027
Mardi 22 septembre 2026 par Julie BouchardCrédit photo: Clément Tavernier






