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Décès de Sandro Munari, l'un des plus grands pilotes de l'histoire du rallye

Décès de Sandro Munari, l'un des plus grands pilotes de l'histoire du rallye

Samedi 28 février 2026 par Philippe Brasseur
Crédit photo: Stellantis Media

Crédit photo: Stellantis Media

Ce samedi 28 février 2026, le monde du rallye a perdu une de ses figures les plus emblématiques : Sandro Munari, surnommé Il Drago (le Dragon), est décédé à l’âge de 85 ans, à Bologne en Italie. Il luttait contre la maladie depuis plusieurs années.

Né le 27 mars 1940 à Cavarzere, dans la province de Venise, Sandro Munari grandit dans une famille d’agriculteurs avant de découvrir très jeune les moteurs et la compétition. C’est d’abord en karting qu’il entama son parcours en sport automobile au début des années 1960. Ses débuts en rallye suivent, 4 ans plus tard, d’abord comme copilote d’Arnaldo Cavallari, avec une Alfa Romeo Giulia TI Super Quadrifoglio alignée par le Jolly Club de Milan. Dès leur premier Rallye de San Martino di Castrozza, le duo s’impose, marquant le début d’une ascension fulgurante.

Munari passe rapidement du rôle de copilote à celui de pilote dans les rallyes. Repéré par l’équipe officielle Squadra Corse HF, la branche sportive de Lancia, il va rapidement écrire les pages les plus brillantes de sa carrière au volant de voitures du constructeur italien.

En 1967 et 1969, il remporte le Championnat italien des rallyes, affirmant son talent au niveau national. Ses performances lui ouvrent les portes des épreuves internationales, et notamment le Championnat d’Europe, qu’il remporte dès 1973. Mais avant cela, il avait réalisé l’un de ses plus beaux exploits : remporter le Rallye de Monte-Carlo en 1972. Au volant d’une Lancia Fulvia HF 1600, il s’était imposé face à des voitures beaucoup plus puissantes comme les Porsche, Alpine ou Ford, affichant une maîtrise des conditions de route qui restera parmi les grands moments de l’histoire du rallye. 

Après la Fulvia, Munari trouve le partenaire idéal en la Lancia Stratos HF, une voiture pensée et conçue pour dominer les rallyes. Dès ses débuts, la Stratos affiche sa compétitivité, et Munari devient rapidement l’un de ses pilotes les plus redoutés. Ensemble, ils forment un duo mythique, sans oublier le copilote Silvio Maiga, ce dernier ayant succédé à Marco Mannucci, présent aux côtés de Munari lors de ses premières années comme pilote de rallye.

En 1975, 76 et 77, Munari remporte trois autres fois le Rallye de Monte-Carlo, démontrant une régularité et une maîtrise technique impressionnantes lors d’éditions souvent courues sur neige et glace. L’année 1977 le voit par ailleurs remporter la Coupe FIA des rallyes, l’ancêtre du WRC.

Son palmarès dans le championnat mondial comprend au total sept victoires : San Remo et Rideau Lakes (épreuve disputée en Ontario et comptant alors pour le Championnat du monde des marques) en 1974, Monte-Carlo 1975, Monte-Carlo, Portugal et Tour de Corse en 1976, et Monte-Carlo encore, en 1977. Il totalise aussi 12 gains en Championnat d'Europe et 18 en Championnat d'Italie.

Sa dernière participation à une manche de WRC fut le Safari Rallye du Kenya en 1984, sur Toyota Celica. Il revint à la compétition 13 ans plus tard, en 1997, pour disputer des épreuves historiques et c’est en 2015 qu’il prit son dernier départ, lors du Eifel rallye Festival, en Allemagne, sur Lancia Stratos. Dans les rallyes pour voitures historiques, il pilota aussi quelques fois des Lancia 037 Rally Groupe B.

Si Munari doit une grande partie de sa renommée à ses exploits dans les rallyes, son talent ne se limite pas à cette discipline. En 1972, il remporta la Targa Florio, célèbre course d’endurance en Sicile, au volant d’une Ferrari 312 PB aux côtés d’Arturo Merzario, et en 1974 il se classa deuxième des 24 Heures de Chamonix (célèbre épreuve sur glace), sur Lancia Stratos.

Au-delà des titres et des exploits, Sandro Munari restera dans les mémoires comme un pilote capable de précision de pilotage et audace. Son style de conduite lui a valu l’admiration des fans et le respect de ses pairs. Après sa retraite du WRC, il s’était investi dans des projets liés à l’automobile, notamment des cours de conduite sportive et de sécurité.