iLa Formule 1 se nourrit de technologie de plus en plus avancée, surtout depuis l’arrivée de l’aérodynamique avancée et des logiciels qui contrôlent presque tout sur le moteur et les suspensions. On parle aujourd’hui de centaines de spécialistes pour développer les applications d’une F1 courante avec bien sûr l’apport de l’intelligence artificielle. Et les techniciens bâtissent, préparent et développent ces magnifiques jouets à coups de millions.
Il manque cependant un niveau à ce tableau, celui de la gestion humaine, financière et commerciale de ces grands projets. Souvent peu connues du grand public, ces personnes se retrouvent au bureau en permanence, veillant au grain et aux dollars. Certains réussissent de brillantes carrières sans être passés par le pilotage ou la technique. C’est le cas de Nick Fry, dont le cheminement professionnel nous en dit long.
Né à Surbiton (près de Londres) en 1956, il devient diplômé en économique de l’Université de Swansea (Pays de Galles) en 1977 et se retrouve engagé chez Ford Angleterre, dans les bureaux de la gestion commerciale. De 1978 à 1991, Fry travaille dans le groupe de développement de produits, d’abord en planification de nouveaux modèles, puis comme directeur général de l’usine d’où il chapeaute quatre modèles essentiels pour Ford : les Escort, Cortina, Capri et Granada. Durant ces années, il comprend aussi le rôle et le Modus Operandi des meilleurs ingénieurs.
De 1992 à 1995, Nick Fry passe chez Aston Martin, une filiale de Ford créée en 1913 à Chelsea, aujourd’hui un grand club de foot anglais et le fameux quartier snob des couturiers et antiquaires dans l’ouest de Londres.
En 2001, il est nommé directeur général chez Prodrive, qui touche à plusieurs séries de sports motorisés. Sous Fry, Prodrive double son chiffre d’affaires en deux années, en gérant la réalisation des idées et projets imaginés par le propriétaire Dave Richards. Ce dernier lui offre ensuite le rôle de directeur général de l’équipe BAR Honda, gérée par Prodrive en Formule 1. L’équipe termine vice-championne en 2005, derrière Ferrari, et Fry est promu directeur-général de Honda F1 l’année suivante.
L’équipe qui était autrefois une caricature devenait progressivement une puissance. Mieux encore, en 2006, Jenson Button, qui a remplacé Jacques Villeneuve au sein de l’équipe deux ans plus tôt, remporte son premier Grand Prix à Budapest. « C'est le genre de situation dans laquelle Jenson avait l'habitude de s'épanouir » explique Fry. « Il a toujours été si sensible dans des conditions délicates et changeantes. Il a toujours compris ce qui se passait dans ce genre de courses » ajoute-t-il.
En 2007, Fry réussit à attirer Ross Brawn (en photo ci-dessus, à la gauche de Nick) dans le giron de Honda, marque qui décide en fin de saison d’abolir son écurie de F1 devant l’instabilité économique mondiale et de se donner une mission plus simple de motoriste et fournir une ou deux équipes.
L’équipe de gestion bicéphale Fry-Brawn de Honda F1 travaille en 2008 à vendre le matériel roulant de l’équipe Honda F1 (tout sauf la division moteur), sans trouver un preneur sérieux vu les voitures inutilisables pour la saison prochaine et la difficulté à trouver un budget adéquat.
Honda décide fin 2008 de donner l’équipe au duo pour un dollar symbolique, en plus, selon plusieurs sources, d’inclure une enveloppe brune contenant 100 000$ US pour aider à payer les ex-employés de Honda F1, en vertu du code de déontologie du géant japonais.
La nouvelle équipe baptisée Brawn GP Formula 1 Team remporte d’entrée de jeu la victoire puis le titre pilote 2009 (Jenson Button), et celui des constructeurs aussi. Ross Brawn comme directeur technique et Nick Fry comme directeur général ont réussi un incroyable pari ! Pour réussir cette mission, les deux patrons ont décidé début 2009 de faire confiance à Mercedes, un choix heureux qui lance une nouvelle aventure : l’achat par Mercedes de Brawn Grand Prix en fin de saison, conservant les services des deux hommes clés, Fry et Brawn.
Durant les années suivantes, la montée en puissance se confirme et les titres avec Lewis Hamilton et Nico Rosberg arrivent. Fry acquiert une renommée mondiale. En 2021, il devient le président exécutif de McLaren Applied, une des filiales technologiques issues à l’origine de McLaren, devenue une entité entièrement indépendante détenue par la société d'investissement privé Greybull Capital.
Nick Fry a abandonné complètement la F1 en 2013 et s’est tourné vers les produits pour le bien-être, l’IA, l’eSport et la sécurité des données. Lorsqu'il ne travaille pas, Nick participe à des rallyes automobiles dans ses voitures Aston Martin de... 1933 et 1937 ! Il skie avec enthousiasme et soutient diverses organisations caritatives, dont Hope for Tomorrow, fournissant des unités mobiles de soins contre le cancer.
Nick Fry, administrateur par excellence en F1 et lien du succès de Honda vers Mercedes en 2009
Mercredi 25 février 2026 par Marc CantinCrédit photo: Galeron







